La startup danoise Atech lève 800 000 dollars en pré-seed pour appliquer le « vibe coding » au hardware physique. Lovable, Nordic Makers et des scout funds de Sequoia et a16z participent au tour. Le prototype en langage naturel n'est plus réservé au logiciel.

Un prototype de timer Pomodoro généré avec l'outil d'Atech. © Naïm Bada/Atech
Un prototype de timer Pomodoro généré avec l'outil d'Atech. © Naïm Bada/Atech

Grande faucheuse de disques durs pour certains, véritable révolution pour d'autres, le vibe coding à autant d'adeptes que de détracteurs. Jusqu'ici, le concept s'arrêtait net à la frontière du monde physique : on pouvait « vibe-coder » une app, pas un capteur de température.

800 000 dollars pour prototyper du hardware par IA

Atech, fondée en 2026 et basée entre Copenhague et Stockholm, veut franchir cette frontière. L'idée : un utilisateur achète un starter kit hardware sur le site, puis décrit en langage naturel via un chatbot ce qu'il veut construire. L'IA génère le firmware, guide le câblage et accompagne jusqu'au prototype fonctionnel. Les fondateurs ont bouclé un tour de pré-seed de 800 000 dollars (681 000 euros), mené par Nordic Makers et Emblem. Lovable participe au tour en tant qu'entreprise, aux côtés du Sequoia Scout Fund et du a16z Scout Fund. Anton Osika, le patron de Lovable, a ajouté un ticket personnel.

Gustav Hugod, responsable de l'expérience utilisateur chez Atech, décrit une base d'utilisateurs qui va « d'enfants de quatre ans construisant des voitures à une usine de synthèse d'hydrogène nécessitant un capteur de tension précis ». Le spectre est large (peut-être un peu trop pour une levée de cette taille, mais le positionnement a le mérite d'être clair), et aucun doute qu'il se resserrera dans un premier temps avant de vraiment adresser tout ce beau monde.

Les premiers kits hardware partiront en juillet, mais vous pouvez déjà générer vos premiers prototypes sur l'app. © Naïm Bada/Atech
Les premiers kits hardware partiront en juillet, mais vous pouvez déjà générer vos premiers prototypes sur l'app. © Naïm Bada/Atech

Anton Osika résume sa conviction : il voit chez Atech les mêmes signaux que ceux qui avaient précédé l'explosion de Lovable. Le deal est 100 % nordique dans sa structure, européen dans ses ambitions.

Du prompt au circuit imprimé : ce que ça change (et ce qui coince)

Le parallèle avec le logiciel fait par Anton est tentant, mais il a ses limites. Le hardware ajoute des couches de complexité que le vibe coding n'a pas à gérer. Un bug dans une app Lovable se corrige en regénérant le code. Un bug dans un circuit imprimé peut griller un composant, voire poser un risque de sécurité physique.

Côté écosystème français et européen, le terrain est loin d'être vierge. STMicroelectronics (franco-italien, siège à Genève, fab à Crolles) domine le marché des microcontrôleurs STM32, incontournables dans le prototypage rapide. Greenwaves Technologies (Grenoble) travaille sur des MCU IA edge. Sipearl (Maisons-Laffitte) conçoit le processeur Rhea pour le supercalculateur EuroHPC. Et les FabLabs français (Usine IO à Paris, Faclab à Cergy) accompagnent les makers depuis une décennie. Atech ne part pas d'un vide : elle arrive dans un écosystème existant avec une proposition d'abstraction par-dessus.

Pour un maker ou un ingénieur en France, la promesse d'Atech ressemble à ce qu'Arduino a fait en 2005 pour le prototypage accessible : baisser la barrière d'entrée. Sauf que cette fois, la barrière n'est plus le soudage ou le C embarqué, c'est le langage naturel qui remplace les deux. À 800 000 dollars de levée et sans démo publique vérifiable, on en est au stade de la promesse. Mais c'est une promesse que quelqu'un qui vaut 6,6 milliards prend suffisamment au sérieux pour signer le chèque.