Le gouvernement français et l'Américain AMD ont officialisé ce jeudi leur partenariat visant à accélérer l'intelligence artificielle dans l'Hexagone. Il portera sur la formation, les infrastructures de calcul et le supercalculateur Alice Recoque.

C'est au ministère de l'Économie et des Finances, à Paris, que le gouvernement et AMD ont officialisé ce jeudi leur intention de travailler main dans la main sur l'IA française. Trois ministres et le vice-président senior du fabricant américain ont signé ensemble un accord qui promet, concrètement, d'ouvrir l'accès aux outils de calcul les plus puissants d'AMD aux chercheurs, développeurs et start-up de l'Hexagone. Et au cœur du projet, un supercalculateur dit « exascale », autrement dit, une machine capable d'effectuer un milliard de milliard d'opérations par seconde, qui pourrait bien faire entrer la recherche française en IA dans une nouvelle dimension.
Avec son « deal » avec le gouvernement, AMD ouvre ses ressources à toute la communauté IA française
Trois membres du gouvernement ont paraphé ce texte aux côtés de l'entreprise américaine spécialisée dans les semi-conducteurs, AMD. Philippe Baptiste (Enseignement supérieur et Recherche), Sébastien Martin (Industrie) et Anne Le Hénanff (IA et Numérique) étaient présents. En face, Keith Strier, vice-président senior d'AMD pour les marchés IA mondiaux, représentait le constructeur lors d'une cérémonie qui donne le ton d'une ambition clairement assumée, même si cette fois, on repassera pour la souveraineté.
Ce partenariat, prévu pour durer plusieurs années, s'articule autour de trois choses. Il y a les infrastructures de calcul, la recherche et la formation. En clair, AMD s'engage à donner accès à ses puces et à ses logiciels, les mêmes qui font tourner certains des systèmes d'IA les plus avancés au monde, mais aussi à des programmes pédagogiques comme l'AMD University Program pour les universités, l'AMD AI Developer Program pour les développeurs, et l'AMD AI Academy pour la montée en compétences IA au sens large. Nous le disions, les chercheurs, start-up et ingénieurs français pourront en profiter.
Le ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Philippe Baptiste, explique que ce partenariat va offrir à la communauté scientifique française « un accès sans précédent à des infrastructures de pointe ». Et pour appuyer l'ambition, il ajoute que la France part avec de sérieux atouts, comme ses labos de recherche reconnus mondialement, ses ingénieurs formés dans les meilleures écoles, et ses infrastructures numériques et énergétiques presque uniques en Europe.
Alice Recoque, le supercalculateur français auquel prend part AMD
Détail intéressant et connu depuis plusieurs mois, AMD est aussi au cœur du projet Alice Recoque, qui sera le premier supercalculateur exascale de France, actuellement en construction. On rappelle qu'on parle ici d'une machine d'une puissance de calcul colossale, développée en collaboration avec le GENCI, le consortium Jules Verne et le CEA, trois acteurs clés de la recherche publique française. Il permettra de simuler des phénomènes complexes dans les matières climatiques, militaires et scientifiques. AMD fournira ce supercalculateur en compagnie de Bull, récemment pleinement récupérée par l'État français. L'entreprise américaine ne se contente pas de fournir la technologie mais aidera à la mise en place d'un centre d'excellence, créé pour aider les chercheurs, entreprises et développeurs à tirer le meilleur parti de cet outil hors norme.
Ce centre d'excellence aura aussi pour rôle d'alimenter la future AI Factory France. Le ministre Sébastien Martin voit dans cet accord « une coopération public-privé structurante », soulignant au passage qu'AMD s'engage également à travailler avec l'État sur « les retombées économiques et sociales locales » générées par les recherches conduites dans ce cadre.
Anne Le Hénanff, la ministre déléguée au Numérique, rappelle ce jeudi qu'« il n'y a pas d'IA sans infrastructure. » En gros, sans machines puissantes et sans réseaux solides, il n'y a pas d'intelligence artificielle qui tienne. C'est précisément ce que vient combler ce partenariat, et AMD ne s'y trompe pas. Keith Strier, vice-président senior du fabricant, reconnaît lui-même que la France a « mis en place l'un des programmes nationaux d'IA les plus ambitieux d'Europe ». Un terreau idéal pour que cet accord porte ses fruits, même si la France encore être dépendante de lointains mastodontes.