Des tuyaux, du RGB et parfois un écran sur la pompe : le refroidissement liquide sait se faire désirer. Mais face à un bon ventirad, son supplément de prix ne garantit pas davantage de performances en jeu. Le choix dépend surtout de votre configuration et de ce que vous demandez à votre processeur.

Cent euros de plus ne garantissent pas une seule image par seconde supplémentaire. Pour refroidir le processeur d’un PC gamer, un bon ventirad peut rendre le même service qu’un watercooling AIO bien plus cher. Températures, bruit, durabilité… La dernière publication YouTube de notre vidéaste Thomas Remilleret, consacrée à ce match ventirad versus watercooling, invite à regarder au-delà des apparences.

En jeu, quelques degrés de moins ne font pas toujours la différence

En effet, le ventirad n’est pas un simple bloc de métal balayé par de l’air. Ses caloducs contiennent eux aussi un fluide qui s’évapore près du processeur, transporte la chaleur vers les ailettes, puis se condense et revient par capillarité. Dans un watercooling AIO (pour All-in-One), une pompe fait circuler du liquide entre le bloc posé sur le processeur et un radiateur déporté. Dans les deux cas, la chaleur finit dans l’air ambiant.

La différence tient donc notamment à la capacité d’échange thermique, pas à une prétendue supériorité automatique de l’eau. Les ventirads à double ventilateur comme le Thermalright Peerless Assassin 120 SE proposent déjà un refroidissement solide à petit prix. Et les comparatifs de Gamers Nexus rappellent que les écarts entre gros refroidissements diminuent lorsque la charge thermique baisse.

À gauche, un ventirad massif mais classique et, à droite, un système watercooling. ©Thomas Remilleret

Pour la bureautique et le jeu sur un processeur raisonnablement gourmand, le ventirad constitue donc un excellent point de départ. Même une puce performante comme le Ryzen 7 9800X3D ne justifie pas de choisir son refroidissement au seul prestige de sa fiche technique. Regardez les essais sur votre processeur et vos usages. Si les températures ne limitent déjà plus ses fréquences, gagner quelques degrés supplémentaires changera généralement peu votre expérience en jeu.

  • Excellentes performances en jeu vidéo
  • Meilleur que le 7800X3D en production
  • 96 Mo de cache L3 !
9 / 10

Le watercooling devient pertinent quand la charge se prolonge

Le calcul change pour les rendus 3D ou les encodages vidéo qui mobilisent longtemps tous les cœurs. Avec un processeur Intel Core i9-14900K (dont la puissance turbo maximale officielle atteint les 253 watts) fortement sollicité, par exemple, un bon AIO de 280 ou 360 mm mérite davantage sa place. Son grand radiateur peut dissiper beaucoup de chaleur sans imposer une ventilation excessive.

Le liquide apporte aussi de l’inertie thermique, ce qui ralentit la montée en température du circuit lors des pointes de charge. Cet effet temporaire ne remplace toutefois pas l’efficacité du radiateur lorsque la charge se prolonge.

  • Solides performances générales
  • Une courte avance en jeu vidéo
  • Échauffement modéré à 125 W
7 / 10

Au-delà d’environ 200W soutenus, comparer ces grands AIO devient particulièrement intéressant. Ce n’est toutefois pas une frontière physique : certains ventirads restent compétitifs, et deux processeurs consommant autant ne se refroidissent pas forcément aussi facilement.

Le silence ne départage pas non plus les deux camps d’office. Un grand AIO peut être discret en charge, mais sa pompe ajoute une source de bruit, parfois perceptible au repos. Comparez donc les températures à niveau sonore égal, plutôt que des décibels issus de protocoles différents.

Le ventirad résiste mieux aux affres du temps

Pour ceux qui cherchent à garder leur machine le plus longtemps possible, le ventirad possède un avantage pratique : son ventilateur se remplace facilement. Un AIO intègre une pompe susceptible de tomber en panne et un circuit pouvant perdre progressivement du liquide par perméation. Sur beaucoup de modèles scellés, une défaillance de pompe impose de remplacer l’ensemble.

Enfin, vérifiez l’encombrement dans le boîtier de votre PC : hauteur du ventirad, dégagement mémoire, place pour le radiateur et ses ventilateurs. Pour un watercooling AIO classique avec pompe sur le processeur, celle-ci doit par ailleurs rester sous le point haut du circuit.

Lorsque son radiateur est installé verticalement, à l’avant ou sur le côté du boîtier, placer ses raccords vers le bas limite le risque que des bulles d’air rejoignent la pompe. Un montage avec les raccords vers le haut reste néanmoins possible si le sommet du radiateur demeure au-dessus de celle-ci, comme le précise Corsair. Et sur le dessus du boîtier, la question se pose beaucoup moins : le radiateur se trouve naturellement au-dessus de la pompe.

Choisissez donc le ventirad pour sa simplicité et son rapport performances-prix, le grand AIO pour une charge thermique exigeante ou une esthétique assumée. Acheter du beau n’a rien d’absurde. Lui demander de produire des FPS à la place de la carte graphique, beaucoup plus.

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