Un Australien avait récupéré une trentaine de barrettes Samsung de 64 Go sur un ancien serveur promis au rebut. Oubliées dans son garage, elles ont pris une tout autre valeur avec l’envolée des prix de la mémoire vive.

Il pensait avoir conservé quelques vieux composants sans grand intérêt. Le redditeur australien VastOption8705 a finalement remis la main sur 30 barrettes DDR4 Samsung de 64 Go, récupérées lorsqu’un ancien employeur l’avait autorisé à repartir avec un serveur mis hors service. Soit 1,92 To de mémoire qui dormaient tranquillement dans son garage.
Le timing est plutôt heureux. Avec la forte tension qui touche le marché de la DRAM, l’internaute estime désormais son stock à 10 000 dollars, sans préciser la devise ni détailler son calcul. Wccftech reprend ce montant, qui demeure théorique : les modules doivent encore fonctionner, trouver des machines compatibles et probablement être vendus séparément pour approcher cette somme.
Des barrettes ECC dual-rank que la pénurie de RAM rend précieuses
Il ne s’agit pas non plus de barrettes ordinaires. Ces modules Samsung de 64 Go fonctionnent à 2 666 MHz (2 666 MT/s) et sont destinés aux serveurs et stations de travail, avec mémoire ECC et architecture dual-rank. Un matériel vieillissant sur le papier, mais qui reste précieux pour les entreprises souhaitant augmenter la capacité de machines existantes sans renouveler toute leur infrastructure.

La situation illustre surtout le drôle de retour en grâce de la DDR4. Alors que l’industrie devait progressivement basculer vers la DDR5, les tensions sur l’approvisionnement et les prix ont redonné de l’intérêt à une génération que l’on croyait déjà sur le départ. Certains fabricants ont même recommencé à miser sur des configurations DDR4 pour contenir les coûts.
Bref, si vous stockez du vieux matériel informatique dans un coin de votre cave ou de votre garage, le moment est peut-être venu de vérifier ce que vous avez en réserve.
La mémoire ECC (Error-Correcting Code) ajoute des bits de contrôle pour détecter et corriger automatiquement certaines erreurs de données en RAM, typiquement les erreurs d’un seul bit. L’objectif est la fiabilité : sur un serveur, une erreur mémoire peut provoquer un crash, corrompre une base de données ou fausser un calcul. En contrepartie, l’ECC impose une légère surcharge (coût, consommation, parfois une performance un peu moindre) et nécessite une plateforme compatible (CPU et carte mère). C’est pour ça qu’on la retrouve surtout dans les serveurs et stations de travail, pas dans la majorité des PC grand public.
Le "rank" désigne un ensemble de puces mémoire adressées comme un bloc par le contrôleur mémoire ; une barrette dual-rank comporte deux de ces ensembles. Cela permet souvent d’augmenter la capacité par barrette et d’améliorer l’efficacité grâce à l’interleaving (le contrôleur alterne entre ranks pour mieux occuper le bus). En pratique, le dual-rank peut aider à obtenir de bonnes performances à capacité élevée, ce qui colle bien aux usages serveurs (virtualisation, bases de données). La contrepartie est une charge électrique plus élevée sur le contrôleur mémoire, ce qui peut limiter le nombre de barrettes installables ou réduire la fréquence stable selon la plateforme.
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