Le Wireless Power Consortium réunit Apple, Google, Xiaomi et une vingtaine d’acteurs du secteur pour finaliser le Qi 50W, futur standard universel de charge sans fil. Objectif : doubler la puissance du Qi2 actuel et en finir avec les chargeurs propriétaires. Rendez-vous en 2028.

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Pendant des années, la charge sans fil rapide a fonctionné comme un club privé : chaque constructeur proposait ses watts, mais uniquement avec ses propres accessoires. Un iPhone à 25W sur un pad MagSafe, un Xiaomi à 80W sur son socle maison, un Pixel qui fait ce qu’il peut. Le résultat, c’est un marché fragmenté où l’interopérabilité reste une promesse creuse. Ce verrou pourrait sauter d’ici 2028, selon Android Authority, qui rapporte les travaux en cours autour d’un standard Qi 50W universel.

Le Qi 50W, un chantier industriel qui avance vite

Du 22 au 25 juin 2026, le Wireless Power Consortium a tenu une réunion technique au siège de Xiaomi à Pékin. Autour de la table : Apple, Google, Huawei, Oppo, Vivo, Honor, mais aussi des équipementiers comme Anker, NXP ou Panasonic Automotive Systems. Plus de vingt entreprises ont participé à ce « Plugfest », un processus de test croisé où chaque participant confronte ses puces, bobines et prototypes à ceux des autres pour détecter les problèmes de compatibilité en amont.

Ce n’est pas une réunion de plus, les paramètres matériels du Qi 50W seraient déjà largement arrêtés, et le standard vise une sortie officielle en 2028. Concrètement, le Qi 50W doublerait la puissance du Qi2 25W, lui-même adopté comme norme IEC internationale fin 2024. La progression est rapide : le Qi2 original plafonnait à 15W avec son alignement magnétique, le 25W est arrivé en 2025, et l’industrie vise déjà le double pour la génération suivante.

L’architecture Xiaomi au cœur du futur standard

Ce qui retient l’attention, c’est le rôle moteur de Xiaomi dans la définition technique du standard. Le constructeur chinois a soumis au WPC, fin 2024, une architecture dite « basse inductance, basse tension, haute puissance » développée sur deux ans. L’idée : réduire les pertes dans la bobine de charge, améliorer la dissipation thermique et faciliter l’intégration dans des designs de plus en plus contraints, comme les téléphones pliables ou les pads de charge embarqués en voiture. Le WPC a officiellement intégré cette architecture dans le processus de rédaction du Qi 50W au premier trimestre 2026.

Le Xiaomi 50w Wireless Charging Stand Pro. © Xiaomi

Sauf que Xiaomi ne fait pas ça par altruisme. Ses chaînes d’approvisionnement domestiques sont déjà calibrées sur cette technologie : en la faisant adopter comme base du standard mondial, le constructeur s’assure que ses fournisseurs restent compatibles avec les marchés internationaux. Ce que ça dit de la stratégie de Xiaomi : l’entreprise ne suit plus les standards, elle les écrit. C’est un changement de posture significatif pour un acteur longtemps perçu comme suiveur sur les normes globales.

La fin des chargeurs propriétaires, vraiment ?

Sur le papier, le Qi 50W promet ce que le Qi2 n’a jamais vraiment tenu : une charge rapide universelle, sans avoir à acheter le pad du même fabricant que son téléphone. Un iPhone, un Pixel et un Xiaomi qui se rechargent à pleine vitesse sur le même accessoire tiers, c’est l’objectif affiché. Pour les meilleures batteries externes du marché ou les stations de charge multi-appareils, ce serait une simplification bienvenue.

Le chargeur MagSafe d'Apple pourrait évoluer. © Apple

Reste une nuance à ne pas éluder : les constructeurs chinois comme Xiaomi proposent déjà des charges sans fil propriétaires bien au-delà de 50W. Ces vitesses resteront réservées à leurs propres accessoires. Le Qi 50W ne supprime pas le propriétaire, il fixe un plancher universel ambitieux. C’est déjà beaucoup, mais ce n’est pas la même chose que l’unification totale. La batterie magnétique Xiaomi compatible Samsung, iPhone et Pixel montre que la marque sait jouer la carte de l’interopérabilité quand ça l’arrange.

2028, c’est à la fois proche et loin. Proche, parce que les specs matérielles sont déjà posées et que les tests croisés ont commencé. Loin, parce qu’entre la finalisation d’un standard et son adoption massive par les constructeurs, les accessoiristes et les consommateurs, il y a toujours une marge. La vraie question n’est pas de savoir si le Qi 50W verra le jour, mais si Apple, Google et les autres joueront vraiment le jeu de l’interopérabilité ou se ménageront, comme souvent, une porte de sortie propriétaire.