Le groupe russe Yandex a annoncé hier l'arrêt complet de son data center de Vladimir, endommagé par un drone ukrainien. Aucun blessé n'est signalé, mais plusieurs de ses services sont inaccessibles.

C'est le troisième site de Yandex visé en quelques jours, après Sasovo jeudi et Kaluga vendredi. L'entreprise, parfois présentée comme le "Google russe", fournit à des millions de personnes des services de navigation, de streaming ou encore de livraison de repas, et son cloud héberge les services de nombreuses sociétés.
Des clients privés de leurs serveurs, et parfois de leurs sauvegardes
Sur Telegram, Yandex indique que les opérations à Vladimir sont "complètement suspendues" et que la configuration restante est jugée instable. Il recommande à ses clients d'activer leurs plans de reprise après sinistre, des procédures prévues pour basculer vers d'autres serveurs. NetBlocks relevait dimanche matin 80% de connexions fonctionnelles vers les serveurs de Yandex, et 30% vers Yandex Cloud.
Le dirigeant de l'application de rencontres Pulse a expliqué à Reuters que personne ne peut s'y connecter depuis jeudi. Il n'arrive pas non plus à joindre sa sauvegarde, hébergée chez Yandex Cloud. Toute tentative de restauration renvoie une erreur. Il n'a pas de confirmation d'une perte de données, mais juge la situation sérieuse. Yandex dit avoir passé un accord avec d'autres fournisseurs pour que ses clients migrent plus vite.
Le centre de données de Sasovo héberge aussi l'IA du groupe. Yandex indiquait en 2021 que ce site abrite deux de ses trois supercalculateurs, bâtis sur des puces Nvidia A100 et utilisés pour entraîner son modèle YandexGPT. Le groupe n'indique pas si ces machines ont été touchées. Après la frappe de Kaluga, l'action a perdu plus de 4% à la Bourse de Moscou. Une analyste de T-Investments estime que Yandex peut répartir la charge sur ses autres sites, mais que cette marge disparaîtrait si les attaques continuaient. Le groupe en exploite cinq, dont trois ont donc été touchés.
L'Ukraine présente ces frappes comme une réponse à celles de la Russie contre des data centers ukrainiens. Fin septembre, Moscou a visé notamment ceux de Vodafone Ukraine et de Cosmonova, ainsi que le siège de Kyivstar. Pour Volodymyr Zelensky il ne s'agit ni plus ni moins que d'une riposte à de précédentes attaques. Reuters rapporte qu'une de ces attaques a privé temporairement 100 000 foyers d'Internet et que l'Ukraine déplace une partie de ses infrastructures numériques sous terre. De son côté, le fabricant ukrainien Firepoint affirme que Kiev a utilisé ses drones FP-1 à usage unique contre Kaluga.

