Dieselgate - Volkswagen : rappel de la chronologie du scandale

07 octobre 2019 à 08h01
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© Pixabay

Débuté le 30 septembre, le procès du Dieselgate, qui oppose 470 000 consommateurs au constructeur Volkswagen, promet d'être retentissant. Mais le scandale a éclaté il y a plusieurs années de cela. L'occasion de revenir sur les faits marquants de cette affaire.

Volkswagen est en train de vivre l'un des moments les plus importants de son histoire. Le 30 septembre 2019 s'est ouvert le premier procès géant de consommateurs en Allemagne, avec en toile de fond un scandale aux voitures Diesel, dont les moteurs furent truqués pour baisser le niveau affiché d'émissions polluantes. Cela a provoqué la grogne de 470 000 plaignants, qui aujourd'hui demandent réparation. Comment en est-on arrivé là ? Que s'est-il passé avant le coup d'envoi du procès du Dieselgate ? Détaillons, point par point, la chronologie de l'affaire.


2006-2015 : du commencement aux aveux de Volkswagen

2006. Volkswagen décide de lancer son projet de moteur adapté aux normes anti-pollution américaines, considérées alors comme plus strictes qu'en Europe. Le début d'une histoire noire. Cette même année, le groupe annonce la suppression de 20 000 emplois en Allemagne.

2007. Alors que Porsche cherche à monter au capital du premier constructeur européen, en fin d'année, la société annonce un investissement de près de 30 milliards d'euros dans de nouveaux modèles et dans la construction de nouvelles usines. Mais surtout, cette année marque l'échec de son projet de moteur. C'est alors qu'un groupe d'employés développe un logiciel destiné à contourner les tests de pollution, comme a pu le reconnaître plus tard la société allemande face à la justice américaine.

2014. L'ONG International Council on Clean Transportation lance une étude sur la pollution en conditions réelles sur douze véhicules diesel européens. Étude a priori banale. Parmi ceux-là, on retrouve la Volkswagen Passat. Le résultat est sans appel, et des niveaux d'émissions parfois 40 fois supérieurs aux niveaux autorisés sont mesurés. Questionné par les autorités, le constructeur refuse d'avouer la fraude.

18 septembre 2015. L'Agence américaine de l'environnement (EPA) publie de nombreuses données sur la pollution par Nox (les oxydes d'azote) et accuse Volkswagen d'avoir violé la réglementation anti-pollution en utilisant un logiciel capable de tromper les contrôles sur les émissions d'oxydes d'azote. À partir de là, la machine s'emballe.

22-23 septembre. Volkswagen admet avoir équipé 11 millions de ses véhicules du logiciel fraudeur. On retrouve de ces véhicules partout dans le monde. Martin Winterkorn, président du directoire du groupe depuis 2007, démissionne de son poste, entraînant l'ouverture d'une enquête pénale. Dans le même temps, le cours de l'action de la firme allemande plonge de 40 % en quelques jours. Quarante-huit heures plus tard, la Suisse puis la Belgique décident de retirer de la vente les véhicules Diesel concernés.

29 septembre. Le parquet allemand de Brunswick (où se tient l'actuel procès) ouvre une information judiciaire pour fraude à l'encontre de Volkswagen.

15 octobre. L'Agence allemande de l'automobile exige de Volkswagen qu'elle rappelle quelques 2,4 millions de voitures. Finalement, la société rappelle les 8,5 millions de véhicules restants en Europe.


2016-2018 : le constructeur passe à la caisse

22 avril 2016. Pour la première fois en 20 ans, Volkswagen affiche une perte annuelle.

28 juin. Volkswagen annonce avoir accepté de débourser 14,7 milliards de dollars (13,3 milliards d'euros) pour dédommager ses clients aux USA. Le rachat potentiel de 480 000 voitures est en bonne voie. Le constructeur cible les véhicules équipés d'un moteur diesel de 2 litres doté du logiciel truquant les émissions réelles des gaz polluants.

29 juillet. La chasse aux sorcières est ouverte en France, où une commission d'experts affirme, après avoir testé 85 véhicules diesel, avoir décelé des anomalies dans un tiers des cas. Celle-ci fait peser le doute en indiquant que d'autres constructeurs ont peut-être eu recours à des logiciels truqueurs.

11 janvier 2017. Volkswagen plaide coupable aux États-Unis pour fraude et obstruction à la justice. Le constructeur accepte alors de verser 4,3 milliards de dollars (4,1 milliards d'euros) de pénalités supplémentaires outre-Atlantique. Ce versement permet au constructeur de mettre fin aux poursuites pénales liées aux moteurs truqués.

1er février. Bosch, qui avait fourni le fameux logiciel (modifié ensuite par des employés du constructeur allemand), verse plus de 300 millions de dollars de dédommagement aux États-Unis. Contrairement à Volkswagen, la multinationale allemande nie toute implication dans le scandale.

6 décembre. Après la condamnation d'un ex-ingénieur à 40 mois de prison aux États-Unis, un ex-dirigeant de l'entreprise est à son tour condamné par un tribunal américain, cette fois à sept ans de prison.

3 mai 2018. La justice américaine engage des poursuites judiciaires contre l'ancien P.-D.G. de l'entreprise, Martin Winterkorn. Cinq autre dirigeants sont visés.

13 juin. En Allemagne, Volkswagen accepte de payer une amende d'un montant d'un milliard d'euros.

10 septembre. À Brunswick s'ouvre un procès d'actionnaires réclamant près de 9 milliards d'euros d'indemnités.

24 octobre. Actionnaire principal de Volkswagen, le groupe Porsche SE est condamné à 47 milliards d'euros de dommages et intérêts.

1er novembre. Date importante puisqu'elle marque le dépôt de la requête de l'association de consommateurs VZBZ auprès du tribunal de Brunswick.

2019 : l'année du procès

15 avril 2019. Forcément très présent dans cette affaire, Martin Winterkorn, ex-patron de Volkswagen, est renvoyé devant un juge allemand pour fraude aggravée, violation de la loi contre la concurrence déloyale et abus de confiance. Quatre responsables du constructeur l'accompagnent.

7 mai. Comme BMW et Audi avant lui, le constructeur Porsche, accusé d'entente avec les premiers cités (tout comme Volkswagen) par la Commission européenne en juillet 2017, accepte de payer une amende de 535 millions d'euros.

24 septembre. À son tour, Daimler, cinquième constructeur soupçonné d'entente, accepte de payer une amende. Le montant est colossal : 870 millions d'euros. Le même jour, le parquet de Brunswick demande le renvoi de l'actuel P.-D.G. de Volkswagen, Herbert Diess, de son président du conseil de surveillance, Hans Dieter Pötsch, ainsi que de l'ancien patron, Martin Winterkorn, pour « manipulation du cours boursier ».

30 septembre. Ouverture du procès du Dieselgate.
Modifié le 07/10/2019 à 10h08
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