La Commission européenne a validé une aide d'État française de 144 millions d'euros en faveur de la société HyforSeeds pour produire de l'hydrogène renouvelable dans le Haut-Rhin. L'industrie des engrais entre dans la danse de la décarbonation.

Bruxelles valide 144 millions d'euros pour décarboner la production d'ammoniac en France. © fotokaleinar / Shutterstock
Bruxelles valide 144 millions d'euros pour décarboner la production d'ammoniac en France. © fotokaleinar / Shutterstock

Vendredi, l'entreprise HyforSeeds a obtenu 144 millions d'euros de l'État français, validés par la Commission européenne, pour déployer une unité d'hydrogène renouvelable de 50 MW en Alsace. La filiale d'Hynamics va installer un électrolyseur sur le site du chimiste LAT Nitrogen, pour décarboner la production d'ammoniac. Le projet permettra de substituer jusqu'à 15% de l'hydrogène fossile utilisé sur place, avec une réduction des émissions de gaz à effet de serre d'au moins 70%. Plus de 46 000 tonnes de CO₂ seront évitées chaque année.

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Un électrolyseur de 50 MW pour fabriquer de l'hydrogène vert au cœur de la chimie alsacienne

C'est dans la zone industrielle d'Ottmarsheim-Chalampé, dans le Haut-Rhin, que HyforSeeds va installer son électrolyseur, l'appareil qui produit de l'hydrogène à partir d'eau et d'électricité renouvelable. Le choix du lieu est logique puisque LAT Nitrogen, fabricant d'engrais et de produits chimiques, y est déjà implanté et consomme de grandes quantités d'hydrogène. Plutôt que de tout construire de zéro, HyforSeeds branche simplement son hydrogène vert sur une industrie qui en a déjà besoin.

Pour fabriquer de l'ammoniac, qui est une matière première essentielle des engrais, l'industrie consomme massivement de l'hydrogène produit à partir de gaz naturel, donc très polluant. HyforSeeds va en remplacer jusqu'à 15% par de l'hydrogène renouvelable. Modeste en apparence, ce remplacement partiel suffit pourtant à réduire les émissions de gaz à effet de serre d'au moins 70%, soit plus de 46 000 tonnes de CO₂ évitées par an, l'équivalent de ce que rejettent environ 25 000 voitures.

Les 144 millions d'euros versés par l'État français prendront la forme d'une subvention directe pour financer une partie de la construction, déjà l'électrolyseur lui-même, mais aussi toutes les infrastructures nécessaires à son fonctionnement. La Commission européenne a d'ailleurs été claire là-dessus : sans ce coup de pouce public, HyforSeeds n'aurait pas lancé le projet. L'argent public sert ici à déclencher un investissement privé qui, seul, ne se serait pas fait.

Ce que Bruxelles attend de l'hydrogène renouvelable pour tenir ses propres engagements climatiques

Avant de donner son feu vert, la Commission européenne a vérifié que cette aide respectait bien les règles européennes sur les aides d'État, qui encadrent strictement ce qu'un pays peut financer pour éviter de fausser la concurrence entre entreprises. Le soutien français est jugé proportionné par Bruxelles, sans avantage déloyal pour HyforSeeds sur le marché, et cohérent avec les objectifs climatiques et énergétiques que l'UE s'est elle-même fixés.

Teresa Ribera, la vice-présidente exécutive de la Commission chargée de la transition énergétique, a tenu à saluer le projet. Dans sa déclaration, elle pointe deux avancées concrètes : la réduction des émissions de gaz à effet de serre grâce aux électrolyseurs, et l'essor de l'hydrogène renouvelable dans la production d'ammoniac et d'engrais. « Cela constitue », selon elle, « une étape importante vers une industrie plus durable et plus respectueuse de l'environnement. »

L'Union européenne s'est fixé des objectifs chiffrés et contraignants. D'ici 2030, au moins 42% de l'hydrogène consommé par l'industrie devra être renouvelable, et cela doit monter à 60% en 2035. Autrement dit, les usines européennes vont devoir progressivement abandonner l'hydrogène fossile. Des projets comme celui d'HyforSeeds sont précisément là pour rendre cette bascule possible, un site industriel à la fois.