L’Agence d’exploration aérospatiale japonaise (JAXA) sort du silence concernant l’accident qui a frappé la fusée H3 en décembre dernier. Et finalement, il s’agit simplement d’une histoire d’adhésif…

La fusée H3 sur son pas de tir. ©JAXA
La fusée H3 sur son pas de tir. ©JAXA

Lors de son 8e vol, le lanceur, développé par Mitsubishi en partenariat avec la JAXA, n’a pas réussi à compléter la mise en orbite du satellite QZS-5, qui devait faire partie d’une constellation de sept engins destinés à la navigation. « La deuxième mise à feu du moteur du deuxième étage n’a pas démarré normalement et s'est arrêtée prématurément  », confiait alors l’agence spatiale. Elle nous livre désormais plus de détails sur l’incident, rapporte The Register.

Problème lors de l’assemblage

Selon les analyses présentées au ministère japonais de l’Éducation, de la Culture, des Sports, des Sciences et des Technologies, l’anomalie en cause provient du processus de fabrication d’un composant chargé de maintenir la charge utile en place. Concrètement, lors de l’assemblage, les températures ont été plus élevées que prévu, ce qui a fragilisé l’adhésif reliant les différentes couches du composant.

Au moment de l’ouverture du carénage de la fusée, cette faiblesse structurelle a provoqué un délaminage : le composant n’a plus été en mesure de supporter le poids du satellite, qui s’est alors mis à bouger de manière inattendue. C’est ce mouvement qui a fissuré une conduite d’alimentation en carburant du deuxième étage, expliquant directement le démarrage tardif du moteur, puis son arrêt prématuré.

Coup dur pour le spatial japonais

Ce n’est pas la première fois que H3 déraille : son premier vol en 2023 s’était également soldé par un échec similaire. Toutefois, le problème n’a été détecté que récemment en raison du poids inhabituellement élevé de la charge utile embarquée ce jour-là.

L’agence s’est engagée à revoir ses procédés de fabrication et envisage même de modifier la conception de la H3 afin d’éviter que ce type de défaillance ne se reproduise. Un coup dur, car cette fusée de 63 mètres de hauteur doit incarner le renouveau du programme spatial japonais.

« Nous tenons à présenter nos excuses les plus sincères à toutes les personnes et entités concernées, en particulier celles liées au QZS-5, aux organisations locales et au public, qui avaient placé de grands espoirs dans ce projet », regrettait amèrement la JAXA lors de l’échec du lancement. Pour l’heure, très peu d’informations circulent sur la date de sa prochaine mission.