Microsoft Windows : 20 ans d'histoire

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Depuis la nuit des temps, et l'origine même de l'informatique, un ordinateur n'est rien sans un système d'exploitation. Un peu comme le liant dans une sauce, le système d'exploitation va permettre la communication entre les différents éléments de la machine tout en proposant à l'utilisateur une interface qui lui permet d'interagir avec sa machine, ses fichiers et ses programmes.

Indispensable donc à l'usage quotidien de l'ordinateur, au moins autant que la sauce dans une blanquette de veau, le système d'exploitation a connu moult évolutions de la ligne de commandes à l'interface graphique, du système simple tâche aux systèmes multitâches, sans oublier les métamorphoses successives des interfaces. Si au début le système d'exploitation, du moins dans sa version graphique, n'offrait pour seule interface qu'un pointeur de souris et quelques icônes en noir et blanc, il s'est peu à peu transformé, gagnant au fil des versions le support de la couleur avant d'utiliser des fonctions 3D pour l'affichage de son interface.

Avec une histoire facilement plus que trentenaire, le système d'exploitation est aujourd'hui encore d'actualité. Et croire que cette histoire se résumerait au seul Windows de Microsoft serait bien entendu totalement faux. Car nos chères machines ont connues au fil des années une grande variété de systèmes d'exploitation. Bien sûr, de cette histoire riche, fort peu de systèmes ont effectivement survécus car parfois la sauce ne prend tout simplement pas ! Dès lors, il faut bien rendre à Windows ses lettres de noblesse et reconnaître que le système vedette de Microsoft domine l'histoire de nos machines depuis plusieurs années maintenant. Sans remettre le moins du monde en question les apports d'autres systèmes d'exploitation qu'il s'agisse du défunt BeOS ou de l'excellent MacOS X, nous nous concentrerons ici sur Windows et sur une rétrospective des vingts dernières années de l'histoire de Windows.

Le sujet Windows étant sensible et parfois polémique, nous désamorcerons dès à présent ce que les mauvaises langues irascibles ne manqueront pas de souligner. Avant Microsoft, on ne payait pas pour le système d'exploitation, celui-ci étant gratuit et livré avec la machine... Il n'empêche, payant ou pas, Windows a su s'imposer.

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Sommaire :

Micro-Soft met un pied dans les IBM PC

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Lorsque Bill Gates démarre sa carrière, il y a plusieurs dizaines d'années de cela, il le fait en développant des appareils pour compter le nombre de véhicules empruntant tel ou tel axe de circulation. Mais en fondant Micro-Soft, le nom initial de la firme de Redmond, Bill Gates abandonne rapidement les compteurs pour se focaliser sur le développement et la commercialisation de logiciels, Micro-Soft ayant été fondé en 1975, avec pour but la vente d'un langage de programmation informatique : le BASIC.

Bien vite, Micro-Soft s'attèle cependant à une autre tâche ; le développement de systèmes d'exploitation. Développement n'est d'ailleurs pas le mot approprié, du moins en ce qui concerne le début de l'activité de Micro-Soft en la matière, puisque William Henry Gates, IIIème du nom, rachète, au terme de diverses péripéties, l'intégralité des droits de QDOS (ou Quick DOS) à son développeur, Tim Patterson. Cela afin de répondre à la demande d'IBM qui recherchait un système d'exploitation PC pour équiper ses nouvelles machines. Après avoir été porté par Tim Patterson lui-même pour le monde x86 des PC, QDOS devient... MS-DOS, DOS signifiant Disk Operating System, un acronyme bien vite détourné et déformé en Dirty Operating System.

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Mais le coup de génie de Micro-Soft c'est de vendre son logiciel à IBM non pas à un prix fixe, comme cela se faisait couramment à l'époque, mais de réclamer un pourcentage sur chacune des ventes de PC équipés de MS-DOS. Un modèle économique est né et il fera la fortune de Micro-Soft et de ses actionnaires. Soulignons au passage que ce modèle économique est aujourd'hui encore d'actualité.

De MS-DOS à Windows

Avec MS-DOS, Microsoft propose un système d'exploitation fonctionnant intégralement et exclusivement en ligne de commandes. Point n'est ici question d'interface graphique, tout se faisant au clavier avec des commandes aussi absconses que REN, CLS, DIR, MD, CD ou encore PARK (un vestige qui permettait de parquer les têtes du disque dur avant un éventuel transport du PC) pour n'en citer que quelques unes. L'informatique étant à cette époque tout à fait balbutiante, DOS est dès le départ architecturé et conçu pour gérer 640 Ko de mémoire vive, une quantité qui posera vite de nombreux problèmes puisque tout octet supérieur aux 640 Ko est considéré comme de la mémoire paginée, alors qu'au-delà du mégaoctet, la capacité mémoire est décrite comme étendue (on verra qu'avec les premières versions de Windows, la gestion de la mémoire sera un vrai talon d'Achille).

Pour chaque zone mémoire, il faut recourir à un gestionnaire de mémoire alors que la mémoire paginée demeure une zone système interdite à l'écriture. Au fil des versions de DOS, la gestion mémoire deviendra un véritable casse tête, puisque les 640 premiers kilo-octets se voient régulièrement amputés d'espace vital par les processeurs Intel étaient dotées d'un bus d'adresse 20 bits soit 1 Mo.

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Installation de MS-DOS ici dans sa version 6.22


MS-DOS c'est aussi une gestion préhistorique des pilotes : le système n'intégrant aucun pilote par défaut, sauf peut-être celui du clavier (et encore pas son layout), il faut charger un à un et manuellement les pilotes pour bénéficier par exemple de la prise en charge de la souris, de la reconnaissance du lecteur CD-ROM ou encore du clavier français. Oui, MS-DOS était par défaut conçu pour les claviers américains : un petit détour en ligne de commandes était donc nécessaire pour la reconnaissance de nos claviers AZERTY. Heureusement, Microsoft proposait à l'utilisateur de créer des fichiers de configuration automatique : le fameux Autoexec.bat, pour l'exécution automatique à chaque démarrage d'applications, et Config.sys pour le chargement des pilotes et l'optimisation de la mémoire (entre autres).

