Pour contenir la flambée des prix à la pompe liée au conflit au Moyen-Orient, le gouvernement déploie une indemnité carburant de 100 euros à destinations des travailleurs dits « grands rouleurs ». Mode d'emploi.

Près de trois millions de travailleurs modestes pourraient bénéficier de l'aide carburant officialisée par le gouvernement ce vendredi 22 mai, à condition toutefois de cocher des cases bien précises. Citons par exemple le niveau de revenus, le kilométrage parcouru pour le boulot, et le type de véhicule. L'indemnité de 100 euros, qui revient à 20 centimes de rabais par litre pendant six mois, ne s'adresse qu'aux conducteurs de thermiques ou d'hybrides non rechargeables à usage professionnel. La bonne nouvelle, c'est qu'un simulateur est déjà accessible sur impôts.gouv.fr pour savoir si vous êtes éligible, avant l'ouverture officielle des demandes le 27 mai. On vous explique tout.
100 euros pour faire le plein : le gouvernement aide les grands rouleurs, voici les conditions
Pour prétendre à cette indemnité « grands rouleurs », il faut d'abord réunir trois conditions de base. Le demandeur doit être domicilié fiscalement en France (métropole ou DOM), il doit avoir eu au moins 16 ans au 31 décembre 2024, et avoir travaillé en 2024. Qu'il soit salarié, indépendant ou agriculteur, peu importe le statut, du moment qu'un revenu d'activité a bien été déclaré cette année-là. En revanche, les personnes au chômage et les préretraités doivent passer leur tour, puisque le dispositif cible uniquement ceux qui ont une activité professionnelle.
Le deuxième critère, c'est le niveau de revenus. Le gouvernement a fixé un plafond de 16 880 euros de revenu fiscal de référence par part, une donnée qui figure directement sur votre avis d'imposition. Pour avoir une idée, une personne seule qui gagne jusqu'à 1 508 euros net par mois est bien éligible, tout comme un couple avec un enfant dont le salaire net mensuel ne dépasse pas 3 771 euros. Si le demandeur est assujetti à l'impôt sur la fortune immobilière en 2024, il est exclu du champ d'éligibilité.
Enfin, dernier critère, et c'est celui qui donne tout son sens au dispositif, il faut rouler suffisamment pour son travail. Dans le détail, il faut justifier d'un trajet domicile-travail de plus de 15 km dans un sens (soit 30 km aller-retour), ou dépasser les 8 000 km annuels dans le cadre professionnel. En ce qui concerne le véhicule, il doit être thermique ou hybride non rechargeable, assuré et immatriculé au nom du demandeur. Cela exclut de fait les voitures de fonction, les électriques et les hybrides rechargeables.
Simulation, demande en ligne, virement : le parcours en trois temps
Avant de faire sa demande, il faut savoir qu'un simulateur gratuit est disponible dès maintenant sur impôts.gouv.fr pour connaître en quelques minutes son éligibilité. Si vous le sollicitez, vous remarquerez qu'il vous demande si vous utilisez un véhicule à titre professionnel, si vous faites assez de kilomètres, si vous êtes bien domicilié en France, l'âge que vous, si vous avez travaillé en 2024, et si vous êtes redevable de l'IFI, avant de vous demander votre revenu fiscal de référence et le nombre de parts de votre foyer, comme nous vous l'expliquions. Pour ces deux dernières données, gardez votre avis d'imposition 2025 à portée de main, car elles figurent toutes les deux en première page.

À partir du 27 mai, la demande peut se faire en ligne, depuis son espace personnel sur impôts.gouv.fr. Le formulaire est rapide à remplir, car il suffit d'indiquer son état civil, son numéro fiscal, le numéro d'immatriculation de son véhicule et celui de sa carte grise. Le conducteur doit aussi certifier sur l'honneur qu'il respecte bien les critères de kilométrage déclarés, en sachant que l'administration se réserve le droit de vérifier ces informations après coup.
Une fois la demande validée, les 100 euros sont versés directement sur le compte bancaire, celui que l'administration fiscale a déjà en sa possession, sous une dizaine de jours environ. À noter que l'aide n'est accordée qu'une seule fois par véhicule, pas par personne. Et mieux vaut jouer franc jeu, car en cas de fausse déclaration avérée, la somme perçue peut être réclamée avec une majoration pouvant aller jusqu'à 100 % du montant, soit 200 euros, et l'administration, qui a bonne mémoire, a cinq ans devant elle pour effectuer ses contrôles.