Une gravure en 2 nm et des fréquences de fonctionnement de 5 GHz, les Snapdragon 8 Elite Extreme Gen 6 et Elite Gen 6 font parler la poudre.

La Gen 6 des Snapdragon profite notamment de la gravure N2 de TSMC. © Qualcomm
La Gen 6 des Snapdragon profite notamment de la gravure N2 de TSMC. © Qualcomm

Évoquée dès le mois de juillet, la gamme Snapdragon 8 Elite Gen 6 a été officialisée par Qualcomm à l'occasion de son événement annuel, le Summit 2026. Une fois n'est pas coutume, ce sont toutefois deux puces qui ont été présentées en même temps. Deux processeurs haut de gamme pour des mobiles toujours plus puissants.

Deux puces sinon rien !

Souvenez-vous, en juillet dernier, nous annoncions l'arrivée prochaine de la nouvelle génération de puces Snapdragon signées Qualcomm. La 8 Elite Gen 6 était alors pressentie pour une gravure en 2 nm, des performances nettement en hausse, mais aussi et surtout, une consommation en baisse.

Qualcomm n'aura donc pas trop tardé pour révéler au monde cette huitième génération de processeurs à destination du marché mobile. Plus surprenant en revanche, ce sont deux puces qui ont été dévoilées à l'occasion du Summit 2026, les Snapdragon 8 Elite Extreme Gen 6 et Snapdragon 8 Elite Gen 6. De quoi couper l'herbe sous le pied de ses concurrents et insister sur le fait que même dans le haut de gamme, il y aura plusieurs catégories de smartphones.

Deux puces, mais des logos très similaires et une mention claire du « Extreme ». © Qualcomm

Si Qualcomm justifie ce double lancement par le besoin de produits davantage différenciés, on ne peut pas dire que la marque nous aide beaucoup dans l'identification de ses puces. Avant d'évoquer les détails techniques, la firme a effectivement dévoilé les logos de ses composants : le dessin est le même, le lettrage est identique et, simplement, la version Extreme dispose d'un encadré plus fort pour marquer la différence.

Peut-être que les fabricants de smartphones mettront davantage en avant l'appartenance de leur modèle à telle ou telle catégorie, mais on peut d'ores et déjà parier sur un certain flou et le besoin, pour les futurs clients, d'être très attentifs sur le modèle de CPU effectivement intégré au portable.

Qualcomm se tourne vers le 2 nm de TSMC

Au-delà de cette mise en garde, ce sont les caractéristiques techniques qui, bien sûr, nous intéressent avec cette nouvelle gamme. D'emblée, et Qualcomm ne s'est pas fait prier pour le rappeler : la firme rejoint les meilleurs en adoptant la finesse de gravure N2 de TSMC.

Le 2 nm en bonne place sur la fiche technique des nouvelles puces. © Qualcomm

Rappelons ici que, bien souvent, cette technologie est baptisée « 2 nm », mais que ces valeurs n'ont plus guère de signification sauf à rappeler les progrès réalisés depuis la génération précédente. Les fondeurs mesurent les choses un peu comme ils l'entendent, mais du côté de Qualcomm cela souligne tout de même un sérieux pas en avant après deux générations passées sur la finesse de gravure N3 de TSMC.

En basculant ainsi vers le N2, Qualcomm rejoint la plupart des grands noms de la puce pour smartphone, que ce soit Apple (A20 Pro), MediaTek (Dimensity 9600 Pro) du côté de TSMC ou Samsung avec son Exynos 2600. Vous le savez sans doute, une plus haute finesse de gravure entraîne de multiples bénéfices, même si cela renchérit forcément le coût de la puce. Dans le cas présent, le principal intérêt pour Qualcomm est une consommation optimisée.

Des cœurs CPU capables d'atteindre 5 GHz

C'est maintenant une habitude – qui n'est d'ailleurs pas propre à Qualcomm –, la plongée dans les détails techniques débute par un petit tour du côté de la partie CPU du Snapdragon 8 Elite Gen 6.

Schéma des nouvelles puces Snapdragon 8 Elite Gen 6. © Qualcomm

Un CPU qui prend bien sûr la forme d'un bloc spécifique au sein de ce que l'on appelle le SoC (system on a chip) puisque les puces smartphone sont, depuis déjà bien longtemps, des composants tout intégrés avec le CPU bien sûr, mais aussi le GPU, le NPU, les entrées/sorties et la RAM. Nous aurons évidemment l'occasion d'y revenir. Sans surprise, chez Qualcomm, les cœurs CPU sont des Oryon, mais il s'agit ici de la gen 4 de ces cœurs dont la disposition ne change pas : deux cœurs Prime et six cœurs Performance pour un total de huit.

