NVIDIA profite de la Gamescom pour donner des gages aux joueurs : les grands jeux PC arrivent sur RTX Spark, avec l'anti-triche d'EA en natif. Le verrou historique du jeu sur Arm commence à céder.

Depuis l'officialisation de la RTX Spark au Computex, une question revient dans toutes les discussions : pourra-t-on vraiment jouer sur la puce Arm de NVIDIA ? À la Gamescom de Cologne, le constructeur a apporté un début de réponse sur son blog officiel. Au programme, une liste de jeux ambitieuse et une annonce très attendue sur le terrain de l'anti-triche.
EA, Ubisoft et Embark montent à bord avant le lancement
Au Computex, NVIDIA avait déjà convaincu Krafton, NetEase, Riot Games et Xbox de soutenir sa plateforme. La Gamescom élargit le cercle avec trois nouvelles signatures de poids : Electronic Arts, Ubisoft et Embark Studios. Concrètement, EA Sports F1 25, Apex Legends, Anno 117: Pax Romana, ARC Raiders et THE FINALS sont annoncés comme fonctionnels sur les machines RTX Spark.
Chez Ubisoft, le producteur exécutif d'Anno 117 se dit « impressionné » de voir son jeu de gestion, pensé pour afficher des quartiers entiers et des milliers de détails, tenir la distance sur une seule puce. Le compliment tombe à point nommé pour NVIDIA, qui avait promis au Computex que sa puce ferait tourner toutes les applications Windows, jeux compris.
La partie logicielle avance elle aussi. Le DLSS 4.5 et son nouveau modèle de Ray Reconstruction sont désormais disponibles, et F1 25 figure parmi les premiers titres à en profiter. Quant aux machines, ASUS et MSI ouvriront le bal cet automne, suivis par Dell, HP, Lenovo et Microsoft. Aucun tarif officiel n'a filtré pour l'instant.
L'anti-triche, ce vigile qui refusait l'entrée aux puces Arm
Pour comprendre la portée de l'annonce, un petit détour technique s'impose. Les anti-triche modernes opèrent au niveau du noyau du système, la couche la plus profonde de Windows. Un vigile pointilleux, en somme : avant de laisser entrer un joueur, il inspecte les fondations de la maison, pas seulement le salon. Or, quand la maison est bâtie sur des plans Arm, ce vigile ne reconnaît rien et condamne la porte.
Windows sait émuler la plupart des applications x86 sur Arm, mais ces logiciels de surveillance refusent obstinément de passer par la moulinette. Le scénario s'est déjà joué deux fois : avec Windows RT en 2012, puis avec les portables sous Snapdragon X en 2024, privés des grands jeux multijoueur malgré des performances honnêtes. Même la Steam Machine de Valve se heurte à ce mur côté Linux.
L'intégration native de Javelin, l'anti-triche maison d'EA qui conditionne l'accès à ses plus gros titres multijoueur, prouve que l'obstacle peut tomber. La démonstration d'Apex Legends laisse par ailleurs entrevoir la prise en charge de l'Easy Anti-Cheat, très répandu ailleurs. Chaque solution devra néanmoins être portée une par une, et le chantier ne fait que commencer.
Ce travail de fourmi cache un enjeu commercial limpide. Face aux MacBook M5 et aux Snapdragon X2, la Superchip dévoilée en juin doit se trouver un argument que ses rivaux Arm n'ont pas. Le jeu vidéo, sport national des clients de NVIDIA, coche la case. Pour l'acheteur français, le rendez-vous est pris cet automne, avec un premier test officieux qui laisse pressentir des tarifs autour de 2 800 dollars sur le haut de gamme.
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