La Commission européenne a validé, ce lundi 13 juillet, un régime d'aides de 63 milliards d'euros en faveur de l'éolien en mer en France. Réparti sur vingt-cinq ans, ce dispositif doit financer la construction de onze parcs éoliens offshore.

C'est une bonne nouvelle pour la France puisque Bruxelles a autorisé, ce lundi 13 juillet, un vaste régime d'aides consacré à l'éolien en mer, doté d'une enveloppe de 63 milliards d'euros répartis sur vingt-cinq ans. Ce dispositif doit permettre à l'État de construire onze parcs éoliens offshore en mer du Nord, dans l'Atlantique et en Méditerranée, tout en garantissant aux investisseurs des revenus stables grâce à un mécanisme de prix justement garanti par l'État. Voilà une décision qui s'inscrit pleinement dans la stratégie climatique de la France, engagée dans le pacte européen pour une industrie énergétique plus verte.
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Onze parcs éoliens en mer et 63 milliards d'euros pour transformer le mix électrique français
Le montant évoqué pour financer la construction et l'exploitation de onze parcs éoliens en mer du Nord, en Atlantique et en Méditerranée, 63 milliards d'euros répartis sur un quart de siècle, est purement colossal. À terme, l'ensemble pourrait afficher une puissance combinée de 11,1 GW et produire jusqu'à 47,8 TWh d'électricité renouvelable chaque année, une manne considérable pour le mix électrique tricolore.
Cette capacité représenterait environ 10,6 % de la consommation électrique annuelle de la France, une part loin d'être anecdotique. Les installations seront ainsi réparties entre mer du Nord, façade atlantique et Méditerranée, histoire de ne pas mettre tous les mâts dans le même panier géographique et de répartir les risques climatiques et logistiques du chantier.
La question du financement est probablement la plus technique de l'annonce faite lundi par la Commission européenne. Dans le détail, la France organisera elle-même des appels d'offres transparents et non discriminatoires pour choisir les opérateurs qui construiront ces parcs. Chaque candidat proposera un prix de vente cible pour son électricité ; et une fois le contrat signé, ce prix sera comparé en continu au prix réel de l'électricité sur le marché. C'est ce qu'on appelle un contrat sur différence bidirectionnel, en gros un système d'aller-retour qui ajuste automatiquement les revenus de l'exploitant, à la hausse comme à la baisse, en fonction des variations du marché.
Comment la Commission a validé ce régime d'aides français
Le principe du contrat sur différence fonctionne dans les deux sens, et c'est toute sa force. Si le prix de l'électricité sur le marché tombe sous le prix cible fixé par l'opérateur, l'État verse la différence pour compenser le manque à gagner et garantir la rentabilité du projet. Mais si le marché s'envole au-dessus de ce prix cible, c'est l'inverse, les exploitants reversent le surplus aux autorités françaises, qui récupèrent ainsi une partie de leurs aides. Un partage du risque plutôt qu'un chèque en blanc, avec un garde-fou supplémentaire : aucune compensation n'est versée lorsque les prix du marché deviennent négatifs, une situation où l'électricité coûte plus cher à produire qu'à vendre.
Pour donner son feu vert, la Commission a vérifié que ce régime respectait les critères du CISAF, l'encadrement des aides d'État adopté le 25 juin 2025 pour accompagner le pacte européen pour une industrie propre. Il s'agit d'un texte qui autorise notamment, jusqu'au 31 décembre 2025, les aides au déploiement des renouvelables, à la décarbonation industrielle ou à la production de technologies propres. Bruxelles a jugé le dispositif français nécessaire, approprié et proportionné au regard de l'article 107 du traité européen, qui encadre les aides compatibles avec le marché intérieur.
Sur les onze parcs concernés, trois ne partent pas totalement de zéro, car ils étaient déjà couverts par un précédent régime d'aides, validé par la Commission en août 2025, que ce nouveau dispositif vient désormais remplacer. C'est en tout cas une étape supplémentaire que Teresa Ribera, vice-présidente exécutive de la Commission chargée d'une transition propre, juste et compétitive, a saluée, y voyant la confirmation de l'engagement de la France vers, selon ses mots, « un système énergétique entièrement décarboné ».