Une campagne de phishing usurpant l'identité de l'Agence régionale de santé (ARS) vise actuellement les professionnels français. L'ARS Île-de-France confirme la fraude et appelle à la vigilance face à ces faux e-mails dangereux.

L'ARS alerte sur une vague de faux e-mails qui usurpent son identité. © Romain P19 / Shutterstock
L'ARS alerte sur une vague de faux e-mails qui usurpent son identité. © Romain P19 / Shutterstock

L'Agence régionale de santé (ARS) a décidé d'informer le public qu'une campagne malveillante vise actuellement les professionnels de santé en France, par le biais d'une usurpation de son identité. Le mode opératoire repose sur un e-mail soigné, adressé à un cabinet médical, dans lequel le cybercriminel somme son destinataire de transmettre des documents sous peine de voir son dossier bloqué. Il cite carrément des articles du Code de la santé publique pour justifier un faux contrôle de conformité, et faire mouche auprès du destinataire.

Un faux mail qui copie la charte graphique de l'ARS circule

L'arnaque émane de deux adresses distinctes, « administratif@ars-sante[.]fr » et « administratif@ars-sante[.]com », des noms de domaine qui lorgnent sur celui de la véritable agence. Le faux document que reçoivent les potentielles victimes affiche la même identité visuelle que l'ARS, avec logo, bandeau tricolore, et mentions légales. Il cite les articles L. 1431-2 et L. 6116-1 du Code de la santé publique pour se donner un joli vernis juridique, une méthode qui rappelle celle d'un récent faux e-mail des Finances publiques invoquant lui aussi de fausses références légales. Et il vise nommément l'établissement concerné, avec une référence de dossier inventée, « ARS/DCC-2026/23484894 ».

Le courrier électronique pris en exemple par l'ARS prétend faire suite à un signalement ayant enclenché une vérification des cabinets dentaires pour la période 2025-2026, portant sur l'agrément de la structure, la qualification des praticiens et les obligations déclaratives et assurantielles. On a ici un vocabulaire technique, précis, maîtrisé, qui contribue largement à l'illusion d'authenticité et peut compliquer la tâche des professionnels censés faire la différence entre un vrai contrôle et une tentative d'escroquerie.

Voici le faux e-mail de l'ARS qui circule, dans le cadre d'une nouvelle campagne malveillante. © ARS Île-de-France
Voici le faux e-mail de l'ARS qui circule, dans le cadre d'une nouvelle campagne malveillante. © ARS Île-de-France

Un indice trahit pourtant la manœuvre. La transmission des documents y est qualifiée d'« impérative » et d'« obligatoire », un ressort psychologique bien connu des escrocs pour pousser à agir dans la précipitation. En intimant l'urgence, l'expéditeur cherche justement à empêcher toute prise de recul, vous savez, ce petit moment de doute qui permettrait de repérer la supercherie avant l'envoi de données sensibles.

L'ARS Île-de-France tire la sonnette d'alarme sur LinkedIn

En ayant repéré cette campagne dans plusieurs agences régionales, et non la seule Île-de-France, l'ARS francilienne a notamment choisi LinkedIn pour donner l'alerte, en interpellant au passage les syndicats et ordres professionnels, donc infirmiers, sages-femmes, pharmaciens et, logiquement, chirurgiens-dentistes. Un signalement a par ailleurs été adressé à la DNUM, la direction du numérique des ministères sociaux, chargée de coordonner la réponse à cet incident.

L'agence appelle avant tout à la vigilance. Il ne faut en effet pas répondre aux messages provenant de ces adresses, et ne transmettre aucun document confidentiel ou financier sans vérification préalable. En cas de doute, mieux vaut contacter directement votre ARS via ses canaux officiels habituels plutôt que ceux indiqués dans le mail suspect.

La campagne malveillante, qui vise spécifiquement le secteur de la santé, confirme que les pirates peaufinent désormais leurs faux documents jusqu'au moindre détail pour tromper jusqu'aux professionnels les plus avertis. Un coup de fil de vérification ou une recherche rapide sur le nom de domaine suffit pourtant, bien souvent, à faire tomber le masque.