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MS-DOS au quotidien : à gauche le prompt et le listing d'un répertoire, et édition Autoexec.bat


Songez qu'à l'époque du MS-DOS 3.3, le système d'exploitation tenait sur une seule disquette de 720 Ko et qu'il était amorçable directement depuis la disquette en question. Une simple disquette permettait en principe de démarrer n'importe quel ordinateur, au détail près du format de la disquette en question. Et à l'époque du DOS les noms de fichiers ne pouvaient pas dépasser huit caractères avec une extension fixe sur trois lettres ! Autant de contraintes qui faisaient de ce système un programme fort peu convivial et franchement difficile d'accès pour le néophyte. Au fil des ans, et des versions, MS-DOS s'est quelque peu enrichi pour se doter notamment d'un Shell, c'est-à-dire un navigateur de fichiers plein écran fonctionnant avec la souris, alors que dans ses dernières incarnations, MS-DOS proposait un module de compression des données sur le disque dur afin de gagner en place et d'éviter de racheter un nouveau disque : il s'agissait de DoubleSpace, mais suite à un procès, perdu pour violation de brevets, le logiciel s'est transformé dans DOS 6.22 en DriveSpace. Un module qui rendait pour l'époque de précieux services, à ceci près qu'il n'était compatible qu'avec les systèmes Microsoft : impossible par exemple d'installer OS/2 sur un volume compressé par DriveSpace.

Windows 1.0

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Dans sa première version, Windows 1.0 se présentait comme un environnement d'exploitation (et non un système, on notera le glissement sémantique). Initié au tout début des années 1980, le projet Windows était connu à la base sous le nom d'Interface Manager : c'est seulement à quelques jours de son officialisation, en novembre 1983 à l'occasion du salon américain COMDEX que Microsoft retient finalement l'appellation Windows. Et si Windows fut annoncé en 1983, sa commercialisation n'interviendra qu'en novembre 1985 : il s'agit alors de la version 1.01.

Dans cette première édition, Windows se présentait sous la forme d'une surcouche graphique à MS-DOS 5.0, le système d'exploitation de l'époque en 16 bits : un schéma qui perdurera de longues, très longues années, comme nous le verrons un peu plus loin. Mais attention, si Windows se présente à l'époque comme une simple interface graphique, un GUI (Graphical User Interface), par opposition au CUI qui règne alors (Command User Interface), il possède déjà les caractéristiques d'un vrai système d'exploitation avec notamment un modèle de pilote de périphériques qui lui est propre et un modèle de fichiers exécutables pour lancer les applications, les fameux .EXE.

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Quelques écrans de Windows 1.0


Windows 1.0, c'est l'affichage de fenêtres à l'écran avec pour la première fois, du moins dans l'univers Micro-Soft, une interface graphique qui remplace la ligne de commandes pour des boutons que l'on active au moyen de la souris. Une évidence de nos jours, une révolution à l'époque... Pour preuve le communiqué de presse de l'époque :

« Microsoft Windows tire profit de (...) développements matériels significatifs pour simplifier l'interaction avec le micro-ordinateur. Le premier est la souris un dispositif piloté à la main et permettant de déplacer un curseur ou une icône à l'écran »

Mais attention, les fenêtres étaient juxtaposées les unes à côté des autres et ne pouvaient se recouvrir dans cette première version. A l'époque, Windows 1.0 se présentait sur des disquettes et occupait près de 1 Mo d'espace disque. La version 1.03, qui a vu le jour dans le courant de l'année 1986 était pour sa part plus gourmande avec une consommation d'espace disque de 2 Mo. Rappelons que si cette taille nous semble aujourd'hui dérisoire à l'époque le plus gros des disques durs offrait 10 Mo d'espace ! Côté mémoire vive, Windows 1.01 nécessitait 256 Ko de mémoire.

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Quant aux fonctionnalités proposées par Windows 1.0 : on retrouvait déjà la calculatrice, l'horloge, le presse papier, le bloc notes et une sorte de traitement de texte, Write qui disparaitra avec Windows 95 pour être remplacé par... Wordpad.

Windows 2.0

A peine deux années se seront écoulées entre le lancement commercial de la toute première version de Windows et l'arrivée de son successeur. Pour cette nouvelle version, les fenêtres des applications peuvent dorénavant se chevaucher alors que Microsoft introduit pour la première fois les icônes et propose des raccourcis clavier. C'est d'ailleurs à cette occasion qu'Apple saisit la justice pour violation de droits d'auteurs, estimant que l'interface de Windows est trop proche de celle de son système Macintosh. L'affaire durera plus de cinq années et en août 1993, la justice américaine abandonne finalement ses poursuites.

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Image, crédit computerhovel.com


Techniquement Windows 2.0 prend en charge la mémoire au-delà des 640 premiers kilo-octets et sa version 2.03 va plus loin en tirant profit de certaines nouveautés proposées par Intel avec l'architecture i386. Dorénavant Windows peut gérer le mode protégé et la mémoire étendue ! Reste que Windows se contente sans broncher d'un minimum de 512 Ko de mémoire vive pour fonctionner.

Avec sa version 2.1, Windows est proposé en deux éditions distinctes, Windows/286 qui fonctionne avec les processeurs 8086/8088 et i286, Windows/386 pour les processeurs i386. Seule cette dernière version profite de quelques nouveautés clés comme le multitâches des applications DOS.