Des cœurs qui fonctionnent toujours de pair avec la mémoire cache. Il est ici question d'un total de 16 Mo de cache dit unifié – il est partagé entre tous les cœurs – que Qualcomm baptise Oryon Flex Cache. Rien de bien révolutionnaire pour le moment. Là où les choses changent tout de même un peu, c'est au niveau de la fréquence. Qualcomm profite de la gravure N2 pour faire grimper encore les chiffres avec un maximum de 5 GHz à comparer aux 4,6 GHz de la génération précédente, l'année dernière.

Jusqu'à 5 GHz sur les cœurs Prime, les plus puissants. © Qualcomm

Notez que ces 5 GHz valent pour les cœurs Prime seulement, mais les cœurs Performance profitent aussi d'un coup de boost, proportionnellement même un peu plus important encore : on passe effectivement de 3,6 GHz à 4 GHz. Qualcomm en profite donc pour annoncer « le premier CPU mobile à atteindre les 5 GHz » et aussi « le CPU mobile le plus rapide », jouant une fois encore sur l'amalgame fréquence/vitesse.

Adreno Neural Fusion : le renouveau du GPU

Tout porte à croire que ces changements de fréquence sont les principales nouveautés sur la partie graphique, le GPU, des nouveaux Snapdragon 8 Elite Gen 6. Toujours baptisé Adreno et sans la moindre référence supplémentaire, ce GPU n'est pas particulièrement mis en avant par Qualcomm.

Côté GPU, la mémoire HPM doit améliorer l'efficacité énergétique. © Qualcomm

En tout cas, pour tout ce qui concerne l'aspect architecture. Là, nous n'avons aucune dénomination de cœurs, en tout cas pour le moment, et l'attention de la firme se focalise donc sur les fréquences : on parle de 1,45 GHz au maximum sur le Snapdragon 8 Elite Extreme Gen 6 quand il n'était question « que » de 1,2 GHz sur la génération précédente. Aucun changement apparent sur la mémoire accessible à ce GPU qui profite de 18 Mo d'une mémoire dite HPM pour High Performance Memory.

Il y a tout de même une nouveauté, mais elle est réservée à la seule version Extreme du Snapdragon 8 Elite Gen 6. Il s'agit de ce que Qualcomm baptise l'Adreno Neural Fusion. De manière schématique, c'est une technologie dont l'objectif est d'améliorer le rendu graphique. Un peu à la manière du DLSS de NVIDIA, Qualcomm associe une mise à l'échelle à une technique de génération d'images afin de profiter d'une définition plus importante et d'une fluidité améliorée sans surcharger de calculs le GPU.

Le Neural Fusion semble devoir être LA nouveauté graphique pour Qualcomm. © Qualcomm

Bien sûr, l'intelligence artificielle s'invite à la fête et Qualcomm souligne que grâce à cela, il est possible d'atteindre jusqu'à 40 % d'économies d'énergie, au moins sur les démos techniques présentées par la firme. Notons toutefois que la technologie devra être prise en charge par les développeurs, Qualcomm annonce pour le moment l'intégration de son Neural Fusion aux moteurs graphiques Messiah, Unity et Unreal.

L'IA agentique au centre du NPU

Troisième et dernière partie « essentielle » des SoC Snapdragon 8 Elite Gen 6, le NPU profite de davantage de nouveautés que les deux précédentes unités évoquées, le CPU et le GPU.

Le NPU Hexagon insiste sur les agents IA. © Qualcomm

Pourtant, le nom ne change pas et Qualcomm garde donc le terme d'Hexagon sans, non plus, ajouter la moindre référence pour rendre compte des progrès réalisés. Pourtant, des progrès, il y en a, à commencer par une réorganisation de la puce. Qualcomm annonce la présence de 20 « unités » : douze scalaires, huit vectorielles, une tensorielle et un dernier bloc, nouveau, baptisé element configuration, tout entier tourné vers les agents IA. On parle de mieux anticiper les besoins des utilisateurs et d'un apprentissage sur la durée.

Qualcomm souligne également la prise en charge des précisions FP16, FP8, INT16, INT8, INT4 et, maintenant, INT2. L'idée est de réduire la voilure afin que les modèles IA les plus costauds, dotés de milliards de paramètres, « rentrent » dans nos smartphones. Enfin, dans les smartphones haut de gamme. Sans entrer tellement dans les détails, Qualcomm souligne que sa puce Extreme bénéficie de 50 % de mémoire partagée en plus, ce qui doit lui permettre d'aller vers des modèles toujours plus exigeants, les « MoE ».

