Les intelligences artificielles ont les médias comme l'une des sources majeures des informations qu'ils restituent. Mais cela peut être un problème quand il s'agit de médias sanctionnés par l'Union européenne.

©Zulfugar Graphics / Shutterstock
©Zulfugar Graphics / Shutterstock

Parmi les sanctions prises par l'Union européenne contre la Russie, il y a celles mises en place progressivement durant l'année 2022 pour interdire la diffusion des médias de ce pays, comme Sputnik ou Russia Today. Mais ceux-ci peuvent revenir par différents moyens dans le territoire européen. Et l'un des moyens les plus aisés serait semble-t-il les grands chatbots, qui y pêchent allègrement des informations. 

ChatGPT et Grok reprennent sans soucis les sources russes

Un constat s'impose, à la suite de la publication d'une nouvelle étude menée par RSF. La plupart des intelligences artificielles ne prennent pas en compte les interdictions européennes de diffusion des médias russes. La majorité des chatbots remonte ainsi les titres sanctionnés et leurs articles, quand on leur en fait la simple demande par un prompt.

Selon RSF, les plus dociles seraient ChatGPT et Grok, qui restituent « une revue de presse complète sur l'actualité internationale, faisant remonter des titres, partageant des liens et verbatims, sans mentionner systématiquement que les médias étaient sous sanctions européennes. » Utilisé via le mode Cowork, Claude lui aussi répond très bien à la demande.

© Samuel Boivin / Shutterstock
© Samuel Boivin / Shutterstock

Gemini fait de la résistance, Meta AI dit non

Parmi les chatbots testés, RSF note que Vibe (ex-Le Chat), le chatbot du Français Mistral, aurait fait montre d'une « ingéniosité » particulière pour faire remonter des articles malgré l’inaccessibilité de plusieurs sites. RSF précise tout de même que, à l'occasion de certains essais, Vibe a refusé de répondre à la demande d'accès aux médias sanctionnés.

Il existe enfin deux grandes exceptions à cette large ouverture des intelligences artificielles. La première se trouve du côté de Gemini (Google), qualifié ironiquement « d'indécis » par RSF, puisque l'IA répond quelques fois positivement à ces demandes d'accès aux médias russes sanctionnés, quand il réagit négativement d'autres fois. Et puis, l'étude s'achève tout de même avec un bon élève de l'UE : Meta AI. Celui-ci a en effet constamment refusé de répondre à la requête, indiquant respecter là les sanctions européennes.

Source : RSF
À découvrir
Quelles sont les meilleures IA pour générer vos contenus ? Comparatifs 2026
Comparatifs services