Des cybercriminels piratent des comptes personnels pour voler des photos et vidéos intimes, avant de les revendre ou de les diffuser sans consentement. Le phénomène a pris assez d’importance pour que le FBI publie un avertissement.

Le FBI alerte sur des hackers qui volent les photos intimes des victimes - ©fokusgood / Shutterstock
Le FBI alerte sur des hackers qui volent les photos intimes des victimes - ©fokusgood / Shutterstock

Les criminels testent d’abord des mots de passe et des codes PIN par milliers, à partir de listes compromises, pour forcer l’entrée dans un compte personnel, selon l’IC3, l’Internet Crime Complaint Center du FBI, dans un avis du 10 août dernier. Quand cette méthode échoue, ils imitent par message le service client d’une plateforme et réclament un code de vérification, sous couvert d'une désactivation imminente du compte. Beaucoup de victimes atterrissent aussi sur un faux site de connexion, copie presque parfaite d'une page authentique, et saisissent leurs identifiants sans le savoir.

Adultes et mineurs sont concernés, certains choisis à l’avance, d’autres au hasard, et les criminels récupèrent au passage le nom, la date de naissance, l’adresse e-mail et le numéro de téléphone de leur victime, en plus des photos et vidéos recherchées.

Les contenus volés finissent en vente sur des forums clandestins

Ces images et vidéos sont aussi vendues sur des marketplaces criminelles, souvent accompagnées du nom complet, des coordonnées et de l’identifiant sur les réseaux sociaux de la victime. Les criminels utilisent ensuite ces contenus pour faire chanter la victime, la harceler ou la traquer en ligne. Certains republient même le contenu volé directement sur le compte social de la victime, une humiliation prolongée bien après le piratage initial.

Pour réduire ce risque, le FBI émet des recommandations, comme la création d’une phrase de passe complexe et propre à chaque compte. Les mots de passe volés sur un service resservent en effet souvent ailleurs. Comme on s’en était déjà fait l’écho, plus de 350 millions de comptes piratés ont par exemple circulé sur Telegram, réutilisés par les pirates pour tenter d’autres services en ligne.

Les victimes peuvent également se rendre sur Have I Been Pwned, le service gratuit fondé par le chercheur Troy Hunt, et vérifier en quelques secondes si leur adresse e-mail ou numéro de téléphone est consigné et concerné par ce type de fuite. Elles peuvent confier leurs accès à un gestionnaire de mots de passe pour conserver ces combinaisons à leur place, car personne ne retient plus de quelques mots de passe différents. Le Bureau conseille également l’utilisation d'une authentification à deux facteurspour bloque une connexion même après le vol du mot de passe. Bien sûr, il est primordial d'éviter de stocker des images sensibles sur des services accessibles en ligne, précise le FBI. L’agence invite enfin les victimes à signaler les faits via le portail ncii.ic3.gov, dédié aux images intimes diffusées sans consentement.

Certains cybercriminels republient même le contenu volé directement sur le compte social de la victime, une humiliation prolongée bien après le piratage initial - ©fokusgood / Shutterstock
Certains cybercriminels republient même le contenu volé directement sur le compte social de la victime, une humiliation prolongée bien après le piratage initial - ©fokusgood / Shutterstock

Les criminels choisissent de plus en plus de jeunes garçons comme victimes

Selon Rachel Tobac, directrice générale de la société de cybersécurité SocialProof Security interrogée par TechCrunch après la publication de l’avis du FBI, les criminels de cette vague choisissent plus souvent de jeunes garçons comme victimes. Pour elle, il s’agit désormais d’un problème de santé publique à part entière.

Une victime mineure au moment de la prise de vue dispose d'un outil dédié, Take It Down, financé par Meta et opéré par le NCMEC, le centre américain pour les enfants disparus et exploités. La victime garde la photo ou la vidéo sur son propre appareil. Le service calcule seulement une empreinte numérique, un hash, et la transmet aux plateformes participantes chargées de repérer puis de retirer le contenu correspondant. C’est l’équivalent de la Revenge Porn Helpline britannique pour les victimes majeures au moment de la prise de vue, StopNCII.org, depuis 2015. Elle décompte plus de 300 000 images retirées et un taux de réussite supérieur à 90 %. L’un comme l’autre sont toutefois inefficaces sur les services chiffrés, et n’empêchent pas un nouveau téléchargement sur un autre site. Certaines victimes vont, selon Rachel Tobac, jusqu’à s’infliger des blessures.

Source : PCMag
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