Revolut et Visa ont annoncé lundi avoir réalisé en France le tout premier paiement sécurisé initié par une intelligence artificielle en conditions réelles. Une expérimentation qui pourrait, à terme, transformer nos habitudes d'achat.

Revolut et Visa collaborent depuis plusieurs années sur les technologies de paiement. © marekfromrzeszow / Shutterstock
Revolut et Visa collaborent depuis plusieurs années sur les technologies de paiement. © marekfromrzeszow / Shutterstock

Après avoir quelque peu bousculé les usages bancaires avec son appli tout-en-un, Revolut veut donner à ses clients la possibilité de laisser un agent d'intelligence artificielle régler leurs achats à leur place. Ce lundi 7 septembre 2026, une carte Revolut française a en effet servi de cobaye pour une transaction bien réelle, menée dans le cadre du programme Agentic Ready de Visa, et orchestrée par un assistant numérique et sécurisée, le tout grâce à la technologie Visa Payment Passkey. Une manière concrète de tester ce que pourrait devenir le commerce du quotidien, sans sacrifier la sécurité ni le contrôle du client, promettent les différentes parties prenantes.

Revolut et Visa testent en France le tout premier paiement initié par une IA

L'expérience menée par Visa et la fintech britannique s'est déroulée avec de vraies données bancaires, sur un vrai système marchand européen, celui de Cleverbridge. Une carte Revolut destinée aux particuliers a été confiée à My Agent, l'agent de test développé par Visa, chargé d'initier le paiement. L'authentification, elle, a été assurée par Visa Payment Passkey, la technologie qui remplace le sésame classique par une validation biométrique, qui marque au passage la toute première transaction agentique activée par cette technologie en France.

Les deux groupes ont un vrai intérêt à s'y intéresser maintenant. Selon le Baromètre du numérique 2026, un Français sur deux utilise déjà un outil d'IA générative, un chiffre qui grimpe même à 85 % chez les jeunes adultes. Les assistants numériques s'invitent déjà dans la recherche, dans la comparaison de produits ; il ne manquait que l'étape du paiement.

Revolut ne veut pas tout transformer non plus. La transaction s'est appuyée sur le système Visa Intelligent Commerce, qui mobilise les mêmes outils que d'habitude, pour la sécurité des cartes, pour le contrôle d'identité, et la surveillance de la fraude en temps réel. L'idée est de montrer qu'un agent IA peut initier un paiement au nom du client, mais toujours avec son consentement explicite et sous le contrôle de l'émetteur, sans ouvrir de brèche dans les protections déjà en place. Est-ce suffisant pour rassurer les sceptiques ou simples méfiants de l'IA dite agentique ?

© Igor Paszkiewicz / Shutterstock.com
© Igor Paszkiewicz / Shutterstock.com

Vers un commerce piloté par l'IA, mais sous contrôle

Pour Revolut, qui on le rappelle revendique 80 millions de clients dans le monde dont 8 millions en France, cette expérimentation vise à dessiner le paiement de demain. Béatrice Cossa-Dumurgier, la patronne de Revolut pour l'Europe de l'Ouest, explique que l'intelligence artificielle est déjà en train de changer la façon dont on fait ses achats. « Les paiements doivent évoluer avec ces nouveaux usages », résume-t-elle, tout en insiste de nouveau sur la sécurité, la transparence et le contrôle client.

Chez Visa, on tient un discours similaire. La dirigeante européenne du réseau de paiement, Florence Mélique, voit dans ce test la preuve que les consommateurs peuvent déléguer certaines tâches à une IA, à condition que les garde-fous suivent, ajoutant que « la confiance sera la véritable monnaie d'échange ».

À noter que le test s'est volontairement concentré sur des scénarios de paiement courants, le genre de transaction que l'on effectue sans trop réfléchir. Une manière prudente d'avancer, alors que le secteur cherche encore ses repères sur ce nouveau terrain, en laissant toujours le client maître de ses décisions. Reste à savoir si les Français, déjà largement acquis à l'IA générative, seront prêts à lui confier les cordons de leur bourse. Ça, c'est moins sûr.