Si vous pensiez que l'inflation épargnait votre ticket de stationnement, préparez-vous. La disparition programmée de votre application favorite cache une mécanique financière bien huilée qui va grignoter votre pouvoir d'achat dès ce mois-ci.

L'application Flowbird, pilier du stationnement urbain, tire sa révérence dans plusieurs métropoles. Comme le confirme la Ville de Lyon, les automobilistes doivent désormais migrer vers EasyPark ou PayByPhone d'ici la fin janvier 2026. Ce changement technique, anodin en apparence, marque la fin d'une exception française : celle du service numérique absorbé par la collectivité plutôt que facturé directement à l'usager. Pour comprendre ce basculement, il faut remonter au rachat du français Flowbird par le géant suédois EasyPark, validé par l'Autorité de la concurrence fin 2024, qui rebat les cartes du monopole du stationnement.
La fin du stationnement sans frais cachés
C'est une hégémonie qui ne dit pas son nom. En avalant Flowbird, EasyPark a mis la main sur une part colossale du marché français, passant de 80 à près de 400 villes couvertes. Mais cette consolidation a un prix immédiat pour l'automobiliste. Là où l'application française fonctionnait souvent sur un modèle où la ville prenait en charge la commission (rendant l'usage de l'appli « gratuit » pour vous), les nouveaux entrants imposent leur propre loi tarifaire.

- Paiement de parking à distance.
- Prolongement de parking à distance.
- Ticket de stationnement virtuel.
- Application simple à utiliser.
- Paiement de parking depuis le mobile.
- Recherche de places de stationnement.
Dès février 2026 à Lyon, et progressivement ailleurs comme à Rennes ou Brest, l'utilisation de l'application mobile s'accompagne désormais de « frais de service ». Chez EasyPark, la facture s'alourdit généralement de 15% du montant du stationnement, avec un minimum de perception autour de 0,25 € et un plafond pouvant atteindre 3 € par transaction. PayByPhone n'est pas en reste avec des commissions à 15% elles aussi.
Si les horodateurs physiques restent exemptés de ces surprimes, ils deviennent le dernier bastion du « juste prix ». Le calendrier, lui, est impitoyable mais disparate : si les Lyonnais sont au pied du mur ce mois-ci, d'autres villes ayant déjà abandonné Flowbird ont vu ces frais apparaître courant 2025, tandis que les retardataires y passeront plus tard dans l'année.
Une facture salée pour les résidents captifs
L'impact sur votre facture mensuelle n'a rien d'anecdotique. Les nouvelles applications dominantes, désormais en situation de quasi-duopole, prélèvent systématiquement une commission sur chaque ticket virtuel. Nous parlons ici de frais de service qui oscillent généralement autour de 15% du montant total, ou d'un coût fixe pouvant aller de quelques centimes à près de deux euros selon le montant et la ville. Sur un stationnement résidentiel annuel, le calcul est vite fait. C'est là que le bât blesse : dans des villes comme Lyon, le règlement de l'abonnement résident impose souvent le passage par le numérique. Vous êtes donc captifs d'un système qui vous surfacture pour le simple droit de payer ce que vous devez déjà.
Il existe pourtant des moyens de contourner cette taxe sur la modernité, mais ils demandent de renoncer au confort. La solution la plus radicale reste le retour au bon vieil horodateur physique. Les bornes de rue, contrairement aux applications, sont légalement tenues de ne pas appliquer de commission sur les stationnements temporaires. C'est archaïque, mais c'est le seul moyen de payer le prix public réel.
Pour ceux qui ne peuvent se passer du smartphone, la vigilance est de mise. Les applications regorgent de « dark patterns » coûteux : l'option de rappel par SMS est souvent facturée (environ 0,20 € l'envoi), et les extensions de durée à distance cumulent les frais fixes. À Paris, où ce système de commissions est déjà la norme depuis plus longtemps, les usagers ont appris à leurs dépens que la facilité se paie au prix fort. Vérifiez toujours la ligne « frais de service » avant de valider, car en 2026, la gratuité du geste de paiement est officiellement de l'histoire ancienne.
La commodité du paiement mobile a désormais un prix affiché, et il semblerait que le contribuable doive payer deux fois : une fois pour la voirie via ses impôts, et une seconde pour le droit de la payer sans sortir de sa voiture.