La Japan Airlines va tester des robots humanoïdes à l'aéroport de Haneda pour charger bagages et cargo à la place des manutentionnaires. Un pilote mené sur trois ans, mené avec GMO AI & Robotics, pour répondre directement à la pénurie de main-d'œuvre qui frappe l'aviation japonaise.

En 2025, le Japon a accueilli un record de 42,7 millions de visiteurs étrangers et les candidats pour des postes de manutentionnaire se font chaque année plus rares - ©Wenjie Zheng / Shutterstock
En 2025, le Japon a accueilli un record de 42,7 millions de visiteurs étrangers et les candidats pour des postes de manutentionnaire se font chaque année plus rares - ©Wenjie Zheng / Shutterstock

JAL Ground Service, filiale du groupe chargée des opérations au sol depuis 1951, emploie environ 4 000 personnes pour ces tâches. Haneda traite plus de 60 millions de passagers par an. En 2025, le Japon a accueilli un record de 42,7 millions de visiteurs étrangers et les candidats pour des postes de manutentionnaire se font chaque année plus rares. JAL et GMO AI & Robotics ont annoncé le 27 avril 2026 la première expérimentation japonaise de robots humanoïdes en milieu aéroportuaire.

Pourquoi des robots humanoïdes plutôt que des automates classiques

À l'aéroport, personne n'a de temps à perdre. Les bagages arrivent en flux continu, les avions tournent vite et les équipes au sol manœuvrent dans des espaces exigus, encombrés d'équipements de toutes formes. JAL et GMO AI & Robotics ont écarté les systèmes automatisés fixes ou les robots à fonction unique pour cette raison. Ils sont trop rigides et trop dépendants d'une infrastructure dédiée. Il est plus efficace alors de déployer des robots humanoïdes sans toucher aux installations existantes ni à la structure des avions, puisqu'ils répliquent les contraintes physiques des travailleurs humains.

Et c'est Unitree, une entreprise de Hangzhou qui a fourni le modèle retenu : 130 centimètres, deux à trois heures d'autonomie avant recharge. Lors d'une démonstration publique fin avril, le robot a poussé du cargo vers un tapis roulant positionné contre un appareil JAL, puis a salué un collègue à distance.

Alors certes, les gestes restent basiques, mais le protocole est progressif. Il s'agit d'abord d'analyser les zones dans lesquelles les robots peuvent opérer sans risque, enchaîner des cycles de vérification en conditions réelles, puis tendre vers une exploitation autonome.

Selon Yoshiteru Suzuki le président de JAL Ground Service, les équipes humaines garderont la main sur la gestion de la sécurité. Les deux partenaires prévoient par ailleurs d'élargir les missions des robots au nettoyage des cabines et à la conduite d'équipements de piste.

Une pénurie de manutentionnaires aggravée par le boom touristique

En 2025, le Japon a accueilli 42,7 millions de visiteurs étrangers, et les deux premiers mois de 2026 ont déjà enregistré plus de 7 millions d'arrivées internationales. La démographie japonaise suit en revanche une courbe descendante. Selon les projections gouvernementales, le pays aura besoin d'environ 6,5 millions de travailleurs étrangers supplémentaires d'ici 2040, or le gouvernement, sous pression politique, peine à ouvrir plus largement les portes à l'immigration pour combler ce déficit.

Selon Tomohiro Uchida le président de GMO AI and Robotics, on imagine volontiers les aéroports très automatisés, mais leurs équipes en coulisses manquent gravement de bras. Le groupe GMO a officiellement qualifié 2026 d'« année zéro de l'humanoïde » au Japon. Pour JAL, l'expérimentation à Haneda prépare aussi une éventuelle généralisation à d'autres aéroports du groupe, avec trois ans de données opérationnelles en conditions réelles à la clé.

Source : Ars Technica