Panasonic lâche l'automobile pour les datacenters. Le japonais prévoit de tripler sa production de batteries lithium-ion. Et 80 % seraient déjà réservées. Le parallèle avec la pénurie de mémoire est tentant.

L'IA ne dévore pas seulement des GPU et de la mémoire HBM. Comme le rapporte The Register, Panasonic vient de détailler un plan massif de réorientation industrielle. Le groupe japonais va tripler ses capacités de production de cellules lithium-ion au Japon. Il envisage aussi d'adapter son usine du Kansas. L'objectif affiché : atteindre 800 milliards de yens (environ 5 milliards de dollars) de ventes de batteries pour datacenters d'ici 2029. C'est quatre fois son chiffre actuel.
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De l'automobile aux serveurs : un pivot industriel révélateur
Le geste est lourd de sens. Panasonic reconvertit une partie de ses usines automobiles en lignes de production pour batteries de datacenters. Ces batteries ne font pas tourner les serveurs. Elles assurent l'alimentation de secours pendant quelques minutes en cas de coupure, à la manière d'onduleurs montés en rack. Elles permettent aussi de stocker de l'énergie pour la libérer quand les tarifs électriques grimpent.
Le japonais affirme que ses clients ont déjà réservé environ 80 % de la production nécessaire pour atteindre son objectif 2029. Il revendique aussi 80 % de parts de marché sur ce segment. Un point mérite d'être signalé : ces chiffres proviennent de Panasonic lui-même, acteur de marché qui vend ses propres produits. Le groupe a tout intérêt à projeter une demande forte pour justifier ses investissements auprès des actionnaires. Aucune source indépendante ne les corrobore à ce stade.
Le japonais travaille aussi sur des supercondensateurs. Ces composants stockent plus d'énergie qu'un condensateur classique et la restituent plus lentement. Panasonic prévoit de les livrer dès son exercice fiscal 2027 pour absorber les fluctuations de charge dans les datacenters.
La chaîne d'approvisionnement IA sous tension croissante
Le scénario rappelle celui de la DRAM. Les fournisseurs de mémoire HBM ont vendu leur production 2026 avant même de la fabriquer. Les prix ont parfois doublé en un trimestre. Samsung et SK Hynix ont clairement indiqué qu'ils ne comptaient pas augmenter massivement leurs capacités. Si les batteries suivent le même chemin, les acheteurs qui ne sont pas déjà clients de Panasonic se disputeront un cinquième de sa production.
La demande énergétique des datacenters rend cette tension crédible. Morgan Stanley projette une demande de 74 GW pour les datacenters américains d'ici 2028. Le déficit de puissance disponible atteindrait 49 GW. Meta a engagé 27 milliards de dollars avec Nebius pour du calcul dédié. La consommation électrique des datacenters pourrait quadrupler d'ici 2030 selon plusieurs estimations. Chaque serveur supplémentaire a besoin d'une batterie de secours.
Affirmer qu'une pénurie de batteries est inévitable serait prématuré. Mais le schéma est connu : demande explosive, capacités de production rigides. Et un acteur dominant qui annonce avoir déjà vendu ce qu'il n'a pas encore fabriqué.