50 % de mémoire partagée en plus sur la puce Extreme. © Qualcomm

Il est toutefois bon de souligner que les deux Snapdragon auront logiquement droit au bloc Sensing Hub qui doit soutenir le SoC avec la présence, doublée, de deux petits NPU qui autorise une augmentation des performances de 85 % et, c'est au moins aussi important, une efficacité énergétique en net progrès : on parle ici de 20 % mieux alors que Qualcomm a régulièrement mis l'accent sur les optimisations en matière de consommation.

L'efficacité énergétique largement mise en avant

Cette efficacité énergétique du Sensing Hub n'est effectivement pas la seule amélioration du côté de la consommation et, là, le procédé de gravure N2 de TSMC est largement mis à contribution par Qualcomm. Pour les puces dans leur ensemble, la firme annonce une efficacité en hausse de 37 %.

Sur la seule partie graphique, il est même question de faire progresser l'efficacité énergétique de 40 % alors que le GPU se repose, nous l'avons dit, sur de la mémoire HPM qui contribue pour 12 % des économies d'énergie déjà évoquées. Si Qualcomm met ainsi en avant une consommation optimisée, la firme ne donne aucune idée de l'autonomie à attendre des smartphones qui exploiteront les puces Snapdragon 8 Elite Gen 6. Qualcomm laisse le soin à ses partenaires d'évoquer ces informations… en temps voulu !

Bien sûr, il ne saurait être question d'une nouvelle génération de puces sans une amélioration des performances brutes. Nous avons déjà évoqué l'utilisation de modèles IA toujours plus ambitieux par le NPU, il faut évoquer les gains de performances de la partie CPU. Là, on ne parle que de +13 % pour le modèle Extreme et même que de +10 % pour le second. Rappelons que le Snapdragon 8 Elite Gen 5 était annoncé avec un gain de +20 %.

Pour la partie graphique, les gains sont toutefois plus importants, preuve que Qualcomm a davantage soigné cet aspect de ses puces. On parle ici de +44 % de performances pour le modèle Extreme et d'encore +35 % pour l'autre puce.

Vidéo et modem : éléments clés d'un smartphone

Terminons cette présentation des nouvelles puces Snapdragon de Qualcomm en évoquant deux points sur lesquels la firme a particulièrement insisté avec des distinctions parfois notables entre les deux variantes du CPU.

La puce Extreme bénéfie d'une prise en charge plus ambitieuse de la vidéo. © Qualcomm

La gestion de l'affichage et, plus précisément, de la vidéo est un point très important pour un processeur dédié aux smartphones. L'ISP (pour image signal processor) fait son retour cette année alors qu'il avait été introduit l'an passé. Si Qualcomm reprend les principales bases de cette buse de l'année dernière, il ajoute trois nouveautés : l'Elite Color Engine pour travailler la conversion des tables de couleurs, l'Intelligent Pixel Control pour mieux gérer la scène dans son ensemble et le Motion Intelligence qui se focalise sur les mouvements.

Ces éléments s'appliquent aux deux puces Snapdragon nouvelle génération, mais il est bon de préciser que le modèle Extreme se distingue avec la prise en charge de la capture en 8K60p avec des ralentis en 4K240p. Moins musclé à ce niveau-là, le petit frère doit diviser ces chiffres par deux : 30 images par seconde avec des ralentis en 120 ips.

© Qualcomm

Enfin, du côté du modem, Qualcomm installe le X105 qui se trouve être le premier de son genre capable de gérer la dernière variante de la 5G. Cela doit lui permettre d'atteindre des débits jusqu'à 14,8 Gbps en réception et encore 4,2 Gbps en envoi. Gardez toutefois à l'esprit que ce ne sont que des valeurs théoriques. Le progrès reste notable par rapport à l'ancienne génération (12,5 et 3,7 Gbps) et on peut donc espérer qu'en pratique, de réelles différences soient perceptibles.

Qualcomm insiste également sur la présence d'un nouveau module pour prendre en charge le Wi-Fi 8, le FastConnect 8800. Attention, le Wi-Fi 8 n'en est encore qu'à ses balbutiements, mais ayez bien en tête que l'objectif premier de cette nouvelle norme est la stabilité de la connexion, la fiabilité des transferts, plus que l'explosion des débits. Nous aurons de toute façon le temps de revenir sur ce renouveau du Wi-Fi.

Voilà, c'est à peu près tout ce qu'il y a à retenir des dernières annonces de Qualcomm autour des Snapdragon 8 Elite Extreme Gen 6 et Elite Gen 6, mais gardez à l'esprit que les fabricants de smartphones, Huawei en tête, auront à cœur de faire parler de leurs solutions. Stay tuned.

Source : Qualcomm

À découvrir
Quels sont les meilleurs processeurs en 2026 ?
Comparatif