Un an après.... le désastre du "cloud à la française"

19 mars 2016 à 12h34
0
La reprise en mains de Cloudwatt par Orange a mis fin à la tentative de mettre sur pied un cloud souverain français. Retour en 2009 : Nicolas Sarkozy entend alors doter la France d'une alternative aux services américains « d'informatique dans les nuages », à l'instar d'AWS (Amazon Web Services), Google ou Microsoft.

Objectif : mettre à l'abri des puissances étrangères et privées les données sensibles. Baptisé alors Andromède, le projet devient encore plus stratégique après les révélations d'Edward Snowden sur les écoutes massives de la NSA.

En 2012, le projet est enfin lancé, mais déjà bancal : deux sociétés distinctes sont créées, avec d'un côté Numergy, soutenu par SFR et Bull, de l'autre, Cloudwatt, détenu par Orange et Thales, la Caisse des dépôts étant actionnaire à hauteur de 33% des deux sociétés. Trois ans après, en 2015, l'échec est cuisant : Numergy est placé en procédure de sauvegarde et racheté à 100% par SFR, tandis que Cloudwatt est intégré à Orange Business Services, la division professionnelle du groupe. Fin de « l'Airbus du cloud », qui a au passage englouti au bas mot 75 millions d'euros d'argent public.

01F4000004473002-photo-cloud-france.jpg


Cloudwatt n'est plus que le nom d'un service parmi d'autres

Un an plus tard en 2016, qu'est devenu Cloudwatt ? La structure juridique a disparu le 1er janvier 2016 mais le nom a été conservé et il est désormais réservé à l'offre de cloud public dans le portefeuille d'Orange Cloud for Business. L'entité continue pourtant à capitaliser sur son image de « cloud souverain ». « Toutes les données sont localisées en France (un data center est basé en Normandie à Val de Reuil, un autre doit prochainement ouvrir en Île-de-France). Nos contrats sont établis sous droit français, transparents et réversibles et non soumis au Patriot Act américain » revendique le site. « Nous avions fait le choix de l'open source (via la technologie Openstack) afin de ne pas être liés à un éditeur, le plus souvent américain », renchérissait en 2015 Philippe Laplane, directeur d'Orange Cloud, à l'AFP.

De quoi séduire certains qui hébergent des données sensibles. L'État en premier lieu. En juillet 2015, malgré son désengagement au capital, il confie à Cloudwatt la gestion de ses services informatiques (ministères et certains établissements publics). « Des entreprises américaines viennent même nous confier leur données de santé confidentielles », se réjouit Jean-François Colin, directeur marketing et communication d'Orange Cloud for Business.

Grâce à la puissance commerciale du groupe, il espère bien mettre les bouchées doubles pour développer son cloud public. « Il y a eu un retard à l'allumage », reconnaît-il, « mais c'est le marché français du cloud tout entier qui a mis plus de temps que prévu à décoller ». En 2014, l'activité n'aurait généré que 2 millions d'euros de recettes d'après Les Echos. Impossible d'avoir le chiffre actuel, mais Jean-François Colin nous assure que la demande pour Cloudwatt « connaît une croissance à deux chiffres » et se situe dans la lignée du marché.

Samsung conserve-t-il la tête des ventes de smartphones ? La mode des perches à selfies est-elle passée ? Des questions posées par la rédaction de Clubic Pro dans notre nouvelle série « Un an après ». Rendez-vous la semaine prochaine pour un nouveau numéro.

A lire également
Modifié le 01/06/2018 à 15h36
0 réponses
0 utilisateurs
Suivre la discussion

Les actualités récentes les plus commentées

Émissions de CO2 : Bruno Le Maire milite pour le déplafonnement du malus automobile
Le minage de cryptomonnaies participe au réchauffement climatique
Bill Gates est de nouveau l'homme le plus riche au monde devant Jeff Bezos
Mustang Mach-E : Ford lâche la cavalerie électrique… et ça va faire mal
L'iran coupe à son tour Internet pour enrayer les révoltes populaires
Votre maison côtière sera-t-elle sous l’eau chaque année en 2050/2100 ?
Alain Damasio, Ken Loach... 111 assos et intellectuels se lèvent contre Amazon
Berline électrique BMW i4 : puissance, autonomie et performances révélées
Pornhub blacklisté par PayPal, qui ne veut plus servir d’intermédiaire pour payer ses contributeurs
La majorité des publicités anti-vaccins sur Facebook issue de seulement deux organisations

Notre charte communautaire

1. Participez aux discussions

Nous encourageons chacun à exprimer ses idées sur les sujets qui l'intéressent, et à faire profiter l'ensemble de la communauté de son expertise sur un sujet particulier.

2. Partagez vos connaissances

Que vous soyez expert ou amateur passionné, partagez vos connaissances aux autres membres de la communauté pour enrichir le niveau d'expertise des articles.

3. Échangez vos idées

Donnez votre opinion en étayant votre propos et soyez ouverts aux idées des autres membres de la communauté, même si elles sont radicalement différentes des vôtres.

4. Faites preuve de tolérance

Qu'il s'agisse de rédacteurs professionnels ou amateurs, de lecteurs experts ou passionnés, vous devez faire preuve de tolérance et vous placer dans une démarche d'entraide.

5. Restez courtois

Particulièrement lorsque vous exprimez votre désaccord, critiquez les idées, pas les personnes. Évitez à tout prix les insultes, les attaques et autres jugements sur la forme des messages.

6. Publiez des messages utiles

Chaque participation a vocation à enrichir la discussion, aussi les partages d'humeurs personnelles ne doivent pas venir gêner le fil des échanges.

7. Soignez votre écriture

Utilisez la ponctuation, prohibez le langage SMS et les majuscules, relisez-vous afin de corriger un peu les fautes de frappe et de français : trop de fautes n’engagent ni à lire le message, ni à répondre à une question.

8. Respectez le cadre légal

Ne publiez pas de contenus irrespectueux, racistes, homophobes, obscènes ou faisant l'apologie de courants radicaux, qu'ils soient politiques ou religieux. N'utilisez pas plusieurs comptes utilisateurs.

9. Ne faites pas de promotion

Ne profitez pas d'une discussion pour faire la publicité d'un produit, d'un service ou même de votre site web personnel.

10. Ne plagiez pas

Exprimez uniquement vos opinions ou partagez des idées en citant vos sources.

scroll top