Windows 3.0

C'est toutefois avec Windows 3.0, commercialisé le 31 octobre 1990 que les développeurs de Microsoft ont modifié le noyau de Windows pour le faire fonctionner en mode protégé, tirant ainsi parti d'une des fonctionnalités du processeur i286 d'Intel. Car très vite, la limitation du premier mégaoctet de mémoire vive freina le développement de l'OS de Microsoft. Avec Windows 3.0, il est possible de gérer jusqu'à 16 Mo de mémoire vive : presque une révolution ! Windows 3.0 c'est aussi l'arrivée de la mémoire virtuelle ou encore des pilotes de périphériques virtuels, les fameux VXD permettant le partage des ressources matérielles entre DOS et Windows.

Microsoft profitera également de la version 3.0 de Windows pour réécrire certaines parties critiques de Windows en les développant non plus en C mais directement en code assembleur. Il en résulte une rapidité d'exécution accrue et une occupation mémoire... réduite ! A cette période, un autre système d'exploitation voit le jour GeoWorks 1.0 : il ne rencontrera pas le succès de Windows.

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Impossible bien sûr d'évoquer Windows 3.0 sans parler de l'interface graphique qui subit un véritable lifting et profite dorénavant des cartes vidéos 256 couleurs ! Rappelons au passage que les générations 3.xx de Windows n'ont pas de barre des tâches ni de menu démarrer. Les logiciels s'installent dans des groupes, chaque groupe étant représenté par une icône dans le gestionnaire de programmes Windows. Pas franchement multi-tâches, Windows 3.0 permet tout de même de passer d'un programme à un autre via l'ALT+TAB. Et en cliquant sur le bouton permettant de minimiser une fenêtre celle-ci se trouve alors représentée par une icône sur le bureau aux côtés de l'icône du gestionnaire de programmes. Bureau qu'il est possible de personnaliser avec des motifs ou des fonds d'écran, à l'époque fort peu esthétiques pour la plupart. Il est amusant de noter qu'à l'époque aucune fonction ne permet d'éteindre l'ordinateur depuis Windows : il faut passer par le menu fichier du gestionnaire de programmes. La commande « Quitter Windows » renvoi alors sur le prompt de MS-DOS.

Windows 3.10 : la vague multimédia

Windows 3.1 reprend à son compte les MME ou Mutlimedia Extensions de Windows 3.0, proposées pendant une courte période aux seuls fabricants de PC. Pour la première fois, Windows peut gérer les lecteurs de CD-ROM mais aussi les cartes sons. Du reste diverses nouveautés voient le jour comme la prise en charge de la mise à l'échelle des polices de caractère TrueType alors que Microsoft améliore son gestionnaire de fichiers et la prise en charge des imprimantes, notamment. Toutes ces améliorations font que Windows 3.1 rencontre un véritable succès tant dans le monde de l'entreprise que chez les particuliers. Et précisons pour être complet que Windows 3.10 intègre pour la première fois un antivirus (fort limité et vite obsolète faute de mise à jour).

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Crédits musicaux : David Soltany / Playback Guillaume Ninon / www.davidsoltany.com


Windows 3.11 : en route vers le réseau

Dans sa version 3.11, Windows se trouve baptisé Windows for Workgroups. La nouveauté essentielle est l'inclusion de fonctionnalités supplémentaires pour la prise en charge réseau. On trouve ainsi un module « Mail » mais aussi « Schedule+ » qui préfigure les débuts des gestionnaires de calendrier électroniques.

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L'interlude OS/2

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Jusqu'au succès de Windows 3.10, la firme de Bill Gates ne croit peut être pas nécessairement qu'elle a un avenir tout tracé sur le marché des systèmes d'exploitation. Pour preuve, son alliance en 1987 avec IBM pour développer conjointement un nouveau système d'exploitation baptisé OS/2. Sentant le vent tourner, ou plutôt une réelle opportunité de se tailler la part du lion alors que son OS a déjà été écoulé à plus de dix millions d'exemplaires, Microsoft annonce en 1991 interrompre le développement d'OS/2.

Alors que Microsoft quitte le projet OS/2, IBM continue seul à assurer son développement et propose dès 1992 une version 32 bits de son système d'exploitation alors présenté comme : « Un meilleur Windows que Windows et un meilleur DOS que DOS ». Rappelons qu'à l'époque, Windows 3.10 est un système d'exploitation 16 bits.

Et si Microsoft abandonne le développement d'OS/2, c'est pour mieux se concentrer sur son propre système d'exploitation de nouvelle génération : Windows NT. Naturellement, une bonne partie du travail effectué sur OS/2 est repris par les ingénieurs de Microsoft pour concevoir Windows NT.

Windows 95 : un virage pour Microsoft

Nom de code ? Chicago. Particularité ? Fonctionne selon un mode hybride 16/32 bits en reposant toujours, du moins pour partie sur MS-DOS. Date de sortie ? 24 août 1995.

Windows 95 marque pour Microsoft, et plus largement pour l'utilisateur de PC, un tournant assez important. Par delà l'aspect cosmétique, et le changement d'interface graphique avec l'arrivée du menu Démarrer, Windows 95 change radicalement les habitudes de travail. Alors que jusqu'à présent les noms de fichiers ne pouvaient contenir que 8 caractères, Windows 95 en autorise plus de 250 ! Alors qu'un fichier supprimé était définitivement perdu, Windows introduit une corbeille permettant de les récupérer in-extremis !

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Les notions de gestionnaire de programmes et de gestionnaires de fichiers spécifiques à Windows 3.xx disparaissent : l'un est remplacé par le menu démarrer, 'Start' en anglais qui donne le ton de la campagne marketing de lancement de Windows 95 avec la chanson des Rolling Stones ('Start Me Up'), l'autre dépend dorénavant de l'explorateur Windows. Windows 95 c'est aussi le premier système d'exploitation Microsoft qui permet d'éteindre l'ordinateur : depuis le menu démarrer la commande « Arrêter » permet de stopper le PC : on obtient alors une série de deux écrans vous invitant à patienter durant l'extinction de l'ordinateur puis à passer à l'acte : « Vous pouvez maintenant éteindre votre ordinateur ».

