Le Bluetooth franchit une nouvelle étape avec l'adoption officielle du High Data Throughput (HDT), une technologie capable d'atteindre 7,5 Mbit/s. De quoi ouvrir la voie à un standard commun pour l'audio sans perte et haute résolution. Mais les premiers appareils compatibles ne sont pas encore là.

Avec le Bluetooth HDT, les futurs casques et écouteurs sans fil pourront profiter de débits atteignant 7,5 Mbit/s, à condition d'intégrer le matériel compatible. © eRHa Lens / Shutterstock.com
Avec le Bluetooth HDT, les futurs casques et écouteurs sans fil pourront profiter de débits atteignant 7,5 Mbit/s, à condition d'intégrer le matériel compatible. © eRHa Lens / Shutterstock.com

Ce mercredi 4 novembre, le Bluetooth Special Interest Group (SIG), l'organisme chargé de faire évoluer la norme, a officialisé l'adoption du High Data Throughput, ou HDT. Une évolution qui doit permettre aux futurs appareils Bluetooth de transmettre davantage de données, avec des perspectives particulièrement intéressantes pour l'audio sans fil.

Nous évoquions déjà cette technologie mi-octobre, lorsque le Bluetooth SIG avait présenté son calendrier au Japon. Cette fois, le HDT est officiellement intégré à la spécification Bluetooth Core 7.0, même si sa prise en charge reste facultative pour les fabricants.

Jusqu'à 7,5 Mbit/s, et de nouvelles possibilités pour l'audio

Pour résumer, le HDT introduit une nouvelle couche physique de transmission pour le Bluetooth Low Energy (LE). Il promet un débit maximal de 7,5 Mbit/s, contre 2 Mbit/s avec le mode actuel. Un débit près de quatre fois supérieur donc, même si la comparaison ne vaut que pour le LE : le Bluetooth Classic, sur lequel reposent notamment LDAC et aptX, atteint déjà 3 Mbit/s bruts.

Pour comprendre l'intérêt de cette évolution, un flux audio stéréo de qualité CD non compressé représente environ 1,4 Mbit/s, contre 4,6 Mbit/s en 24 bits/96 kHz. Le HDT pourrait donc ouvrir de nouvelles possibilités pour l'audio sans perte et haute résolution, sans dépendre des solutions propriétaires actuelles.

Le Bluetooth SIG met également en avant une meilleure efficacité énergétique : en transférant davantage de données en moins de temps, la radio pourrait rester moins longtemps active et réduire sa consommation.

Attention toutefois : les 7,5 Mbit/s représentent un débit maximal de transmission, pas un débit audio garanti. Le HDT prévoit cinq paliers, à 2, 3, 4, 6 et 7,5 Mbit/s, permettant d'adapter la connexion aux conditions radio. Les deux modes les plus rapides sont même facultatifs pour les fabricants. À 4 Mbit/s, par exemple, un flux stéréo 24 bits/96 kHz non compressé ne pourrait pas être transmis tel quel. Le choix du codec restera donc déterminant.

Pas de mise à jour miracle pour les appareils actuels

Si la technologie est désormais adoptée, le standard audio qui doit en tirer parti reste attendu en 2027. Il faudra donc patienter avant de voir arriver les premiers casques, écouteurs et smartphones capables de l'exploiter pleinement.

Le HDT nécessite par ailleurs des composants compatibles aux deux extrémités de la connexion. Les appareils actuels ne devraient donc pas pouvoir en profiter par une simple mise à jour logicielle. Et puisque cette fonction est facultative, la mention Bluetooth Core 7.0 ne suffira pas à garantir sa présence.

Les bénéfices pourraient également dépasser l'audio. Le Bluetooth SIG évoque les applications de réalité étendue, les appareils intégrant de l'IA et les objets connectés. Le fabricant de puces Nordic Semiconductor imagine notamment des montres capables de synchroniser leurs données beaucoup plus rapidement ou des lunettes intelligentes échangeant davantage d'informations avec un smartphone.

L'étape technique est donc franchie, mais pour le moment difficile de dire combien de fabricants adopteront réellement le HDT et jusqu'à quel débit leurs appareils pourront monter.