À plus de 1 000 euros, le prix de la Steam Machine est le reflet de l’étrange époque que nous vivons : les prix des composants informatiques sont au plus haut et cela affecte tous les fabricants.

Après le lancement réussi du Steam Deck, Valve souhaitait pousser encore un peu plus de joueurs vers SteamOS, le système d’exploitation conçu pour que les joueurs quittent Windows, avec sa Steam Machine. Tout porte à croire que ça ne va pas être pour tout de suite, vu les prix.
Steam Machine : un prix reflet du marché actuel
À l’annonce de la Steam Machine par Valve en novembre 2025, les débats ont essentiellement porté sur les spécifications techniques du produit avec son processeur six cœurs et sa carte graphique RDNA 3.
Dans un cas comme dans l’autre, de nombreux joueurs s'inquiétaient du potentiel d’une machine techniquement dépassée avant même d’être mise sur le marché. Mais avec l’inflation galopante qu’a depuis connu la DRAM et la NAND, la question du prix de la Steam Machine a pris une place toujours plus importante dans le débat.
Une place d’ailleurs confortée par le mutisme de Valve qui a mis un temps certain à dévoiler le tarif de son bébé. Il faut dire que le groupe américain devait être bien embêté. Il n’est pas question pour nous de plaindre Valve, mais quand on travaille de nombreuses années sur un projet afin de placer un PC plutôt pas cher dans le salon et, ainsi, booster l’adoption de SteamOS, on doit l’avoir mauvaise de tomber au pire des moments.

Visiblement, Valve n’avait pas du tout prévu que l’intelligence artificielle phagocyte ainsi la production de DRAM et de NAND faisant augmenter les prix de tous les composants, et ce, sur une longue durée.
De fait, le prix de la Steam Machine – révélé il y a seulement quelques jours – est dans la fourchette la plus haute de toutes les estimations/prévisions de tous les spécialistes du secteur : 1 039 euros pour la version la plus « limitée » (512 Go de SSD) et jusqu’à 1 428 euros pour la déclinaison équipée d’un SSD de 2 To et fournie avec un Steam Controller.
« Moins c’est cher, mieux c’est. »
Forcément, de tels tarifs ont largement été critiqués : nous sommes ici très loin de la machine grand public initialement présentée par Valve et, même si les consoles de salon ont augmenté de leur côté, l’écart reste perceptible. Difficile d’imaginer que les joueurs vont se laisser convaincre par une machine aussi chère… Sachant que les inquiétudes autour des spécifications techniques n’ont évidemment pas changé.
Interrogé par Digital Foundry, Valve n’a pu que regretter la situation. Ce sont les ingénieurs Yazan Aldehayyat et Pierre-Loup Griffais qui ont répondu aux questions de notre confrère, sans langue de bois. Pierre-Loup Griffais a ainsi expliqué qu’ « il est inutile de maintenir un prix élevé pour notre matériel », ajoutant que « l’objectif est de renforcer le lien entre les joueurs et leurs jeux, et non de vendre quelque chose pour d’autres raisons… [Pour nous], moins c’est cher, mieux c’est. »
Hélas, malgré l’envie affichée par Pierre-Loup Griffais, Yazan Aldehayyat tempère rapidement : « Il est évidemment difficile de prédire l'avenir […] mais nous ne sommes pas optimistes quant à une évolution prochaine. D'autres acteurs du secteur l'ont également souligné. »
Bien sûr, leur échelle n’est pas la même que la nôtre, pourtant les deux ingénieurs de Valve font le même constat que vous et moi : il est aujourd’hui très difficile de se monter un PC gaming sans se ruiner. La Steam Machine est chère, c’est un fait, mais surtout, ce n'est pas près de changer.
Petite remarque au passage, entre l’épuisement des stocks immédiat au Japon et la loterie mise en place en Amérique du Nord et en Europe, tout porte à croire que les stocks de Steam Machine aient été très limités : Valve lui-même est donc parfaitement conscient qu’à ce prix, la Steam Machine ne risque pas de convaincre beaucoup de joueurs.
Source : Digital Foundry