La Commission de régulation de l'énergie (CRE) propose une hausse de 2,5 % du tarif réglementé de l'électricité au 1er août 2026. Une augmentation qui n'a, contrairement aux idées reçues, aucun lien avec la guerre en Iran.

La hausse de l'électricité prévue en août n'a rien à voir avec le conflit en Iran. © Pawel Michalowski / Shutterstock
La hausse de l'électricité prévue en août n'a rien à voir avec le conflit en Iran. © Pawel Michalowski / Shutterstock

Alors que les tensions au Moyen-Orient font craindre une nouvelle flambée des prix de l'énergie, la Commission de régulation de l'énergie (CRE) a proposé, le jeudi 16 juillet 2026, une hausse moyenne de 2,5 % TTC du tarif réglementé de l'électricité, applicable au 1er août. Cette augmentation, qui toucherait alors les 19,37 millions de foyers encore abonnés à ce tarif, coïncide avec la relance de la guerre en Iran. Mais selon la CRE et le comparateur Papernest, elle n'a aucun rapport avec le conflit ni avec les prix de gros de l'énergie.

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La hausse de l'électricité proposée pour août n'a rien à voir avec le conflit en Iran

Reprenons depuis le début. Le prix du kWh ne bronche pas malgré le conflit. Il reste 23 % en dessous de son pic de février 2024, et n'a pas bougé d'un centime depuis le début des hostilités en Iran. Si la matière première électrique devait vraiment s'enflammer avec la géopolitique, ce serait déjà visible sur les factures. Ce n'est pas le cas.

D'éventuels effets du conflit sur les prix de gros de l'énergie ne pourraient de toute façon se répercuter sur le tarif réglementé qu'au prochain mouvement tarifaire, prévu en février 2027. La hausse annoncée pour le 1er août ne concerne donc absolument pas la période actuelle du conflit, ni ses conséquences immédiates sur les marchés de l'énergie.

Sur le papier, la proposition de la CRE fixe une hausse moyenne de 2,5 % TTC. Pour le foyer de référence, qui consomme 4 500 kWh par an, la facture passerait de 1 046 à 1 072 euros, soit environ 26 euros de plus. Au total, ce sont 19,37 millions de foyers qui restent aujourd'hui raccordés au tarif réglementé, concernés à des degrés divers par cette hausse. Précision utile, il ne s'agit à ce stade que d'une proposition, transmise pour avis au Conseil supérieur de l'énergie avant son application. Les grilles tarifaires détaillées, par option et par puissance souscrite, doivent encore être publiées dans les prochains jours.

Évolution du prix de l'électricité en France. © Papernest

Jusqu'à 72 euros de plus par an selon votre profil de consommation

D'où vient vraiment cette hausse, alors ? La réponse tient en deux mécanismes : le TURPE et le mécanisme de capacité. Le TURPE, c'est un peu le péage payé par chaque foyer pour emprunter le réseau électrique (câbles, postes, transformateurs gérés par Enedis et RTE). Il augmente de 3,04 %, une hausse décidée par la CRE le 21 mai 2026 et appliquée dès le 1er août. Le mécanisme de capacité, lui, fonctionne comme une assurance collective, c'est-à-dire qu'il rémunère les producteurs prêts à fournir de l'électricité lors des pics de froid hivernaux, et vient d'être intégré au tarif après sa première enchère début juillet.

Une légère baisse de l'accise, une taxe prélevée sur chaque mégawattheure consommé, vient limiter la casse, puisqu'elle passe de 30,85 à 30,62 euros par MWh, pour les foyers dont la puissance de compteur ne dépasse pas 36 kVA. Mais ce geste reste bien trop modeste pour compenser les deux hausses précédentes. Le résultat net selon les calculs de la CRE, atteint +5,98 euros TTC par mégawattheure consommé en moyenne. Un montant qui pourrait encore grimper. Enedis prévoit en effet d'investir environ 7 milliards d'euros par an cette décennie pour raccorder au réseau les millions de bornes de recharge, pompes à chaleur et panneaux solaires qui arrivent chez les Français.

Autrement dit, la vieille règle « consommer moins pour payer moins » semble atteindre ses limites. Selon papernest, la hausse annuelle irait d'environ 9 euros pour un studio à 15 euros pour un appartement sans chauffage électrique, 27 euros pour un foyer moyen, 51 euros pour une maison chauffée à l'électricité, et jusqu'à 72 euros pour une grande maison tout électrique. « Nous ne payons plus seulement l'énergie que nous consommons, nous payons, de plus en plus, le réseau qui nous garantit qu'elle sera là cet hiver », résume l'équipe d'analystes de Papernest. Reste donc un rendez-vous à surveiller, celui de février 2027, où la CRE intégrera cette fois le reliquat de l'ancien mécanisme de capacité et, peut-être, les premiers effets réels du conflit sur les prix de gros.