Les datacenters dans le viseur. En Europe, de nombreuses organisations protestent contre le développement de nouveaux datacenters dédiés à l'IA, laissant planer une question sur la souveraineté de nos données.

La construction de datacenters en étau entre souveraineté numérique et risques pour l'environnement. ©Matthew G Eddy / Shutterstock
La construction de datacenters en étau entre souveraineté numérique et risques pour l'environnement. ©Matthew G Eddy / Shutterstock

Plus d’une centaine d’organisations réparties dans quinze pays européens s’unissent pour demander l’instauration d’un moratoire immédiat sur le développement des nouveaux datacenters dédiés à faire fonctionner les services d'intelligence artificielle. Cette initiative, nommée « Stop Dirty Data Centres », initiative vise à suspendre temporairement ces constructions afin de donner aux gouvernements le temps d’évaluer leurs retombées environnementales, économiques et sociales.

Pas d'annulation globale, mais un cadre strict

Le collectif n’appelle pas à l’annulation définitive de l’ensemble des projets, il souhaite en revanche qu'un cadre strict soit établi en amont. Lequel regrouperait les cadres réglementaires, environnementaux et d'urbanisme. Si des démarches similaires ont déjà été observées aux États-Unis, elles ont conduit à des moratoires, notamment dans l'État de New-York.

Pour appuyer ses revendications, le groupe prévoit des rassemblements les 6 et 7 novembre 2026 dans huit pays : le Royaume-Uni, l’Irlande, la Pologne, le Danemark, la Finlande, l’Espagne, les Pays-Bas et la France. L’initiative compte parmi ses soutiens Greenpeace UK, plusieurs antennes locales des Amis de la Terre (Friends of the Earth) et la branche d'Extinction Rebellion à Bristol.

Plus de transparence demandée

Les militants demandent également une transparence accrue aux promoteurs concernant l'empreinte environnementale et le fonctionnement de ces infrastructures. L’organisation affirme que la prolifération de ces sites dans les villes a des impacts sur la vie locale, l’emploi, le coût de l’énergie, les réserves en eau, la santé mentale, la surveillance et la gestion des déchets électroniques.

Elle reproche également aux grandes entreprises du secteur technologique d’exercer un lobbying auprès des pouvoirs publics pour accélérer les chantiers et d'opérer dans le secret.

Face à ces contestations, les perspectives de développement restent toutefois importantes. Au Royaume-Uni, le gouvernement estime qu’une capacité additionnelle de 6 gigawatts (GW) dédiée aux centres de données d’IA sera nécessaire d’ici la fin de la décennie.

Pour encadrer ce secteur, les autorités britanniques ont mis en place le « Data Center Covenant », une charte exigeant que les futurs projets financent leur propre consommation d'énergie, soutiennent l'emploi local, investissent au bénéfice des communautés riveraines, respectent des normes environnementales rigoureuses et contribuent à la sécurité nationale.

Cependant, une autre question se pose, celle de la souveraineté des données. Face à des géants chinois et américains, ne vaut-il mieux pas que les données des utilisateurs soient stockées en France ou au moins en Europe ?

Source : TechRadar