Abattre l'open space : tout ce que l'on peut faire avec Slack

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Un nouvel outil de collaboration s'impose dans la Silicon Valley, Slack. Mobile, social et ouvert, cet outil révolutionne la façon de travailler des petites structures. Une nouvelle organisation du travail est en train de s'inventer dans le cloud.

Slack va-t-il définitivement enterrer l'open space ? En tout cas, les créateurs de start-up de la Silicon Valley et maintenant, en France, ne jurent plus que par ce nouveau service de collaboration en ligne. Calqué sur Twitter ou Facebook, Slack permet à un groupe d'utilisateurs d'échanger des idées, des fichiers, en toute simplicité, que ce soit sur navigateur Web, smartphone ou tablette.

Un service simple et ouvert dont l'interface ringardise les solutions de collaboration traditionnelles de type Lotus ou Sharepoint. Slack annonce 750 000 utilisateurs quotidiens et déjà de belles références : Spotify, Airbnb, Box, HBO et même Salesforce.

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Slack a enregistré ses premiers succès auprès des développeurs

C'est auprès des équipes de développeurs que Slack a fait ses premières armes. Son premier usage a été d'aider les programmeurs à collaborer de manière moins formelle et plus rapide qu'avec des outils traditionnels. « Slack s'est au départ placé comme un outil collaboratif créé pour aider les développeurs à échanger sur leurs projets» estime Thomas Lesenechal, chef de projet chez LearnAssembly, une start-up qui forme des entrepreneurs au numérique.

Héritage de ce positionnement de départ, on peut toujours poster un bout de code source sur Slack et demander aux autres membres du groupe (un « Channel » dans le vocabulaire Slack) un coup de main pour optimiser le code ou trouver une solution à un bug. Après Github pour l'hébergement des codes sources, Jenkins, la plateforme d'intégration continue, le service de Cloud Heroku, ou encore, Visual Studio Online de Microsoft, Slack a intégré de multiples applications de tous types : stockage cloud, logiciels de CRM et de marketing, réseaux sociaux...

Une intégration aux applications tierces

Ces intégrations font aujourd'hui toute la richesse de Slack. Ainsi Nicolas Potier, associé chez Acseo, start-up spécialisée dans le développement d'applications Web, à qui on doit notamment le site de l'émission « The Voice », souligne la valeur de ces intégrations au quotidien : « Nous utilisons Slack depuis un peu plus d'un an maintenant, afin de centraliser et canaliser l'ensemble des échanges sur des sujets d'intérêt pour l'entreprise et nos projets. Nous avons connecté Slack avec Github et sa version hébergée en interne GibLab, ainsi que RedMine pour la gestion de projet, Sentry pour les logs d'erreurs et New Relic pour la mesure de performances des applications ».

En outre, les ingénieurs d'Acseo ont réalisé eux-mêmes l'intégration avec le logiciel de facturation de l'entreprise. « L'intérêt, c'est que tout le monde dispose sur Slack de l'ensemble des informations générées par nos outils et puisse réagir en conséquence. Nous pouvons aussi interroger nos outils directement à partir de Slack : il suffit de taper « /redmine yesterday » pour connaître le temps passé sur le projet en question ».

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La grande force de Slack, ce sont ses connecteurs à de multiples applications tierces.


L'intérêt de ces intégrations dépasse désormais très largement le cadre des seuls projets informatiques. Ainsi, Slack est devenu l'outil collaboratif n°1 de l'agence de WebMarketing Kalipseo dirigée par Frank Rocca : « Nous avons créé des groupes de discussions propres à chaque projet en cours et nous avons également pluggé Slack avec Zapier et IFTTT, ainsi que nos comptes de réseaux sociaux, afin d'avoir une visibilité de nos différents comptes en un seul lieu. Nous pouvons partager des documents en toute sécurité. Grâce à l'application mobile, nous sommes connectés et avons un accès à toutes les informations ».

Les possibilités d'intégrations sont tellement grandes que les utilisateurs ne sont pas conscients des possibilités offertes par Slack dans ce domaine. « Bien souvent, les développeurs créent de nouveaux usages auxquels les créateurs de Slack n'avaient pas même pensé au départ » estime Thomas Lesenechal, « C'est probablement un point sur lequel ils devraient mieux communiquer auprès de leurs utilisateurs, leur proposer des "recettes" à l'image de ce que fait IFTTT par exemple ». »

Un assistant sur mesure : le bot

Slack offre une autre fonctionnalité qui peut s'avérer un outil de productivité étonnant pour chaque utilisateur, le « bot ». Sur le modèle des horribles bots qui spamment votre timeline Twitter, chaque utilisateur peut configurer autant de bots qu'il le souhaite pour effectuer automatiquement des tâches diverses, comme de vrais assistants pour réaliser des tâches répétitives.