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Techniquement Windows 95 inaugure la base de registres pour remplacer les fichiers INI et également l'API Win32 qui permet aux programmes 32 bits de s'exécuter nativement sur cette nouvelle version de Windows. Ici, Microsoft propose le même modèle de programmation pour ces OS professionnels et grand public : Windows NT et Windows 95 reposent tous deux sur l'API Win32. Windows 95 c'est aussi l'arrivée d'un environnement en mode protégé complet alors que la prise en charge réseau est dorénavant totalement intégrée (mais pas nécessairement installée par défaut, on se souviendra de l'installation des couches réseau TCP/IP). Du coup, le système abandonne la prise en charge des processeurs i286 chers à Windows 3.1 : pour faire tourner Windows 95 il faut donc au minimum un PC avec processeur i386 DX avec 4 Mo de mémoire vive. Dans la pratique, les 8 Mo deviennent vite indispensables alors que le i486 est fortement suggéré. Quant à l'OS il occupe 50 à 55 Mo, loin des 10 Go de Windows Vista.

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Windows 95 c'est aussi le Plug'n Play, que certains auront baptisé Plug'n Pray (branche et prie) en raison de quelques bugs dans ses toutes premières implémentations. Grâce au plug'n play il n'est plus nécessaire de se poser la question du numéro d'IRQ utilisé par tel ou tel périphérique : en connexion avec le BIOS de la machine, Windows gère tout comme un grand. Et n'oublions pas que pour la première fois, Windows 95 autorise un affichage des couleurs allant au delà des 256 couleurs permises par Windows 3.1. Avec Windows 95 on peut effectivement afficher 65536 couleurs ! Toutefois pour profiter d'icônes utilisant plus de 16 couleurs, il faudra acquérir et installer le fameux pack Plus ! pour Windows 95.

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Instable Windows 95 ?


Impossible bien sûr de ne pas mentionner l'introduction dans Windows 95 de « MSN ». A l'époque, Microsoft ne croit pas en l'Internet et cherche à développer un réseau parallèle, s'appuyant sur certaines des technologies utilisées par le réseau des réseaux (le protocole TCP/IP notamment). Cette vision c'est MSN ou The Microsoft Network : il s'agit d'une application qui donne accès à des groupes. Pas question à l'époque de surfer sur des pages ou des sites crées en HTML... Mais Microsoft réalisera bien vite son erreur : les versions successives de MSN abandonnent l'interface propriétaire et se muent en une sorte de super navigateur Web... Toutefois l'aventure tournera court et en France MSN fermera ses portes en 1998, son activité étant alors reprise par Wanadoo, filiale de France Télécom.

Sur les quatre premiers jours de sa commercialisation en Amérique du nord, Windows 95 s'écoulera à plus d'un million d'exemplaires. Un engouement sans précédent pour Microsoft qui jusqu'au début des années 1990 s'adressait avant tout aux entreprises. Avec la sortie de Windows 95, Microsoft prend un virage puisque la firme cible dorénavant tant les entreprises que la clientèle particulière.


Crédits musicaux : David Soltany / Playback Guillaume Ninon / www.davidsoltany.com


Windows 95 OSR 2/2.5

Malgré trois années de développement, la toute première version de Windows 95 comportait un ennuyeux bug de gestion mémoire provoquant dans certains cas l'instabilité du système. Microsoft le corrigea rapidement sous la forme du Service Pack 1. De plus, Windows 95 est limité par certains aspects : impossible par exemple de gérer les disques durs de plus de 2 Go ! Gênant...

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Du coup, les équipes de Microsoft conçoivent une mise à jour de Windows 95 réservée... aux seuls OEM ! Baptisée OSR 2.0, pour OEM Service Release, cette mise à jour de Windows 95 introduit le système de fichiers FAT 32 pour gérer des disques durs de plus de 2 Go alors qu'elle intègre la version 3.0 d'Internet Explorer, le navigateur Internet de Microsoft. Au lancement de la machine, cette édition se distingue par un écran de démarrage légèrement revu et affiné alors qu'il comporte la mention Internet Explorer. En prime, la version 2.0 du redistribuable DirectX est maintenant incluse dans Windows.

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Internet Explorer se fraye un chemin dans Windows


Quelques mois après, Microsoft propose l'OSR 2.5 avec en prime une prise en charge de l'USB, une technologie alors... émergente. Cette même version OSR 2.5, intègre nativement Internet Explorer 4.0 et DirectX 5.0. Avec Internet Explorer 4.0, Windows se dote en standard de la quicklaunch bar ou barre de lancement rapide : abandonnée seulement maintenant avec Windows 7, cette barre proposait encore sous Windows Vista de placer raccourcis de programmes près du bouton démarrer pour les lancer plus rapidement.

Windows 98 et Windows 98 Second Edition

Nom de code ? Memphis. Windows 98 est avant tout une évolution de Windows 95, une version plus aboutie du système d'exploitation de Microsoft. Pas de nouveautés sensationnelles ici, si ce n'est la prise en charge native du système de fichiers FAT32, la gestion de l'USB ou encore l'intégration pour la première fois dans une version commerciale de Windows d'Internet Explorer 4.0 et d'Outlook Express. Windows 98 c'est également l'officialisation d'un nouveau modèle de pilote, le Windows Driver Model visant à unifier la façon dont les pilotes sont conçus afin notamment de renforcer la stabilité du système. Et pendant que Microsoft sort tambours et trompettes pour Windows 98, un certain français exilé dans la Silicon Valley met au point la R3 de BeOS, un système d'exploitation x86 longtemps vu comme prometteur.

