Selon une étude du Stevens Institute of Technology, un essaim de drones serait capable de faire office d'antenne-relais mobile lors d'une panne ou d'un pic de trafic. Le système, « AURA-GreeN », fonctionne via l'architecture Open RAN et affiche une amélioration de 460 % de la fraîcheur des données transmises.

Ying Wang, professeure agrégée en communications sans fil à l'Institut Stevens, et Ishan Aryendu, son doctorant, se sont demandé comment communiquer quand une catastrophe naturelle détruit des antennes réseau, ou quand 80 000 personnes allument leur smartphone en même temps dans un stade, puisque les réseaux se mettent en rideau. D'après leurs recherches, les drones prendraient le relais comme filet de secours déployable en quelques minutes là où le signal est absent. Ishan Aryendu donne l'exemple du Super Bowl, pendant lequel des drones de captation vidéo survolaient déjà l'enceinte, et qu'un double usage connectivité n'aurait consommé aucune énergie supplémentaire.
Des antennes qui volent et s'adaptent en temps réel
AURA-GreeN fonctionne comme une xApp, une micro-application embarquée dans un contrôleur réseau Open RAN. Concrètement, chaque drone du groupe agit comme une unité radio mobile, et le système surveille en continu la qualité du signal, les interférences et la charge du trafic pour décider en temps réel quel drone transmet quoi, comment répartir le spectre disponible et où acheminer les données.
Selon Ying Wang, « Le système décide où les drones doivent aller et comment utiliser le spectre radioélectrique, pour que les données arrivent vite et de manière fiable ». L'intérêt par rapport à une antenne fixe est que le réseau bouge avec les besoins, il n'est pas condamné à couvrir une zone prédéfinie. L'amélioration de 460 % de l'âge de l'information, la métrique choisie par les chercheurs pour mesurer la fraîcheur des données, indique que les utilisateurs reçoivent des informations bien plus récentes qu'avec une infrastructure au sol saturée. Cela peut être très utile par exemple lors d'opérations de secours, quand chaque seconde compte pour sauver des victimes.
Une logistique aérienne qui reste entière
Un drone multirotor tient entre 20 et 45 minutes en vol. Pour maintenir un essaim opérationnel pendant plusieurs heures lors d'un tremblement de terre ou d'une inondation, il faut préparer des rotations de batteries, des équipes au sol et une chaîne d'approvisionnement.
Puis il y a la réglementation. En 2026, voler hors ligne de vue au-dessus de zones peuplées exige des autorisations spéciales dans presque tous les pays. La FAA américaine a publié son projet de règlement BVLOS en août 2025, rouvert les commentaires en janvier 2026, et n'a toujours pas finalisé de règle à ce jour. En Europe, le cadre U-Space de l'EASA est en place, mais les vols urbains hors ligne de vue restent soumis à validation nationale au cas par cas.
Un essaim envoyé en urgence au-dessus d'une ville sinistrée devrait donc obtenir des dérogations en temps réel. Le vent fort et les basses températures réduisent par ailleurs significativement l'autonomie des batteries LiPo qui équipent la majorité des drones civils, car l'appareil consomme davantage d'énergie pour compenser.
Cela n'empêche pas Ying Wang de voir plus loin. « À l'avenir, on pourra déployer ces réseaux aériens à l'aide de drones et d'autres véhicules volants, comme les taxis volants », dit-il.
Source : TechRadar