Le gouvernement norvégien planche sur un encadrement légal des lunettes connectées, et notamment celles où la reconnaissance faciale est utilisée en public.

Pixabay
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La ministre norvégienne de la Numérisation et de la Gouvernance publique, Karianne Tung, a annoncé fin août vouloir mieux encadrer les lunettes connectées et les objets équipés de caméras ou de microphones. Quelques jours plus tard, plusieurs médias évoquaient la possibilité que la Norvège devienne le premier pays à interdire purement et simplement ce type d'appareil.

Tung cible la reconnaissance faciale et le filmage caché

Karianne Tung estime que la vie privée des citoyens subit une pression croissante face à ces nouvelles technologies. Elle prévoit de réunir un groupe d'experts pour conseiller le gouvernement et cite en exemple les lunettes, les écouteurs ou les casquettes, lesquels embarquent désormais caméras et microphones couplés à de l'intelligence artificielle.

Finn Lützow-Holm Myrstad, responsable de la politique numérique au Conseil norvégien des consommateurs, a salué cette initiative et demandé aux distributeurs de suspendre la vente de lunettes connectées le temps qu'un cadre légal soit posé. Il prévient toutefois qu'une interdiction simplement limitée à la reconnaissance faciale n'est pas suffisante et n'empêchera pas quelqu'un de filmer une personne à son insu.

©Habanero Pixel / Shutterstock
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Et ce sont les lunettes de Meta qui sont particulièrement visées. L'entreprise aurait développé une fonction baptisée "Name Tag", capable d'identifier automatiquement une personne dans le champ de vision du porteur et de relier son visage à un profil ou un nom. Nous rapportions que le groupe prévoyait de la lancer dans un climat politique jugé favorable, lorsque les organisations de défense de la vie privée serait mobilisées sur d'autres priorités. Reste qu'au-delà de l'identification automatique, des médias suédois et la BBC ont révélé que des sous-traitants de la société Sama, basée au Kenya, visionnaient des séquences filmées par les lunettes Meta pour entraîner ses systèmes d'IA, et tombaient parfois sur des scènes intimes filmées sans consentement. Meta a rompu son partenariat avec Sama depuis. Mais les craintes ne sont pas enterrées. Meta plancherait sur un nouveau genre de lunettes connectées, capables d’enregistrer en continu tout ce que leur porteur voit et entend.

Un signal lumineux intégré à la monture est censé prévenir l'entourage qu'un enregistrement est en cours. Certains utilisateurs l'ont pourtant contourné en perçant ce voyant ou en le recouvrant de résine, pour filmer sans être repérés dans des clubs de strip-tease ou des toilettes. Meta avait déployé une mise à jour obligatoire coupant automatiquement la caméra dès que ce voyant est masqué ou endommagé. Une fuite du Financial Times a par ailleurs révélé l'existence d'un prototype interne baptisé "Aperol", capable de prendre des photos à intervalles réguliers et d'enregistrer du son sans jamais activer ce signal lumineux.

Source : The Local.no