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Techniquement encore, Windows 98 gère nativement le bus AGP utilisé par les cartes graphiques de l'époque et profite d'une implémentation de la technologie MMX d'Intel. En outre, cette version de Windows introduit pour la première des spécifications pour les périphériques de capture d'image via la couche STI : il s'agit ici de simplifier les transferts d'images depuis un périphérique numérique comme un scanner ou un appareil photo.


Crédits musicaux : David Soltany / Playback Guillaume Ninon / www.davidsoltany.com


Windows 98 propose une innovation assez intéressante sur le plan de l'interface avec l'inclusion de la technologie Active Desktop. Le bureau peut être transformé en une page Web affichant divers composants. Problème, l'Active Desktop est réputé pour sa... non stabilité ! Du reste, par rapport à Windows 95, l'interface du système subit un lifting notable et voit l'arrivée d'un dégradé dans les barres de titre des fenêtres alors que le module « Poste de travail » repose désormais, du moins pour partie, sur le moteur de rendu d'Internet Explorer, un choix de développement qui fut largement critiqué. Il a en effet permis à Microsoft de justifier devant différentes cours de justice qu'en retirant Internet Explorer de Windows, ce dernier devenait inutilisable...

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Dans sa deuxième édition, Windows 98 profite de diverses corrections de bugs, du passage en version 5.0 du navigateur Internet ou encore de l'arrivée du partage de connexion Internet et d'un lecteur logiciel pour les DVD vidéo.

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Windows 98 Deuxième Edition


Windows Me : la fin de la lignée 9x

Windows Me, ou Windows Millenium Edition, est probablement le système d'exploitation de trop pour la lignée des Windows 9x. Pourtant, avec Windows Me, Microsoft met un terme au mode réel MS-DOS 16 bits, du moins sur le papier. Si l'on pensait DOS mort et enterré avec Me, ce n'est pas le cas dans les faits puisque le chargement du système passe toujours par ... MS-DOS ! Pour le reste, Windows Me inaugure un noyau légèrement revu pour un meilleur partage des ressources systèmes entre les applications alors que les clés USB sont reconnues nativement sans l'installation, comme sous Windows 98, d'un pilote spécifique à chacune d'elles.

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Avec une durée de vie très courte (il vallait mieux...), Windows Me est un laboratoire pour certaines technologies de Windows XP. La fonctionnalité de restauration système, permettant de ramener son ordinateur à une date antérieure fait ainsi sa première apparition sous Windows Me. Windows Me profite par ailleurs d'Internet Explorer 5.5 et du Windows Media Player 7.0. Le logiciel de montage vidéo Windows Movie Maker voit également le jour avec cette version. Esthétiquement, l'interface de Windows Me se veut calquée sur celle de Windows 2000 : même nuance de gris plus clair que sous Windows 95 et 98/98SE et même effet de mise en surbrillance des menus en cliquant dessus. Comment enfin ne pas refermer ce rapide paragraphe sur Windows Me sans évoquer l'instabilité effroyable de ce système qui plantait... plus vite que son ombre.

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La saga Windows NT

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Alors que Microsoft développe Windows sur le marché grand public et à destination des petites entreprises, le même Microsoft développe... Windows NT. Fruit du travail accompli sur OS/2, Windows NT voit le jour en 1993 dans sa version 3.1. Il s'agit alors du premier système d'exploitation totalement 32 bits de Microsoft, dépourvu de tout lien avec MS-DOS. Initialement, Windows NT devait fonctionner sur tout type (ou presque) d'architecture processeur.

C'est ainsi que là où Windows 3.xx et Windows 9x ne fonctionnent que sur des processeurs x86, Windows NT prend en charge l'architecture Intel bien sûr mais tourne aussi sur des processeurs PowerPC, Itanium, MIPS et Alpha. Parallèlement, Windows NT dispose d'un vrai multitâches préemptif avec la capacité d'arrêter une tâche en cours d'exécution pour en lancer une autre. De même, Windows NT profite d'un nouveau système de fichiers baptisé NTFS, le NT File System. Celui-ci est journalisé et sécurisé notamment.

Dans ses versions 3.1 et 3.5, Windows NT reprend l'interface graphique de Windows 3.1. Avec Windows NT 4.0, sorti en 1996, Microsoft propose la même interface graphique que Windows 95. Toutefois, à la différence de Windows 95, celle-ci se charge après un « bootloader » des plus spartiate s'affichant sur un écran bleu et récapitulant les caractéristiques techniques clés de la machine (nombre de processeurs, quantité de mémoire, etc).

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Dans sa dernière itération, Windows NT 4.0 Service Pack 6, l'ultime représentant de la lignée NT intègre Internet Explorer 4.0. Il s'agit toujours d'un OS 100% 32 bits même si certaines références sur l'Internet parlent de 128 bits par exemple. En réalité, jusqu'à Internet Explorer 5.5 le cryptage SSL pris en charge sous NT 4.0 était limité à... 56 bits. Il aura fallu attendre Internet Explorer 6.0, décliné dans une version pour Windows NT 4.0 pour profiter d'un cryptage SSL en 128 bits. A l'époque la législation française interdisait en effet à Microsoft de proposer des algorithmes de cryptage plus avancés, ceux-ci étant alors considérés comme ayant une nature militaire.

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Windows NT 4.0 Edition Terminal Server


Il est également amusant de rappeler que Windows NT 4.0 bien que dédié au monde professionnel intégrait certaines fonctionnalités du pack Plus ! pour Windows 95 (affichage des icônes avec toutes les couleurs, ou encore affichage des fenêtres lors de leur déplacement). Et comme sous Windows 95 le changement de certains paramètres d'affichage, pouvait nécessiter un redémarrage ! A noter... Windows NT 4.0 dans son édition Terminal Server ne propose aucun raccourci pour éteindre le système : à la place le menu démarrer propose simplement de « fermer la session » : c'est depuis le gestionnaire de session que l'on peut éteindre la machine.


