Les entreprises ne veulent pas qu'on leur impose une "boîte noire"

01 juin 2018 à 15h36
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La grogne monte contre le projet de loi sur le renseignement : 238 acteurs du numérique français craignent que l'installation d'une surveillance de masse nuise à la confiance de leurs clients étrangers.

C'est la filière du numérique dans sa diversité qui dit « non » au projet de loi sur le renseignement qui, s'il est adopté, entérinera une surveillance de masse en France. Après une lettre ouverte au Premier ministre le 10 avril, où plusieurs hébergeurs comme OVH et Ikoula menaçaient de délocaliser leur activité, les entreprises embrayent avec une pétition, déjà signée par 238 acteurs, réunis sous la bannière « #NiPigeonsNiEspions ».


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Les signataires demandent « le retrait pur et simple du dispositif imposant l'installation des "boites noires" » - Crédit : DR


Ce projet de loi serait « inefficace » car il suffirait d'utiliser « des outils de chiffrement pour y échapper ». Plus concrètement, il menacerait leur activité en envoyant un signal défavorable. Exemple : les hébergeurs, « qui connaissent une croissance de 30 %, se verront obligés de délocaliser leurs datacenters et leurs emplois à l'étranger pour que leurs clients internationaux continuent à leur confier leurs précieuses informations » - le législateur pourrait rétorquer que le Patriot Act n'a pas empêché Amazon de dominer le cloud mondial.

Un objet connecté = un mouchard ?

Au sujet de l'Internet des objets, les pétitionnaires pensent que les fabricants, tels que Withings ou Netatmo, « devront expliquer à leurs clients étrangers que l'objet connecté installé dans leur salon n'est pas un espion (alors qu'il le sera) ». Les éditeurs de logiciels dans le cloud (SaaS) devront « convaincre leurs clients que non, malgré les "boites noires" dans leur datacenter, ils n'ont pas à craindre l'espionnage industriel », peut-on lire.

Des entreprises aussi variées que Capitaine Train (réservation de billets de train en ligne), Mailjet (gestion de campagne emailing), Prestashop (création de site e-commerce) et le Conseil national du Numérique, organe indépendant de l'État, ont déjà signé cette pétition. On retrouve aussi le recibleur publicitaire Criteo, lequel récolte déjà des milliards de données d'internautes, sans que ces derniers en aient forcément conscience.


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