L'administration Trump veut étancher la curiosité du public sur le sujet des OVNI. Et elle met en ligne une page officielle sur laquelle elle déclassifie des images et des documents pouvant révéler l'existence de phénomènes anormaux.

La question des OVNI n'est aujourd'hui plus seulement une histoire de conspirationnisme marginal. Les gouvernements des États-Unis veulent ces dernières années répondre directement à la curiosité du public. Donald Trump avait ainsi fait déclassifier des images lors de son premier mandat, puis ce fut au tour de l'administration Biden de mettre en place une plateforme afin de déclassifier des vidéos en lien avec les OVNI. Et de retour à la Maison Blanche, Donald Trump veut continuer sur cette voie.
Une nouvelle page officielle américaine publie des images de « phénomènes anormaux
non-identifiés »
Au mois de février dernier, Donald Trump annonçait dans un message posté sur son réseau social Truth Social avoir ordonné au département de la Guerre (de la Défense) « d'entamer le processus d'identification et de divulgation des dossiers gouvernementaux relatifs à la vie extraterrestre, aux phénomènes aériens non identifiés (UAP) et aux objets volants non identifiés (OVNI) ».
Ces derniers jours, cette volonté s'est transformée en réalité, avec la création d'une page dédiée « phénomènes anormaux
non-identifiés » directement sur le site du département de la Guerre. Une page qui, selon les autorités américaines, bénéficiera de mises à jours régulières de nouveaux documents déclassifiés.

Des images qui restent pour le moment assez flous
Cette nouvelle page propose à la fois des clichés censés montrer des étranges apparitions dans le ciel, mais aussi des documents relatifs aux OVNI produits au fil des décennies par des agences comme le FBI, la NASA ou le département de la Guerre. Pour cette première salve de documentations déclassifiés, ce sont plus de 160 documents PDF consistant en photographies ou dossiers qui sont dévoilés.
Les premières images qui apparaissent par ailleurs en haut de la page, dans un carrousel, nous offrent, comme on pouvait s'y attendre, des images plutôt floues en noir et blanc, avec quelques fois des formes étranges qui apparaissent (dans certains clichés, il est difficile de retrouver les phénomènes anormaux exposés). Pour ceux qui sont intéressés, le lien de cette nouvelle page se retrouve ici.
Source : Engadget
OVNI désigne un « objet volant non identifié », un terme historiquement associé à l’idée d’un engin, parfois avec une connotation extraterrestre. UAP (Unidentified Aerial Phenomena) élargit le cadre : il peut s’agir d’un objet, d’un phénomène lumineux, d’un écho radar ou d’un événement atmosphérique difficile à classer. Cette terminologie est privilégiée par les administrations et armées, car elle évite d’induire une cause particulière et se concentre sur l’observation. En pratique, un UAP peut finir expliqué (ballon, drone, artefact de capteur) ou rester non attribué faute de données.
Que signifie « déclassification » pour des documents sur les OVNI/UAP aux États-Unis ?La déclassification est un processus officiel par lequel une information auparavant protégée (secret défense, renseignement, sources et méthodes) devient consultable par le public. Elle ne consiste pas forcément à publier « tout » : des passages peuvent rester masqués (caviardés) pour protéger des capacités militaires, des capteurs, des lieux, des identités ou des partenariats. Le contenu rendu public peut donc être incomplet ou sortir de son contexte opérationnel, ce qui limite parfois l’interprétation. Une déclassification indique surtout que l’État estime que le risque lié à la divulgation est acceptable, pas que l’information prouve une origine ou une technologie particulière.
Pourquoi les images d’UAP publiées sont-elles souvent floues ou difficiles à interpréter ?Beaucoup d’images proviennent de capteurs conçus pour la détection et le suivi (caméras infrarouges, systèmes embarqués, longues focales), pas pour produire des photos « nettes » grand public. La compression vidéo, les faibles niveaux de lumière, la distance et les réglages automatiques (mise au point, exposition) peuvent transformer un objet banal en forme ambiguë. Il faut aussi compter les artefacts : reflets, bruit numérique, sur/sous-exposition, ou erreurs de parallaxe liées au mouvement de l’avion et à la stabilisation. Sans métadonnées complètes (distance, angle, vitesse, paramètres du capteur, corrélation radar), une image seule permet rarement de conclure de façon robuste.