Alors que plusieurs pays européens réfléchissent à approuver, ou non, le Full Self-Driving (FSD) de Tesla, plusieurs régulateurs émettent de sérieuses réserves sur la technologie. Le feu vert continental est loin d’être acquis.

Il y a quelques semaines, les Pays-Bas devenaient le premier pays européen à approuver le FSD, dispositif de conduite semi-autonome qui permet au véhicule de se piloter seul dans certaines conditions, tout en exigeant que le conducteur reste attentif.
C’est désormais l’approbation à l’échelle européenne qui se joue, avec des votes attendus en juillet et octobre. Et si Elon Musk se dit confiant quant à une approbation rapide sur le continent, des échanges d’e-mails internes obtenus par Reuters pourraient freiner ses ardeurs.
Craintes concernant la technologie sur les routes glacées
Ils concernent les régulateurs des transports des Pays-Bas, de la Suède, de la Finlande, du Danemark et de la Norvège, des pays dont le vote pourrait se révéler déterminant pour obtenir la majorité qualifiée nécessaire à une approbation à l’échelle de l’Union européenne (UE).
Et leurs inquiétudes portent sur plusieurs points concrets. Par exemple, un enquêteur de l’Agence suédoise des transports s’est dit « assez surpris » d’apprendre que le FSD autorisait les dépassements de vitesse, estimant qu’une telle fonctionnalité devrait être interdite. Son homologue finlandais a quant à lui mis en doute la capacité du système à fonctionner en toute sécurité sur des routes verglacées. Les régulateurs nordiques ont également soulevé la question des orignaux sur les routes, car il s’agit d’un risque bien réel dans la région.
Une fois n’est pas coutume, la dénomination même de la technologie a aussi été pointée du doigt : le nom « Full Self-Driving » (conduite entièrement autonome en français) risque-t-il d’induire les consommateurs en erreur en leur laissant croire que le véhicule se conduit vraiment seul ? Tesla a déjà été condamnée aux États-Unis pour cette dénomination considérée comme trompeuse.

La stratégie de pression de Tesla ne passe pas
Sans surprise, la stratégie de Tesla consistant à mobiliser ses clients pour faire pression en sa faveur n’est pas au goût des régulateurs. Car, lors de l’assemblée annuelle des actionnaires en novembre, Elon Musk a publiquement encouragé les automobilistes à contacter les autorités pour réclamer l’approbation du FSD.
Des centaines de mails ont ainsi afflué vers les agences de transport nordiques, au point qu’un responsable norvégien a estimé que son service allait devoir « déployer beaucoup d'efforts pour répondre à des consommateurs mal informés ». Si Tesla a depuis reconnu que ce type de campagne n’était « généralement pas utile pour le processus d'approbation », de telles initiatives pourraient laisser des traces. D’autant que le P.-D. G a maintes fois plaidé pour un allègement des contraintes réglementaires sur le Vieux Continent.
À noter, tout de même, que certains décideurs ne sont pas hostiles. Un homologue danois a par exemple salué les performances du système dans la circulation dense de Copenhague aux heures de pointe. La Suède, de son côté, se dit « globalement favorable » aux technologies de conduite automatisée, à condition qu’elles respectent la réglementation en vigueur.
Le chemin vers une approbation européenne s’annonce clairement plus sinueux que Tesla ne le laisse entendre.
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