Après des mois passés à vanter l’IA et les nouveautés de Windows 11, Microsoft reconnaît enfin un problème beaucoup plus banal. Le système consomme trop. Tiens donc.

Enfin ! Microsoft reconnaît que Windows 11 consomme trop de RAM et promet de s'attaquer au problème. © Nwz / Shutterstock
Enfin ! Microsoft reconnaît que Windows 11 consomme trop de RAM et promet de s'attaquer au problème. © Nwz / Shutterstock

Ces derniers temps, Microsoft a beaucoup parlé d’IA, de Copilot et de tout ce qui devait rendre Windows plus moderne. Mais le reproche qui revient avec une régularité presque vexante est d’une banalité désarmante. Windows consomme trop. Trop de mémoire exploitée au repos, trop de ressources mobilisées pour des tâches de fond, trop de lourdeur sur des PC qui remplissent pourtant les critères de l’OS sans broncher. Mais, surprise, dans son billet du 20 mars, Pavan Davuluri, patron de la division Windows, promet noir sur blanc de réduire l’empreinte mémoire de base de Windows 11. Une annonce bienvenue, avec un petit goût de déjà-vu.

Microsoft admet enfin que Windows 11 pèse trop lourd

Depuis des mois, Microsoft raconte Windows 11 à travers ce qui vient s’y ajouter. Une fonction par-ci, une intégration par-là, une couche d’IA en plus, une nouvelle manière d’interagir avec le système, comme si l’avenir de l’OS se jouait d’abord dans sa capacité à accueillir encore autre chose. Or, et ce n’est un secret pour personne, cette fuite en avant a surtout permis à Microsoft de continuer à reléguer au second plan un grief grandissant, beaucoup moins flatteur, et pourtant bien plus constant. Windows pèse lourd, de plus en plus lourd, et pas seulement sur des PC en fin de parcours.

Le billet de Pavan Davuluri laisse toutefois entrevoir un léger changement de ton, et surtout de discours. Pour une fois, Microsoft ne met pas d’abord l’accent sur ce que Windows 11 va encore gagner, mais sur ce qu’il faut contenir. À demi-mot, l’éditeur admet que le système occupe trop de place en mémoire et promet d’en réduire l’empreinte de base pour laisser plus d’air aux applications. C’est déjà un premier pas. Pour le reste, il faudra encore patienter. Le post ne donne ni chiffres, ni calendrier précis, ni détails sur les arbitrages que Redmond serait prête à faire pour alléger réellement Windows 11.

Mais surtout, cette prise de conscience affichée a presque aussitôt été relativisée par une réaction inattendue.

Le plus difficile ne sera pas de dire que Windows doit s’alléger, mais d’accepter ce que cela implique

Car il n’a pas fallu longtemps pour qu’un ancien cadre du groupe vienne doucher un peu l’effet de nouveauté. Sur X, Mikhail Parakhin a rappelé qu’un projet interne poursuivait déjà exactement le même objectif il y a quelques années. Son nom de code, 20/20. Son ambition, réduire de 20 % la consommation de mémoire au repos et de 20 % la taille d’installation de Windows. En clair, Microsoft avait déjà cherché à rendre son système moins gourmand et moins encombrant, sur deux fronts très concrets qu’elle remet aujourd’hui en avant.

Le projet n’a pourtant jamais été mené à terme. Sans doute pas parce que l’idée était mauvaise, mais plutôt parce qu’alléger Windows ne consiste pas à corriger deux ou trois détails dans un coin du système. Cela suppose de revenir sur des choix accumulés au fil des années, sur les services qui tournent en permanence, les intégrations maison, les contenus chargés à l’avance, la synchronisation, la sécurité, et plus largement sur cette tendance à ajouter sans cesse de nouvelles couches à un ensemble déjà bien chargé.

Au fond, le message de Parakhin rappelle surtout que Microsoft ne découvre rien, et qu’entre l’intention et l’exécution, il existe un fossé. Aujourd’hui, Microsoft explique qu’il faut corriger le tir. Très bien. Mais cette fois, il faudra plus que de jolies promesses. Il faudra prouver qu’il est encore possible d’alléger réellement Windows, et de l’y tenir.

Windows 11
  • Refonte graphique de l'interface réussie
  • Snap amélioré
  • Groupes d'ancrage efficaces
8 / 10