Crédits musicaux : David Soltany / Playback Guillaume Ninon / www.davidsoltany.com



Windows 2000

Avec Windows 2000, Microsoft abandonne la dénomination « NT » et propose un système d'exploitation encore destiné aux professionnels. Démarré en août 1996, et dirigé par Jim Allchin, le projet Windows 2000 fut sur le plan du développement... catastrophique. Avec trois versions betas, 1800 testeurs, 900 développeurs et 450 gestionnaires de projet, Windows 2000 s'est avéré trop important, trop vaste et particulièrement difficile à gérer. Pourtant, Windows 2000 sort finalement le 17 février 2000.

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Basé sur un noyau NT en version 5.0, Windows 2000 inaugure une interface graphique légèrement remaniée par rapport à NT 4.0 (on la retrouvera par la suite dans Windows Me) et propose, outre un noyau largement plus stable que par le passé, diverses nouveautés dédiées avant tout à la gestion réseau. On retrouve dans Windows 2000 l'annuaire Active Directory pour la gestion des objets réseau, le module IIS qui fait office de serveur Web, la fonctionnalité Terminal Server pour l'ouverture de session à distance, etc. Techniquement si Windows 2000 est toujours un système d'exploitation 32 bits, il peut gérer plus de 1 Go de mémoire vive et fonctionne avec plusieurs processeurs. Il intègre pour la première fois Internet Explorer 5.0.

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Décliné en version professionnelle et serveur, Windows 2000 réussit à s'implanter dans le monde de l'entreprise en surpassant le fameux NetWare de Novell. En revanche, Windows 2000 ne parviendra pas à s'imposer face aux systèmes Unix, les éditions Advanced Server et Data Center n'ayant connu qu'un succès d'estime. En terme de support, Microsoft aura assuré le développement de quatre Service Pack successifs pour Windows 2000, le cinquième ayant été abandonné en cours de route.


Crédits musicaux : David Soltany / Playback Guillaume Ninon / www.davidsoltany.com

Windows XP : le meilleur des deux mondes ?

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Alors que Windows Me connaît de graves problèmes de stabilité, les early-adopters, cette catégorie de la population qui s'enflamme pour les nouvelles technologies, migre vers Windows 2000. Largement plus stable que Windows Me, Windows 2000 s'avère très vite dans sa version professionnelle être un OS de choix pour le particulier qui cherche la stabilité et la fin des installations et réinstallations successives de Windows pour cause de plantage. Problème... fort peu de pilotes sont disponibles pour Windows 2000 particulièrement en ce qui concerne les périphériques de type scanner ou imprimantes alors que les logiciels ne sont pas tous compatibles.

Bien conscient que Windows 9x vit ses dernières heures, Microsoft prépare activement son nouveau système d'exploitation client : Windows XP. Connu sous le nom de code Whistler, Windows XP se base largement sur le noyau de Windows 2000. Il voit le jour commercialement en octobre 2001, six mois après la sortie du Mac OS X 10.0 d'Apple, le premier système d'exploitation d'une nouvelle ère pour la firme à la pomme. Mais revenons-en à Windows XP qui apporte des changements significatifs grâce notamment à une nouvelle identité visuelle. Le bouton démarrer change tout comme le menu qui se veut plus accessible alors que le système propose des options avancées de personnalisation. Windows XP profite également de la version 6.0 d'Internet Explorer alors qu'il intègre pour la première fois MSN Messenger, dans une version baptisée Windows Messenger.

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Bill Gates tenant le CD de la version finale de Windows XP


Une version 6.0 d'Internet Explorer très ambitieuse à ses débuts, voit le jour. Elle est finalement largement émasculée en cours de développement du fait des critiques des observateurs. Microsoft avait en effet prévu d'intégrer à Internet Explorer 6.0 la technologie des « Smart Tags ». L'idée : offrir des raccourcis contextuels vers d'autres sites ou des logiciels pour faciliter l'utilisation d'Internet. Tollé unanime à l'époque puisque Microsoft était soupçonné d'utiliser à son seul profit cette technologie... Elle fut donc retirée à la dernière minute alors qu'elle vient de réapparaître sous le nom d'accélérateurs dans... Internet Explorer 8.0.

Les technologies DirectX pour le jeu sur PC sont bien sûr intégrées à Windows XP et l'on retrouve la fonctionnalité de restauration système inaugurée avec Windows Me et absente de Windows 2000. Windows XP gère les processeurs multi-cœurs et apparaît bien plus stable que les versions successives de Windows 9x pour le grand public. Il faut dire que Windows XP est le premier système client de Microsoft à ne plus être basé d'aucune manière sur MS-DOS. En prime, et comme sous Windows 2000, chaque application s'exécute dans son propre espace mémoire protégé : en cas de plantage seul l'espace mémoire utilisé par l'application en question est réinitialisé. Et pour ce qui concerne l'affichage, Windows XP est le premier système d'exploitation Microsoft à imposer une résolution minimale de 800x600 pixels !

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Microsoft Windows XP Professionnel


Windows XP c'est aussi le premier système d'exploitation Microsoft avec technologie d'activation : en vue de lutter contre le piratage et la contrefaçon Microsoft est en effet le premier éditeur à mettre en place à une aussi large échelle une telle technologie : le poste client n'est débloqué que si le serveur valide la clé utilisée pour l'installation. Cette technologie aura connu divers déboires et fera couler beaucoup d'encre. Depuis, on la retrouve dans toutes les versions de Windows.


