L'électricité qui coûte un prix négatif, c'est un phénomène qui devient de moins en moins rare ces dernières années. On vous explique tout juste en-dessous !

© Pawel Michalowski / Shutterstock
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D'après les lois élémentaires de l'économie, on ne produit que des biens et des services pour lesquels on peut obtenir en échange quelque chose. Personne ne paie pour produire, normalement. Sauf dans des cas particuliers, comme sur le marché de l'électricité, où du fait de contraintes techniques, cette situation arrive épisodiquement. 

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L'offre des producteurs d'électricité est de plus en plus souvent supérieure à la demande

Le marché de l'électricité est structuré d'une façon particulière, qui peut donner naissance à une situation paradoxale. Il est en effet abondé par des producteurs qui, pour une grande partie, ne peuvent pas s'adapter à la fluctuation de la demande. Les centrales nucléaires mais aussi celle à gaz ou charbon sont telles qu'il coûte très cher de les arrêter et de les redémarrer, contrairement aux énergies renouvelables (éolien, solaire...). 

Elles ne peuvent donc s'adapter aux fluctuations de la demande, et ce, surtout qu'en plus, les trois quarts des prix de l'électricité sont déjà établis à l'avance à travers des contrats à long terme, seul un quart répondant aux prix du marché (dit prix « spot »). Résultat, l'offre est rigide, et quand la demande est en recul, il est plus rationnel économiquement pour les producteurs d'électricité de vendre à perte plutôt que de s'adapter.

Le problème, c'est que ces prix négatifs, qui étaient exceptionnels avant 2020, tendent à représenter un phénomène en croissance ces dernières années. Comme l'indique RTE, les prix spots négatifs ont ainsi représenté 147 heures en 2023, pour ensuite sauter à 361 heures en 2024.

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Vers la nécessité de prendre de nouvelles mesures ?

Pour le moment, le phénomène n'est pas encore en état d'affecter durement le marché, puisqu'il « ne représente que 4 % des 365  jours que compte une année ». Ce dernier a notamment pour origine le boom des énergies renouvelables, qui sont des énergies dites non pilotables, puisque leur production dépend en grande partie des conditions météorologiques, qui échappent au contrôle des producteurs. Il arrive ainsi qu'il y ait sur le marché une production abondante qui ne soit pas la conséquence d'une demande.

Pour retrouver un meilleur équilibre, qui serait doublement nécessaire aux producteurs (car, il faut aussi ajouter qu'un réseau déséquilibré entraîne aussi des coûts de gestion supplémentaires), il pourrait être nécessaire d'apporter des changements. Au-delà d'une meilleure interconnexion européenne, qui permettrait de pouvoir mieux exporter le surplus, il serait intéressant d'explorer des mécanismes d'incitation financière aux particuliers pour qu'ils consomment plus d'électricité lors des phases de surproduction (en rechargant un véhicule électrique ou en programmant son chauffe-eau durant ces heures par exemple).

Source : RTE France