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Les « channels » sont les canaux auxquels les utilisateurs peuvent s'abonner puis échanger avec les autres membres.


C'est bien souvent par des applications ludiques que les utilisateurs appréhendent cette nouvelle approche. Ainsi, plus de 120 personnes chez l'hébergeur DigitalOcean utilisent Slack en interne. L'équipe a ainsi créé un bot qui publie régulièrement... une image d'écureuil, un autre envoie une histoire drôle différente dès qu'on le sollicite. Rien de tel pour détendre l'atmosphère !

Plus sérieusement, chacun crée les bots qu'il juge utiles dans son travail. Un designer de DigitalOcean a créé un petit bot qui corrige les utilisateurs quand ils écrivent « Digital Ocean » plutôt que « DigitalOcean », la terminologie officielle. C'est tout simple, mais il est possible d'aller beaucoup plus loin grâce aux API ouvertes par Slack. Le bot peut réagir à de multiples événements sur la plateforme comme la connexion d'un utilisateur précis, un nouveau commentaire posté dans tel ou tel « Channel », etc.

Mieux, le bot peut aussi interagir avec l'extérieur : déclencher une fonction d'un service cloud, télécharger un fichier, lancer une application en lui envoyant des paramètres, etc. Un bot peut même déclencher ses propres bots. Les possibilités sont infinies car Slack peut envoyer mais aussi recevoir des données d'application externes diverses.

Il ne lui manque que les visioconférences

Pour son projet d'application mobile TriFacile, une app dédiée au tri des déchets, Raphael Darracq, étudiant à l'Epitech, travaille avec les autres membres de l'équipe sur Slack. « Ce sont des amis qui m'ont parlé de Slack » confie l'étudiant. « Jusqu'à présent, l'équipe projet communiquait essentiellement avec TeamSpeak et un groupe Facebook entre nous, et avec Google Hangouts pour les échanges plus formels. Je n'étais pas particulièrement chaud pour aller sur Slack et finalement l'outil s'est avéré très, très puissant. »

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Simplicité et tarifs peu élevés de Slack attirent les start-up.


Parmi les fonctionnalités qui ont fait la différence pour l'équipe projet de Trifacile, la possibilité de tagger les messages et les contenus, un moyen très efficace pour les retrouver par la suite. Autre fonctionnalité : la possibilité de stocker n'importe quel type de document sur la plateforme et donc se passer d'un service de stockage cloud externe.

« Nous travaillons actuellement sur le design de notre application mobile et avec Slack nous échangeons entre nous sur les captures d'images de notre future application. Nous partageons aussi nos agendas xcal, éventuellement des fichiers de code. Nous avons connecté JIRA, et les tickets relatifs aux bugs détectés sont publiés directement sur Slack. Un petit regret : qu'il n'y ait pas un service audio ou de visioconférence intégré. Le connecteur Google Hangouts est très basique et sans grand intérêt. Il pourrait être intéressant d'avoir les communications stockées et toujours accessibles sur Slack. » Raphael Darracq espère que l'application Trifacile soit disponible à partir de début 2016.

« De nouveaux usages naissent sur Slack, des usages auxquels les concepteurs de la plateforme n'avait pas pensé eux-mêmes au moment de sa conception » s'amuse Thomas Lesenechal. Avec Quentin Lacointa, « Growth coach » et partenaire chez Innoleaps et GrowthTribe, il a créé FrenchStartups.IO, une communauté d'échange réservée aux entrepreneurs français, une communauté bien évidemment portée par Slack.

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« Cette communauté compte aujourd'hui 700 membres et s'accroît de 10 à 15 nouveaux inscrits par jour. La prise en main extrêmement facile de la plateforme est un atout pour créer ce type de communauté. » Cette dernière doit aider les entrepreneurs à échanger des idées, à se créer un réseau de relations, et va accessoirement accélérer encore la diffusion de Slack auprès des start-up françaises.

D'outil d'échange à club privé pour créateur d'entreprise, Slack sait répondre à un nombre étonnamment large de besoins. C'est surtout un outil en phase avec son époque où tout le monde sait se servir d'un réseau social, où tout le monde dispose d'un smartphone, d'une tablette, et où la notion d'entreprises en réseau est en train de s'imposer face au modèle de l'entreprise monolithique fortement hiérarchisée et fermée sur elle-même.

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Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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