Crédits musicaux : David Soltany / Playback Guillaume Ninon / www.davidsoltany.com


Parmi les nouveautés introduites par Windows XP, on trouve pour la première fois la prise en charge de la gravure sur disque optique (CD/DVD) ou encore l'inclusion de la version 8.0 du lecteur Windows Media Player. Il faudra attendre le premier Service Pack (ou un hotfix dédié) pour bénéficier de la prise en charge de l'USB 2.0 alors que la technologie Bluetooth sera gérée nativement par le Service Pack 2 de Windows XP. Et Windows XP d'améliorer la technologie STI introduite avec Windows 98 pour proposer le WIA : il s'agit là encore de faciliter l'interaction entre le système et les scanners et autres périphériques d'imagerie numérique.

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Windows XP; ici en version Service Pack 3 : Internet Explorer 6.0 et Windows Media Player 9


Windows XP : un vrai problème... de sécurité

Encensé pour sa stabilité, écoulé à plus de 400 millions de licence à travers le monde, et numéro un des systèmes d'exploitation pendant près de huit ans, Windows XP a pourtant connu de graves problèmes de sécurité. Diverses failles ont en effet permis de planter totalement de nombreux PC à travers le monde. On pense bien sûr au ver Blaster, à ses variantes et aux autres saletés du même genre comme Sasser notamment. Toutes ces attaques ont mis en avant la fragilité du système vis-à-vis des attaques propagées par l'Internet.

Résultat : Microsoft a profondément changé l'architecture de Windows XP avec le Service Pack 2 en modifiant le pare-feu d'une part mais aussi en introduisant une fonctionnalité de protection de la mémoire alors que la gestion des mises à jour système a également évoluée : celles-ci sont dorénavant téléchargées automatiquement par défaut.

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Windows XP et son centre de sécurité : un ajout du Service Pack 2


En parallèle, la firme de Redmond a mis en place de nouvelles procédures pour coder ses logiciels, alors qu'elle inaugure le patch Tuesday. Tous les seconds mardis de chaque mois, une fournée de patchs est proposée pour remédier aux différentes failles et vulnérabilités qui peuvent être découvertes.

Windows XP : de multiples éditions

Initialement commercialisé en version familiale et professionnelle, Windows XP a peu à peu été décliné en différentes versions par Microsoft. Il y eu d'abord Windows XP Tablet Edition pour les PC à écran tactile et stylet. Identique à Windows XP, cette version ajoute la reconnaissance de l'écriture cursive et divers outils facilitant l'usage de Windows au crayon.

Puis Microsoft a conçu Windows XP Media Center Edition : une version de Windows incluant des fonctionnalités de réception et d'enregistrement de la télévision hertzienne en plus d'offrir une interface plein écran pour la lecture de contenu multimédia (DVD, vidéo et musique). Trois éditions de Windows XP Media Center Edition furent proposées : Windows XP Media Center Edition, Windows XP Media Center Edition 2004 et Windows XP Media Center Edition 2005.

Et Microsoft de proposer également Windows XP x64 , la première mouture 64 bits de Windows développée pour les extensions 64 bits d'AMD. L'audience de cette version spécifique de Windows, commandée spécialement par AMD diront les mauvaises langues, sera plus que réduite alors qu'elle ne verra jamais le jour dans le commerce.

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Windows XP dans sa mouture 64 bits

Windows Vista : chronique d'un échec annoncé

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Nom de code : Longhorn. Lancé en janvier 2006, une date inhabituelle pour une sortie de système d'exploitation Microsoft, Windows Vista fut un retentissant échec. Fruit d'une gestation douloureuse de plus de cinq longues années, Windows Vista a subit une réinitialisation de son développement au cours de laquelle nombre des promesses de Microsoft à son égard ont été abandonnées. La plus emblématique étant l'arrivée d'un nouveau système de fichiers, le WinFS, qui à ce jour est resté dans les cartons. Windows Vista est aussi le premier système d'exploitation Microsoft développé en parallèle avec sa version serveur : Windows Server 2008.

Pour autant, le système d'exploitation n'est pas intrinsèquement mauvais, la meilleure preuve étant qu'il sert aujourd'hui de base à Windows 7. Par rapport à Windows XP, Windows Vista introduit un nouveau noyau et une nouvelle architecture : des pans entiers du système d'exploitation sont donc revus, corrigés et réécrits entrainant d'évidents problèmes de comptabilité. Une fois de plus largement en retard sur son cycle de développement, Microsoft a bousculé la sortie de Windows Vista avec le risque avéré de proposer un système d'exploitation présentant de multiples défauts de jeunesse, pour le dire pudiquement. Il faut reconnaître qu'avant la sortie du premier Service Pack, Windows Vista était (presque) un cauchemar au quotidien : lenteurs de copie de fichiers sur le réseau ou sur les disques externes, lenteur au démarrage, indexation des fichiers faisant mouliner les disques durs, fonctionnalités comme le contrôle des comptes utilisateurs trop intrusives, etc.

Le pire bien sûr étant l'inadéquation totale de l'écosystème à Windows Vista lors de son lancement. Du fait de la nouvelle architecture graphique, les premiers cartes sons, cartes réseaux, etc. Le temps que Microsoft corrige les défauts de jeunesse de Vista et que ses partenaires se mettent à développer des pilotes convenables pour Windows Vista... le mal était fait.

Parmi les nouveautés fondamentales introduites par Windows Vista, il faut signaler un module d'installation entièrement revu qui peut dorénavant s'exécuter depuis un périphérique USB alors qu'il peut lire le contenu de clés USB au moment de l'installation (pratique pour ajouter de nouveaux pilotes). Windows Vista profite d'une nouvelle architecture graphique et d'une toute nouvelle version de DirectX, DirectX 10, faisant table rase du passé. L'interface graphique fait appel à la puce graphique et pour profiter de tous les effets d'Aero, il faut disposer au minimum d'une puce graphique DirectX 9.0. Une exigence matérielle bien trop ambitieuse à la sortie de Windows Vista.

