GoPro a annoncé mardi une fusion à 285 millions de dollars avec Starman Optical, qui contrôlera la grosse majorité de la nouvelle entité. L'iconique marque de caméras d'action va se lancer dans les data centers d'intelligence artificielle, la défense et l'aérospatiale.

Après vingt-quatre ans à filmer des sauts en parapente, des descentes en VTT et des sessions de surf, GoPro change radicalement de trajectoire. La société californienne, passée à deux doigts de la faillite il y a quelques mois, a annoncé ce mardi 1er septembre 2026 avoir signé un accord de fusion définitif avec Starman Optical, une entreprise spécialisée dans la photonique, qui équivaut à un rachat. L'idée est d'injecter du sang neuf dans les finances de GoPro, tout en ouvrant la société à des marchés bien plus lucratifs que celui, chahuté, des caméras embarquées. Comme l'intelligence artificielle, par exemple.
GoPro, une fusion pour repartir sur des bases saines
Que va-t-il se passer pour GoPro ? Chaque actionnaire de GoPro touchera 1,14 dollar par action en espèces, pour un montant total de 285 millions de dollars versés à l'ensemble des actionnaires. En clair, ils empochent du cash immédiat tout en restant un peu dans l'aventure, puisqu'ils conserveront environ 10 % du capital de la nouvelle entité issue de la fusion. Précisons que ce montant pourra encore être ajusté d'ici la clôture de l'opération, en fonction de la trésorerie disponible de GoPro à ce moment-là. Pour mener à bien ce dossier complexe, la société s'est entourée de la banque Houlihan Lokey pour évaluer et structurer l'opération sur le plan financier
Autre bonne nouvelle pour les comptes de GoPro, l'entreprise traînait jusqu'ici environ 92 millions de dollars de dettes, accumulées au fil des années difficiles. Avec la fusion, l'ardoise sera intégralement remboursée dès la clôture de l'opération, comme pour repartir d'une page blanche financièrement parlant. Concrètement, la société n'aura plus à consacrer une partie de ses revenus au remboursement d'anciens emprunts. Elle pourra à la place réinvestir cet argent dans ses nouveaux projets, que ce soit l'intelligence artificielle, la défense ou l'aérospatiale.

Même si elle est rachetée, puisque Starman Optical détiendrait 90 % du capital de GoPro, la marque continuera d'exister telle qu'on la connaît. GoPro reste cotée au Nasdaq, elle maintiendra ses caméras, son abonnement et sa plateforme cloud. La société californienne, qui avait frôlé les 4 milliards de dollars de valorisation dès son entrée en Bourse en 2014, ne pesait plus que 150 millions de dollars au moins de juin.
Direction l'intelligence artificielle et la défense
Dans cette fusion, Starman Optical apporte sa spécialité, à savoir les transcepteurs optiques, qui sont des composants qui permettent de transmettre d'énormes quantités de données à très grande vitesse, grâce à la fibre optique. Ce sont ces pièces qui font circuler l'information à l'intérieur des data centers, qui font tourner les intelligences artificielles comme ChatGPT, Claude et Gemini. Et comme ces transcepteurs sont fabriqués directement aux États-Unis, GoPro espère profiter de la demande croissante pour des composants « made in USA », plutôt que ceux importés d'Asie, dans ce secteur en pleine explosion.
Le groupe combiné veut aussi se déployer dans la défense, l'aérospatiale, la robotique et le secteur gouvernemental, des secteurs en forte demande de solutions fabriquées aux États-Unis. En sachant que GoPro détient plus de 2 500 brevets américains liés à l'optique et à l'imagerie, un trésor jusqu'ici exploité pour les sports extrêmes, on comprend l'intérêt de l'opération.
L'opération, validée par les deux conseils d'administration, attend encore l'aval des actionnaires et des régulateurs avant sa clôture prévue fin 2026, dans un climat déjà porteur pour le titre GPRO, dopé la veille par l'entrée du YouTubeur Markiplier, devenu premier actionnaire individuel de GoPro avec 8,5 % du capital. Au rang des réactions, le fondateur et patron de GoPro, Nicholas Woodman, dit vouloir faire de son entreprise un leader américain de l'imagerie et de l'optique, en s'adressant à la fois au grand public et à certains marchés comme la sécurité nationale. Charles Tebele, le CEO de Starman Holding, insiste dans le communiqué d'annonce sur la volonté de relocaliser aux États-Unis la fabrication de composants optiques stratégiques.
Reste à voir si ce pari sur l'intelligence artificielle suffira à faire oublier les années difficiles de GoPro, ou si la marque restera avant tout associée, dans l'esprit du grand public, à ses caméras embarquées et aux exploits sportifs qu'elles ont filmés.
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