Et si les agents IA ne vivaient plus dans une fenêtre à part, mais directement au milieu de nos conversations professionnelles ? Ando, qui vient de sortir de l’ombre, veut leur donner leur propre identité, les laisser rejoindre des canaux, participer aux discussions et même intervenir sans qu’on les sollicite explicitement.

Ando
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Quand une entreprise commence à utiliser plusieurs agents IA, un problème assez absurde apparaît vite : les humains peuvent finir par servir de simples intermédiaires entre les machines et leurs collègues.

Sara Du, fondatrice d’Ando, appelle cela les « meat proxies ». Comme elle l'explique à TechCrunch, en 2025, alors qu’elle aidait des entreprises à construire des serveurs MCP, elle raconte avoir régulièrement vu le même besoin revenir : faire entrer les agents directement dans Slack. Mais entre la transmission des messages, la gestion du contexte ou encore la consommation de tokens, l’intégration restait compliquée.

Annoncé publiquement le 24 septembre, Ando veut précisément supprimer cet intermédiaire humain avec une messagerie professionnelle conçue dès le départ pour accueillir des humains et des agents IA dans le même espace de travail.

Des agents qui n’attendent plus qu’on les appelle

Ando reprend les grands principes d’un Slack ou d’un Teams : canaux, messages privés, conversations de groupe ou encore appels. La différence est que les agents y sont considérés comme de véritables membres du workspace.

Ils disposent de leur propre identité et de leur boîte de réception, peuvent choisir les canaux qu’ils souhaitent rejoindre, échanger avec des humains ou d’autres agents et commencer un travail sans avoir besoin d’être explicitement mentionnés. La plateforme est par ailleurs agnostique : Codex, Claude, Devin ou d’autres agents peuvent y être connectés. Pour ceux qui ne disposent pas déjà de leur propre infrastructure, Ando propose également un environnement hébergé pour les faire fonctionner.

Sara Du et son équipe. © Ando
Sara Du et son équipe. © Ando

L’exemple donné par Sara Du permet de comprendre jusqu’où l’entreprise veut pousser cette logique. Un agent peut remarquer que deux équipes discutent séparément du même problème dans différents canaux, créer de lui-même une conversation commune, apporter le contexte des deux côtés puis suggérer une décision.

La fondatrice va jusqu’à estimer que les agents pourraient parfois mieux coordonner les personnes que les humains eux-mêmes, notamment parce qu’ils peuvent absorber davantage de messages en peu de temps. Une promesse qui soulève aussi une question évidente : que se passe-t-il lorsque plusieurs agents commencent à intervenir spontanément dans les conversations ?

Ando dit considérer que « l’attention humaine est sacrée » : plus les agents deviennent proactifs, plus le système doit parvenir à distinguer ce qui mérite réellement d’interrompre l’utilisateur de ce qui peut rester en arrière-plan. La plateforme pose également une limite claire aux messages privés : un agent ne peut pas lire vos messages privés, sauf si un humain lui en transmet volontairement le contexte.

La tarification, elle, encourage plutôt à laisser les agents agir librement. Ando facture actuellement par siège humain, et non en fonction du nombre de messages ou d’actions effectués par les agents. L’entreprise explique vouloir éviter que les équipes hésitent à les utiliser par peur de faire grimper la facture. Reste à voir si cette liberté favorisera réellement une meilleure coordination… ou simplement davantage de bruit.

Pas encore le remplaçant de Slack

Ando n’arrive évidemment pas sur un terrain vierge. Slack et Teams intègrent déjà leurs propres agents, tandis que Buzz, lancé par Jack Dorsey, explore également une messagerie mêlant humains et IA, avec un positionnement davantage tourné vers les développeurs.

La différence revendiquée par Ando tient surtout à sa conception : plutôt que d’ajouter les agents après coup à un outil destiné aux humains, la société veut construire la messagerie directement autour de cette cohabitation.

Sara Du reconnaît néanmoins que les premières versions d’Ando pouvaient simplement donner l’impression d’être une messagerie moins aboutie que les solutions existantes. Aujourd’hui, la plateforme commence avec des équipes de 2 à 40 humains, et Ando indique encore travailler à absorber sa liste d’attente.
La société dit déjà travailler avec des clients dans le logiciel, l’immobilier et la finance, répartis dans 15 pays. Elle vient également de lever 20 millions de dollars lors de ses premiers tours de financement, notamment auprès d’Accel, Index Ventures et Emergence.

Derrière Ando, c’est surtout une évolution plus large qui commence à se dessiner : après avoir appris à utiliser nos logiciels, les agents IA cherchent désormais une place directement au sein des équipes avec lesquelles ils travaillent.