Scott Jenson a créé le groupe Interface chez Apple dans les années 1980 avant de diriger l'expérience mobile de Google pendant cinq ans. Dans une conférence publiée par la communauté KDE, il estime qu'Apple comme Microsoft ont arrêté d'améliorer l'ergonomie de leur système pour les utilisateurs. Liquid Glass vise à unifier un écosystème rapprochant macOS de l'iPhone, tandis que Windows cumule les décisions contestées.

macOS : Liquid Glass au service de l'écosystème, pas du bureau
Chez Apple, Jenson s'en prend à Liquid Glass, cette refonte visuelle qui joue sur la transparence avec des effets de verre dépoli. Pour l'expert, l'interface ne répond à aucun besoin propre de l'ordinateur de bureau. Visuellement et fonctionnellement, elle sert à rapprocher le Mac de l'iPhone. L'homme critique aussi les nouvelles fonctions destinées à solidifier les liens entre les appareils Apple. Selon lui, elles ne font que renforcer le fameux jardin clos d'Apple. Chaque fonction qui lie les appareils entre eux rend le départ vers la concurrence plus difficile.
Chez Apple, Jenson a travaillé sur les Human Interface Guidelines, autrement dit, le référentiel qui régit la cohérence des interfaces de la marque, sur Mac System 7, une version historique du système, puis sur le Newton, la tablette avant l'heure.
Si Jenson estime que la cohérence entre les plateformes peut être utile, il avance qu'Apple privilégie la cohésion de son écosystème plutôt au détriment de l'ergonomie et sans prendre en compte les usages du bureau.
Windows : OneDrive, Recall et publicités
Jenson est encore plus sévère avec les choix de Microsoft. Il cite l'usage imposé de OneDrive, le service de stockage en ligne de l'éditeur ; le lancement raté de Recall, la fonction de Windows qui enregistre l'activité de l'utilisateur pour la rendre consultable ; et les "publicités partout". Selon lui, ces trois problèmes différents ont tous les mêmes points communs : le cloud, l'intelligence artificielle et les revenus publicitaires. Et tous passent avant l'expérience utilisateur.
Durant sa conférence, Jenson partage une anecdote personnelle : il a passé un entretien chez Microsoft vers 2018 pour prendre la tête de l'expérience utilisateur de Windows. C'était en plein cycle de Windows 10. Lui défendait déjà l'idée que le bureau devait évoluer, mais sans changer les habitudes de centaines de millions d'utilisateurs et avec un arbitrage entre continuité et progrès. De son côté, Microsoft expérimentait déjà des interfaces inspirées du mobile, lesquelles sont arrivées plus tard dans Windows 11 en 2021.