Le milliardaire a livré, le 28 avril, un témoignage centré sur son parcours personnel et ses motivations philanthropiques, cherchant à se distinguer de Sam Altman, PDG d'OpenAI et principal défendeur dans cette affaire.

À son procès, Elon Musk vante ses mérites et l'utilité de ses projets pour le bien commun. ©Joshua Sukoff / Shutterstock
À son procès, Elon Musk vante ses mérites et l'utilité de ses projets pour le bien commun. ©Joshua Sukoff / Shutterstock

À l'ouverture de son témoignage devant le jury, Elon Musk a choisi de commencer par le début : son enfance en Afrique du Sud, son arrivée au Canada avec, selon ses propres mots, "2 500 dollars canadiens en chèques de voyage, un sac de vêtements et des livres". Il a ensuite retracé longuement l'histoire de ses entreprises, de Zip2 à PayPal, avant d'évoquer SpaceX et Tesla.

Avec cette mise en scène bien huilée, Elon Musk a tenté de démontrer que ses activités entrepreneuriales ont toujours été guidées par une préoccupation pour le bien commun. SpaceX a été présentée comme une "assurance-vie pour la vie telle que nous la connaissons". Tesla, comme une réponse aux risques environnementaux liés aux énergies fossiles. Sur ce dernier point, Musk a affirmé avoir fondé Tesla, une déclaration inexacte, puisque l'entreprise a été créée en 2003 par Martin Eberhard et Marc Tarpenning, avant qu'il n'en prenne le contrôle.

L'IA, une arme à double tranchant selon Musk

Sur la question de l'intelligence artificielle, Musk a indiqué s'être inquiété du sujet dès ses années d'études, la qualifiant d'« arme à double tranchant ». L'IA serait susceptible, selon lui, de "résoudre toutes les maladies et rendre tout le monde prospère, ou de nous tuer tous". Il a résumé cette tension en deux références culturelles : Star Trek d'un côté, Terminator de l'autre.

C'est dans cette optique, a-t-il expliqué, qu'il a co-fondé OpenAI, avec l'intention affichée d'orienter le développement de l'IA vers le premier scénario plutôt que le second.

Sam Altman accusé de vol

Face au jury, Musk a adopté une posture de contraste délibéré avec Sam Altman. Là où il se décrit comme animé par des convictions altruistes, il a présenté le PDG d'OpenAI comme quelqu'un dont le parcours, co-fondateur de l'application de réseau social Loopt, aujourd'hui tombée dans l'oubli, puis associé chez Y Combinator, parlerait moins en sa faveur.

Musk est allé jusqu'à accuser Altman de vol.

« C'est très simple : on ne vole pas une association caritative. C'est mon point de vue, et de surcroît, si les défendeurs sont déclarés non coupables, cette affaire fera jurisprudence. Elle ouvrira la voie au pillage de toutes les associations caritatives en Amérique ».

« Si le verdict laisse entendre qu'il est acceptable de piller une association, c'est tout le fondement de la philanthropie aux États-Unis qui sera détruit. »

Elon Musk a la mémoire courte

Si Musk a beaucoup insisté sur ses intentions philanthropiques, il n'a en revanche pas mentionné au jury que l'essentiel des dons versés par sa fondation a, selon plusieurs analyses, bénéficié à des causes directement ou étroitement liées à ses propres intérêts.

Le procès se poursuit. La stratégie de Musk, se poser en défenseur désintéressé de l'humanité face à un adversaire présenté comme opportuniste, devrait être soumise à l'épreuve du contre-interrogatoire dans les prochains jours.

Source : The Verge