La NASA a publié ce vendredi deux images époustouflantes de la Terre, photographiée depuis les hublots d'Orion. À bord, les quatre astronautes d'Artemis II poursuivent leur route vers la Lune, 53 ans après Apollo.

Il y a un peu plus d'une heure, la NASA a posté non pas une, mais deux photos haute définition de la Terre, prises depuis la capsule Orion. Les quatre astronautes d'Artemis II (Reid Wiseman, Victor Glover, Christina Koch et le Canadien Jeremy Hansen) filent vers la Lune depuis leur décollage dans la nuit du 2 avril. Entre les images à couper le souffle et les incidents savoureux à bord, la mission la plus ambitieuse de la NASA depuis 53 ans réserve déjà quelques belles surprises.
Les premières images de la Terre depuis Orion font déjà le tour du monde
La première photo serait presque de l'ordre de l'intime, vous le verrez en bas d'article. La Terre y apparaît en croissant dans le hublot multi-couches d'Orion, entourée d'un enchevêtrement de câbles et d'équipements techniques. Un contraste troublant entre la mécanique froide du vaisseau, et la douceur lumineuse de notre planète suspendue dans le noir absolu.
La seconde image change tout de suite de registre. La Terre s'y déploie en plein cadre, illuminée de bleus profonds et de tons ocre, avec l'Afrique australe sur la gauche et l'océan Indien sur la droite reconnaissables au premier coup d'œil. Cerise sur le gâteau cosmique, si j'ose dire, une aurore verte court le long de l'atmosphère, rappelant que notre planète sait encore nous surprendre, même vue de loin.

Postées sous le simple message « Bonjour, le monde ! », les images ont déjà cumulé des millions de vues. Quarante heures après le décollage, Orion file vers la Lune avec une élégance que même les pannes d'Outlook n'auront pas réussi à entamer.
Du décollage au survol lunaire, Artemis II avance comme une horloge
Tout se déroulait bien ou presque jusqu'au petit souci estampillé Microsoft. La mégafusée Space Launch System s'était arrachée du sol à 00h35 le 2 avril depuis le Kennedy Space Center en Floride, à peine dix minutes après l'ouverture de la fenêtre de tir, ce créneau précis durant lequel les conditions sont réunies pour lancer. Le seul accroc fut un souci sur les batteries de la tour de sauvetage, ce système d'éjection d'urgence capable d'extraire la capsule de la fusée en cas de problème au décollage. Rien que les équipes au sol n'aient réglé en quelques minutes.
Dans la nuit du 2 au 3 avril, Orion a exécuté une manœuvre décisive de sa mission, à savoir l'injection translunaire. Concrètement, le moteur principal s'est allumé pendant cinq minutes et cinquante secondes, juste assez longtemps pour que le vaisseau quitte définitivement l'attraction terrestre et s'engage sur sa trajectoire vers la Lune. La destination finale se trouve à 406 841 kilomètres de la Terre, soit 6 400 kilomètres au-delà du record établi par les missions Apollo. Un nouveau chapitre de l'histoire spatiale habitée s'écrit en ce moment même.
Le prochain rendez-vous est fixé au lundi 6 avril, quand Orion survolera la Lune pendant environ six heures, une fenêtre d'observation durant laquelle l'équipage profitera même d'une éclipse solaire, le Soleil se cachant momentanément derrière la Lune depuis leur point de vue. Car Artemis II n'a pas vocation à alunir, on le rappelle. Il s'agit d'une répétition générale grandeur nature, avant le vrai saut prévu en 2028. En attendant, ces images de la Terre prises depuis Orion, elles, pourraient bien vite rejoindre les livres d'histoire, et aussi se transformer en fonds d'écran.