Quand on parle de drones et de sécurité, on a souvent tendance à penser à la Chine. Mais les États-Unis ne sont pas en reste en ce qui concerne la sécurité nouvelle génération.

La Californie va se doter de drones policiers ultra-rapides. ©marekuliasz / Shutterstock
La Californie va se doter de drones policiers ultra-rapides. ©marekuliasz / Shutterstock

La ville de Stockton, en Californie, a approuvé un contrat de 3,15 millions de dollars pour déployer des drones policiers capables d'intervenir sur les lieux d'un appel au 911 (numéro d'urgence américain) en moins de 30 secondes. Le conseil municipal a voté à l'unanimité, sept voix pour, zéro contre, pour étendre son partenariat avec la société Flock Safety, qui fournit déjà à la ville des lecteurs automatiques de plaques d'immatriculation. Avec cet ajout, la valeur totale du contrat sur cinq ans dépasse désormais 5,4 millions de dollars.

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Un déploiement dans toute la ville

Les drones seront positionnés à plusieurs endroits stratégiques et couvriront plus de 75 % du territoire de Stockton. Leur rôle est d'arriver sur les lieux avant les agents de police, avec des délais d'intervention compris entre 30 secondes et quatre minutes selon la localisation.

Le lieutenant David Padula, de la police de Stockton, a résumé l'intérêt du dispositif :

Cela va vraiment renforcer ce que nous avons déjà, avec des déploiements rapides et des informations en temps réel pour les agents sur le terrain.

Opposition ferme, décision actée rapidement

Si le vote a été expéditif, presque aussi rapide que les futurs drones policiers, la séance publique qui l'a précédé ne l'a pas été. Pendant plus d'une heure, des habitants ont pris la parole pour exprimer leurs inquiétudes sur la vie privée, la surveillance de masse et les risques liés à l'application des lois sur l'immigration. Leurs questions portaient autant sur l'usage concret des drones que sur les conditions de stockage et de partage des données collectées.

Stockton ne sera la première ville des USA à utiliser la surveillance par drone. ©s sarawuth / Shutterstock

John McBride, candidat républicain au Congrès, s'est lui aussi prononcé contre le projet, le qualifiant d'« atteinte totale à la vie privée ». Il a notamment souligné un point juridique sensible.

Les caméras de Flock Safety étant la propriété d'une entreprise privée, les citoyens ne peuvent pas recourir aux lois sur la liberté d'information pour savoir quelles données la société détient à leur sujet. Flock répond que les agences locales conservent le contrôle des données et que chaque vol de drone est consigné sur un tableau de bord public.

En France, l'opérateur Orange, veut utiliser ses antennes 5G comme bouclier anti-drone, une opération qui pourrait d'office, condamner ce type d'initiative.

Une tendance qui se répand

Stockton rejoint un nombre croissant de villes américaines ayant adopté des systèmes de premiers répondants par drone, parmi lesquelles Chula Vista, Fremont et Louisville en Californie, mais aussi des villes au Texas, en Indiana et dans le Connecticut. Le dispositif est présenté par ses promoteurs comme un moyen d'améliorer la sécurité des agents et de réduire les délais d'intervention.

La question que ces villes n'ont pas encore tranchée est celle-ci. Que se passe-t-il lorsque les données issues de milliers de vols autonomes au-dessus de quartiers résidentiels tombent entre de mauvaises mains ? La réponse, dans plusieurs États américains, existe déjà.

Source : TheNextWeb