LiveNetTV avait résisté aux contre-mesures d'Amazon et continuait de fonctionner malgré les blocages. Après près de dix ans d'existence, l'application IPTV pirate a cessé d'émettre à la suite d'une perquisition menée à Istanbul, avant qu'un accord avec l'ACE ne scelle son sort.

Disponible depuis près de dix ans, LiveNetTV proposait gratuitement des centaines de chaînes issues de plusieurs dizaines de pays via une application Android, très utilisée sur les Fire TV d'Amazon. Financée par la publicité, elle faisait partie des applications IPTV pirates les plus connues.
Amazon avait essayé de bloquer l'application
En 2025, Amazon avait commencé à désactiver plusieurs applications pirates installées en sideloading sur ses appareils Fire TV. LiveNetTV faisait partie des cibles, mais ses développeurs avaient publié de nouvelles versions capables de contourner les restrictions.
Le service fonctionnait donc toujours au début de 2026. Puis, fin février, les flux se sont brutalement arrêtés. L'application s'ouvrait encore, les vignettes étaient toujours présentes, mais les chaînes ne diffusaient plus rien.
Une perquisition à Istanbul a changé la donne
Il a fallu attendre plusieurs mois pour avoir l'explication. L'Alliance for Creativity and Entertainment (ACE) a indiqué à TorrentFreak que les deux opérateurs du service, basés à Istanbul, avaient été visés en février 2026 par une perquisition et une saisie. Celles-ci ont été menées par la police locale avec un expert désigné par la justice. L'opération faisait suite à une plainte pénale déposée par des membres de la Motion Picture Association.
Précision importante : ni la police ni l'ACE n'ont directement fermé LiveNetTV. Selon l'ACE, ce sont les opérateurs eux-mêmes qui ont décidé de couper le service après la perquisition, avant même l'ouverture des discussions en vue d'un accord. Cet accord a été signé fin juin. Dix noms de domaine liés à LiveNetTV ont depuis été transférés à la MPA et redirigent désormais vers la page « Watch Legally » de l'ACE.
L'organisation évoque 2,4 millions de visites annuelles au plus fort de la popularité du service. Ce chiffre ne concerne toutefois que les sites web, et non l'utilisation de l'application elle-même.
L'affaire montre surtout les limites des contre-mesures purement techniques face à ce type de service. Tant que les opérateurs peuvent publier une nouvelle version ou contourner un blocage logiciel, le jeu du chat et de la souris continue. Ici, c'est l'intervention judiciaire qui a vraiment changé le rapport de force. Toujours est-il que la fermeture d'une application ne fait généralement que déplacer ses utilisateurs vers d'autres services du même genre, qui ne manquent pas.