Live Japon : Piégés par leur curiosité mal placée

15 septembre 2012 à 18h09
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A en croire les enquêtes internationales, les Japonais sont les moins actifs au lit, mais cela ne les empêche nullement, au contraire, de consulter des sites pornographiques aussi bien avec leur téléphone portable qu'avec leur PC, et ce, à leurs risques et périls financiers, comme le montre non seulement le manga du dessinateur japonais J.P. NISHI, mais aussi un document de mise en garde publié récemment par les autorités nippones.

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Au cours de l'année budgétaire d'avril 2011 à mars 2012, période de référence administrative au Japon, le Service national d'aide aux consommateurs a reçu des centaines de milliers de plaintes de citoyens embêtés par un produit ou un service. Parmi ces réclamations et demandes d'aides, arrivent en tête les appels au secours à la suite de la visite d'un site pornographique. Quelque 95 545 Nippons et Nippones, environ 10 000 de plus que l'année précédente, ont avisé les autorités après avoir été pris au piège par des malins qui profitent allègrement de l'intérêt porté par les adolescents et adultes aux vidéos et photos à conotation sexuelle.

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Voici le type de plaintes fréquemment adressées au Kokumin seikastsu centa (Centre de vie des citoyens):

Lettre d'un homme d'une vingtaine d'années : « j'ai regardé des extraits de vidéo x via mon mobile sur des sites pour adultes grâce à une appli en pensant que c'était gratuit, mais après avoir visionné plusieurs minutes, s'est affiché à l'écran, "vous devez 90 000 yens (900 euros)". Comme cela m'a paru injustifié, j'ai ignoré cette requête. Mais voilà qu'aujourd'hui j'ai reçu un coup de fil m'intimant de payer. J'ai répondu que je n'en avais nullement l'intention, mais je suis inquiet car je ne me souviens pas avoir communiqué mon numéro de téléphone ou d'autres informations. J'ai effacé l'application, mais que puis-je faire pour régler ce problème ».

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Lettre d'un sexagénaire: « j'accède à internet par fibre optique à partir de mon téléviseur. Un jour, sur un site pour adultes, s'est affiché le message suivant: "inscription terminée, vous devez payer 99 800 yens (près de 1 000 euros)". J'ai immédiatement débranché la TV mais, en la rebranchant, le même écran s'est encore affiché et je ne parviens pas à l'efffacer ».

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Lettre d'une trentenaire : « je lisais un blog avec mon smartphone quand est apparue une publicité pour un site pornographique. J'ai cliqué dessus. A la question "avez-vous plus de 18 ans", j'ai répondu oui, et au bout de quelques minutes s'est affiché un écran "vous devez payer 90 000 dans les 3 jours". J'ai alors cliqué sur le bouton "vous vous êtes inscrit par erreur, cliquez ici", puis sur "assistance téléphonique". Un numéro s'est alors composé et je suis tombée sur un homme qui m'a demandé de rappeler une fois lu le contrat. J'ai donc lu le contrat puis je l'ai rappelé. Il m'a alors dit "eh bien comme cela est précisé, vous devez payer 90 000 yens". J'ai alors pris peur, j'ai répondu "j'ai compris", puis j'ai appelé la police et je vous ai adressé ce message. »

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Lettre d'une mère quadragénaire: « mon fils collégien s'est connecté à internet avec sa console de jeu vidéo. En cherchant des informations sur une actrice, il a cliqué sur une publicité pour un site pour adultes. Sans trop savoir, il a cliqué "oui" en réponse à diverses questions et, au bout du compte, il est tombé sur un écran lui indiquant "vous devez 85 000 yens (850 euros)". J'ai envoyé un mail au gérant du site avec mon téléphone portable pour annuler l'inscription au site, mais on m'a répondu : cela est impossible tant que vous n'avez pas réglé la somme due. Or, je n'ai pas les moyens de payer ».

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Ces exemples sont représentatifs de tous ceux adressés. Les trois quarts des requètes émanent d'hommes, mais « le nombre de femmes n'est pas petit », a souligné dans un rapport le Centre de vie des citoyens. En outre, selon la même source, l'augmentation des consultations des sites pronographiques est aussi due à la diversité des terminaux permettant d'y accéder. Plus de la moitié des plaintes proviennent de personnes qui ont visité un site grâce à leur téléphone portable, contre environ 43 % depuis un PC.

Un petit pourcentage s'est connecté par console de jeu vidéo ou via un baladeur multimédia (type iPod/WiFi). Or, pour tous ces appareils, les fonctions de prévention pour éviter les problèmes (par exemple le filtrage en fonction d'une liste noire établie par les opérateurs de téléphonie mobile) ne sont pas nécessairement activées, notamment sur les mobiles ou PC utilisés par les enfants et adolescents. Les utilisateurs de smartphones doivent quant à eux se méfier et ne pas télécharger sans précaution des applications qui peuvent d'avérer potentiellement dangereuses.

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Le fait que ces sites soient payants est généralement assez peu lisible, l'information étant reléguée au fin fond d'un pseudo contrat sur lequel ne s'attarde pour ainsi dire personne avant de cliquer sur « Je suis d'accord ». Beaucoup de personnes se font avoir en pensant que c'est gratuit car le site auquel elles accèdent est apparu dans un moteur de recherche en réponse à une requète du style « vidéos X gratuites ». Si la plupart des individus piégés ont appelé le Centre de vie des citoyens ou bien se sont adressés à la police avant de régler la facture (en moyenne 1 000 euros), beaucoup aussi ont hélas payé la note (en moyenne 1 300 euros) avant de dénoncer les faits.

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Le Centre de vie des citoyens met aussi en garde sur le fait que certains (comme la trentenaire ou la mère quadragénaire) se font en fait rouler deux fois. Après avoir vu l'écran de facture, ils sont tentés de cliquer sur des bandeaux tels que « vous êtes arrivé sur ce site par inadvertance, cliquez ici » ou « pour nous contacter » ou encore « pour vous faire rembourser ». Ils envoient alors un e-mail au gérant ou bien lui téléphonent et lui donnent ainsi malgré eux leurs coordonnées qu'il n'aurait pas obtenues si l'internaute avait négligé la facture. « En surfant simplement sur un site, il est certes possible de connaître l'adresse IP et le type d'appareil employé, mais pas le nom, ni l'adresse ou le numéro de téléphone de l'internaute. En revanche, si un courriel est expédié ou un coup de fil passé, eh bien ces informations parviennent au gérant du site ! », CQFD.

Que ceux qui payent, dont les informations personnelles ont été subtilisées ou bien dont l'appareil est bloqué avec un écran ineffaçable présentant une facture astronomique, sachent néanmoins qu'ils sont en droit de porter plainte auprès de la police, puisque les actes en question sont illégaux.

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Il n'est cependant pas nécessaire d'attendre que la justice ait fait son travail pour débloquer son smartphone, sa TV, sa console ou son PC: la procédure technique à suivre pour se débarasser du virus (car il s'agit d'un virus) est disponible à cette adresse.

A noter enfin que des sociétés (dont l'auteur de ces lignes ignore quel degré de fiabilité on peut leur accorder) prétendent donner des conseils et régler en deux heures les soucis des internautes un peu trop aventureux. Les Japonais ne sont assurément pas les seuls dans ce cas.

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Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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