Une grosse semaine après l'atterrissage raté d'un Boeing 767 Amazon Prime Air à Miami, ayant causé la mort de cinq personnes, le géant du e-commerce a suspendu sa collaboration avec la compagnie qui assurait le vol.

Un cargo Boeing 767 aux couleurs d'Amazon Prime Air stationné sur le tarmac d'un aéroport, photo d'illustration. © Wangkun Jia / Shutterstock
Un cargo Boeing 767 aux couleurs d'Amazon Prime Air stationné sur le tarmac d'un aéroport, photo d'illustration. © Wangkun Jia / Shutterstock

Le 6 septembre, un Boeing 767 assurant un vol cargo pour Amazon Prime Air a quitté la piste de l'aéroport de Miami avant de s'embraser, faisant ce jour-là cinq morts et cinq blessés. Une semaine plus tard, le bilan humain n'a pas bougé, mais l'enquête du NTSB, l'agence fédérale indépendante du gouvernement des États-Unis chargée de mener les enquêtes sur les accidents de transport civil, a révélé des éléments troublants sur les derniers instants du vol. Amazon, de son côté, a annoncé dimanche la suspension de sa collaboration avec 21 Air, la compagnie qui exploitait l'appareil.

Ce que l'on sait du crash du Boeing 767 d'Amazon à l'aéroport de Miami

L'appareil volant pour Amazon Prime Air, un cargo Boeing 767-300 vieux de 32 ans, revenait de San Juan dans des conditions orageuses et venteuses. En posant les roues sur la piste de Miami, l'avion n'est pas parvenu à ralentir à temps. Il a continué sa course bien au-delà de la piste, encore lancé à environ 210 km/h.

L'aéronef a d'abord percuté un van de nettoyage à l'intérieur de l'aéroport, avant de défoncer la clôture du périmètre, traverser une route publique et heurter un SUV, pour finir sa course en flammes dans un champ voisin.

Les cinq victimes, toutes membres d'une équipe de nettoyage aéronautique, se trouvaient à bord du van percuté de plein fouet. Deux autres passagers du véhicule ont survécu, tout comme les deux pilotes, sortis du cockpit par les secours. Près de 200 pompiers ont été mobilisés pour maîtriser l'incendie qui ravageait l'appareil.

L'enquête progresse, Amazon réagit

Selon la NTSB, l'avion s'était déjà élevé au-dessus de sa trajectoire d'approche avant de redescendre pour se replacer, en traversant un orage. Une fois les roues au sol, les pilotes ont brièvement remis les gaz avant d'interrompre la manœuvre quelques secondes plus tard, sans jamais actionner les inverseurs de poussée ni les aérofreins, selon les données de l'enregistreur de vol.

Dimanche 13 septembre, Amazon a annoncé la suspension de ses opérations avec 21 Air, la compagnie qui exploitait l'avion pour son compte au moment du crash, le temps d'y voir plus clair. De son côté, le NTSB veut remonter tout l'historique de l'appareil, que ce soit ses précédents propriétaires, son carnet d'entretien, mais aussi son passé de vingt ans comme avion de ligne, notamment pour une compagnie russe, avant sa transformation en cargo.

La décision prise par Amazon est logique, symbolique même en ce qu'elle n'effacera rien de ce drame, mais elle montre sa volonté d'agir, en attendant les conclusions officielles de l'enquête.