Toyota Systems et Fujitsu annoncent ce lundi une première mondiale dans l'industrie automobile. En combinant intelligence artificielle et informatique quantique, les deux entreprises japonaises ont automatisé la conception des calculateurs électroniques embarqués dans les véhicules Toyota.

Les Japonais Toyota Systems et Fujitsu disent ce lundi 13 avril avoir réussi une première mondiale dans l'industrie automobile. Ensemble, ils ont utilisé l'intelligence artificielle et une technologie inspirée de la physique quantique pour automatiser la conception d'une pièce clé des véhicules : les broches de connecteurs, ces minuscules éléments métalliques qui font circuler les signaux électriques dans l'ordinateur embarqué de la voiture. Un processus jadis long et fastidieux, désormais accompli plus de vingt fois plus vite, et que Toyota Systems compte bien déployer auprès de l'ensemble de ses fournisseurs.
Toyota Systems et Fujitsu automatisent la conception des ECU automobiles avec l'IA et l'informatique quantique
Toute voiture moderne embarque un petit ordinateur chargé de piloter ses systèmes électroniques. Il s'agit de l'ECU, pour Electronic Control Unit. Pour concevoir les connecteurs de cet ECU, en gros des pièces qui assurent la transmission des signaux entre les composants, les ingénieurs Toyota devaient choisir à la main la disposition optimale parmi un réseau de 100 broches. Un casse-tête qui génère théoriquement 9,3 x 10^157 combinaisons possibles, un chiffre tellement astronomique qu'aucun cerveau humain, ni aucun ordinateur classique, ne pourrait toutes les évaluer dans un temps raisonnable.
Pour résoudre ce défi, Toyota Systems et Fujitsu ont d'abord « enseigné » à un modèle d'IA les règles de placement des broches, telles qu'elles avaient été définies et affinées pendant des années par leurs ingénieurs. Ce modèle traduit ensuite ces règles en équations mathématiques, prises en charge par le Digital Annealer de Fujitsu, qui est un processeur spécialisé inspiré de la physique quantique, capable d'explorer des millions de combinaisons en un temps record pour identifier la disposition optimale.
Et le gain est spectaculaire. Là où les méthodes traditionnelles demandaient un temps considérable, ce nouveau procédé accomplit le même travail plus de vingt fois plus vite. Depuis mai 2025, il est d'ailleurs déjà utilisé en production réelle chez Toyota, pour les ECU fabriqués en série, non pas en remplacement des méthodes existantes, mais en parallèle, le temps de valider son efficacité à grande échelle. Toyota Systems et Fujitsu revendiquent officiellement une première mondiale dans l'industrie automobile.

Une première mondiale qui ambitionne de transformer toute la chaîne de fabrication automobile Toyota
Toyota Systems ambitionne d'étendre cette technologie à ses fournisseurs et aux centaines de sous-traitants qui fabriquent les pièces qui entrent dans la composition des véhicules Toyota. L'idée est de faire ruisseler cette innovation tout au long de la chaîne de fabrication, pour que l'ensemble de l'écosystème industriel du groupe bénéficie des mêmes gains de vitesse et d'efficacité.
De son côté, Fujitsu, voit dans cette collaboration bien plus qu'une simple optimisation de processus. Numéro un des services numériques au Japon, l'entreprise veut saisir l'occasion de démontrer concrètement comment l'IA et l'informatique quantique peuvent servir l'objectif plus large qui consiste à aider l'industrie automobile à concevoir des véhicules plus fiables, plus sûrs et plus respectueux de l'environnement.
À terme, Toyota Systems et Fujitsu prévoient d'appliquer ce procédé à d'autres étapes de la conception automobile. Les deux entreprises veulent aller encore plus vite, produire des designs de meilleure qualité et, au bout du compte, faire baisser les coûts de développement. L'automobile de demain se dessine dans les algorithmes d'aujourd'hui.