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Quelques captures de Windows Vista


Avec Windows Vista, Microsoft revoit également l'architecture de sa couche réseau mais aussi le moteur de gestion audio. Parmi les changements significatifs, on note aussi l'inclusion d'un moteur d'indexation des fichiers, qui causera des problèmes de performance dans les premières versions, ou encore l'arrivée de la fonction de contrôle de compte, censée sécuriser le système alors qu'elle le rend simplement exaspérant.
Peut être plus important encore, Windows Vista est la première version grand public de Windows à être proposée à la fois en édition 32 et 64 bits, cette dernière n'étant plus marginalisée. Si au lancement de Windows Vista, la mouture 64 bits présentait un certain nombre de problèmes de compatibilité, ceux-ci se sont réglés au fil de l'eau, au fur et à mesure que les fabricants et autres éditeurs de logiciels ont intégré l'édition 64 bits à leurs feuilles de route.

Windows 7 : le renouveau

Etant donné que Windows 7 vient de voir le jour, et qu'il a fait l'objet d'un article largement documenté dans nos colonnes (voir notre test de Microsoft Windows 7), nous ne reviendrons pas dans le détail sur ses qualités. On signalera simplement que Windows 7 n'est pas la septième version de Windows et qu'il se base largement sur Windows Vista. On pourrait même dire que Windows 7 est ce que Windows Vista aurait dû être à son lancement. En tout état de cause, et à défaut de nouveauté technologique majeure, Windows 7 permet à Microsoft de se réconcilier avec ses utilisateurs via un système performant, réactif et agréable à utiliser au quotidien. Qui plus est et bien qu'utilisant le même noyau légèrement modifié de Windows Vista, Windows 7 fonctionne sur toutes les machines existantes, y compris les netbooks. Tout le contraire de Windows Vista en somme ?

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Souvenirs, souvenirs !

En réinstallant les anciennes versions de Windows, pré-requis nécessaire à cette rétrospective, nous nous sommes aperçus que beaucoup de choses avaient évolué dans le mécanisme d'installation de Windows, et ce dans le bon sens du terme ! Ainsi, à l'époque de Windows 3.1, il fallait d'abord installer MS-DOS, sur trois disquettes pour la version 6.22, puis Windows 3.1 par-dessus. Assez simple au demeurant.

Avec Windows 95 (et suivant), les choses se compliquent ! Le CD-ROM d'installation n'est en effet pas amorçable : il faut passer par une disquette de démarrage qui va charger les pilotes du dit lecteur de CD sous DOS : alors seulement on peut lancer l'installation de Windows. Et encore : il faudra s'assurer qu'une partition existe bien sur le disque dur car à l'inverse de la génération NT, le module d'installation des Windows 9x, ne comporte aucun outil de préparation du disque dur.

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Les écrans d'installation de Windows à travers les âges


Moderne, Windows 2000 est proposé sur un CD-ROM amorçable, tout comme Windows XP. Les deux systèmes intègrent des outils de partitionnement du disque dur en mode texte. Il faut passer à Windows Vista pour trouver un outil de partitionnement graphique et la prise en charge des lecteurs USB au moment de l'installation : pratique pour ajouter un pilote de périphérique stocké sur une clé USB par exemple !

Conclusion

Voilà qui clôture notre tour d'horizon des deux dernières décennies de Windows. Bien sûr nous avons ici pris quelques libertés et raccourcis, le but étant de présenter de manière synthétique les évolutions successives du système d'exploitation le plus utilisé au monde. Alors que Microsoft revendique en 2009 un milliard d'utilisateurs de Windows sur la planète, la firme annonçait en 1993, à l'époque de Windows 3.xx avoir écoulé 25 millions de licences. De Windows 1.0 à Windows 7, les changements et évolutions sont profonds, pourtant quelques points communs subsistent entre toutes les versions de Windows : une interface graphique pilotée à la souris avec... des fenêtres !

Globalement, l'histoire de Windows est jalonnée de succès mais aussi d'échecs ou de tâtonnements. Parmi les échecs il y a bien sûr des versions largement critiquées à leur époque, comme Windows Me, ou alors des virages technologiques mal négociés : pourquoi avoir gardé artificiellement en vie MS-DOS aussi longtemps ? Il y a également l'échec à anticiper certaines métamorphoses de l'environnement informatique : Windows XP, aussi excellent soit-il, en a largement souffert. Les développeurs de Microsoft n'ont pas pris en compte des problématiques de sécurisation pourtant assez basiques. Résultat, de nombreuses attaques ont tiré parti des faiblesses de Windows XP obligeant Microsoft à revoir sa copie avec le Service Pack 2. Inversement, Microsoft a souvent pêché par orgueil n'écoutant que peu ou pas du tout ses utilisateurs : Windows Vista en est la preuve. En faisant la sourde oreille aux demandes légitimes de ses utilisateurs, Microsoft se les est finalement aliéné au point de ternir à jamais l'image de Windows Vista.

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Naturellement, avec une base d'utilisateurs qui se compte en centaine de millions, les échecs de Microsoft sont toujours relatifs puisque le géant des logiciels arrive tout de même à écouler des millions de licence à chaque nouvelle version de Windows même lorsque celle-ci n'est pas franchement renversante. Il sera bon d'observer à l'avenir la progression des systèmes d'exploitation du libre, mais aussi les évolutions de MacOS X, le système d'Apple. Quant à Windows, il poursuivra son petit bonhomme de chemin et la prochaine étape semble être celle d'une refonte totale du noyau pour obtenir un composant ultra léger, portable, et fonctionnant sur toutes les plate-formes en offrant des fonctionnalités de base.

Galerie de captures

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Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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