Et si la conduite autonome changeait la forme même de nos voitures ? RJ Scaringe, le patron de Rivian, assure que l’automobile va subir une profonde mutation.

La Rivian R2. ©kensocal7 / Shutterstock
La Rivian R2. ©kensocal7 / Shutterstock

Le constructeur américain, connu pour ses pick-up et SUV pensés pour l’aventure, a lancé en juin le R2, une voiture plus compacte et plus abordable. Et son modèle commence à porter ses fruits après des années de pertes : Rivian a livré 19 248 véhicules au troisième trimestre, un record, soit environ 46 % de plus qu’un an plus tôt. 

RJ Scaringe, son fondateur et P.-D.G de Rivian, s’est justement exprimé il y a quelques jours lors du TechCrunch Disrupt, grande conférence américaine consacrée aux nouvelles technologies. Ses prédictions sont fascinantes. 

Des « expériences radicalement différentes »

Il a en effet expliqué à TechCrunch que l’autonomie permettrait à son entreprise de construire des « expériences radicalement différentes ». Le dirigeant se dit « follement enthousiaste « à l’idée de ce que les dix prochaines années vont rendre possible dans le secteur, et il est même prêt à repousser la rentabilité de Rivian pour y parvenir.

L’enjeu dépasse le simple confort de conduite. Si la voiture n’a plus besoin d’être pilotée, ses concepteurs n’ont plus à respecter les codes actuels de l’automobile, « on imagine les formats que l’on veut construire pour un véhicule autonome », étaye-t-il. Selon lui, cela « ouvre toutes sortes d’opportunités de design ».

Et Scaringe s’oppose directement à Tesla : il ne croit pas à un monde où tout le monde laisserait sa voiture au garage pour appeler un robotaxi. Même si les voitures savent un jour conduire seules sur certains trajets, il estime peu probable que les habitudes changent radicalement. Reste à voir à quoi ressembleront ces voitures personnelles et autonomes.

Des concepts, mais c’est tout

Mais ce concept n’est pas nouveau. Il y a dix ans, constructeurs automobiles et spécialistes de la conduite autonome annonçaient que les voitures sans conducteur, associées aux moteurs électriques plus simples et moins encombrants que les moteurs thermiques, feraient naître des formes de véhicules inédites. 

Quand Mercedes présentait une cabine en forme de bulle, Toyota imaginait des « salons sur roues » tandis que Hyundai dévoilait une voiture dotée de pattes. Aucun de ces projets n’a dépassé le stade du prototype : l’autonomie a demandé bien plus de temps que prévu, et lancer une toute nouvelle catégorie de véhicule s’est révélé bien plus compliqué. Les robotaxis, eux, sont bien là, même s’ils doivent encore faire face à des défis.

De son côté, le système de conduite autonome de Rivian permet aujourd’hui de lâcher le volant, à condition de continuer à surveiller la route. D’ici à la fin de l’année, il doit être capable de mener une voiture d’un point de départ à une destination sans intervention, toujours sous le contrôle du conducteur. La véritable autonomie devrait arriver en 2028, avec la version robotaxi de la R2.