Un groupe a enlevé une mère et son fils de 11 ans le 13 avril dans l’Yonne. Les ravisseurs exigeaient une rançon en cryptomonnaies auprès du père, entrepreneur dans ce secteur. C'est il y a quelques heures que des militaires du GIGN ont libéré les victimes dans un hôtel de Boissy‑Saint‑Léger, dans le Val‑de‑Marne, et des gendarmes ont interpellé plusieurs suspects, selon notre confrère franceinfo.

Les ravisseurs avaient jeté leur dévolu sur cette famille en pensant que le père détenait un portefeuille de cryptomonnaies. Ils exigeaient plusieurs milliers d’euros, selon notre confrère Le Parisien. Ils ont contraint la mère et l’enfant à effectuer un trajet depuis l’Yonne jusqu’au Val‑de‑Marne. Pendant ce temps, les enquêteurs interrogeaient l’entourage, vérifiaient les informations transmises par le père sous pression qui les avait avertis, qui ont permis de suivr les déplacements du groupe
Lorsque les gendarmes de la section de recherches de Paris ont eu obtenu des éléments concordants, ils ont préparé l’intervention avec le GIGN. Il y a quelques heures, les militaires de l’unité d’élite ont pénétré l’hôtel, neutralisé les ravisseurs et extrait la mère et son fils. Laurent Nuñez a salué sur X.com « l’action déterminante du GIGN et de la section de recherches de Paris » et a rappelé que les services du ministère avaient déjà traité d’autres dossiers liés aux cryptomonnaies, comme vous pouvez le voir dans sa publication ci-dessous.
Pourquoi les ravisseurs ont choisi la méthode du rapt et de la demande de rançon plutôt que la cyberattaque du portefeuille de cryptos ?
Lorqu'on évoque les cryptomonnaies, on pense souvent à une attaque informatique ou un piratage de portefeuille. Ici, il s'agit en fait d'une « simple » demande de rançon en actifs numériques, sans intrusion technique. Les ravisseurs ont donc privilégié la violence de l'enlèvement contre rançon, car ils n’avaient aucun moyen d’accéder eux‑mêmes au portefeuille du père.
Les équipes du GIGN rappellent dans leur communication officielle que leurs unités interviennent régulièrement dans des affaires d’enlèvement avec rançon, y compris lorsque les criminels réclament des codes d’accès à un portefeuille numérique. Les groupes spécialisés du ministère de l’Intérieur constatent que certains délinquants préfèrent exercer une pression directe sur les proches d’un épargnant plutôt que de tenter un piratage complexe.
Dans plusieurs dossiers récents, des criminels ont surveillé des familles, ont évalué le niveau de fortune supposé d’un parent et ont misé sur la rapidité d’un transfert de jetons numériques pour obtenir de l’argent avant toute intervention policière. Les magistrats du parquet ont retenu dans cette affaire des qualifications d’extorsion et de séquestration en bande organisée, ce qui correspond à la méthode employée par les ravisseurs.

Un GIGN déjà mobilisé sur les rançons en cryptomonnaies
Les militaires du GIGN interviennent depuis plusieurs années en appui des sections de recherches dans des affaires de rançon, y compris lorsque les ravisseurs réclament des cryptomonnaies. Ils se concentrent sur les enlèvements, les prises d’otages et les négociations, en lien étroit avec les enquêteurs de terrain.
Laurent Nuñez a évoqué sur X « une longue série d’interpellations dans d’autres dossiers menés dans le milieu des cryptomonnaies ». Malgré l'absence de détails, on voir que les services du ministère ont déjà traité plusieurs affaires dans lesquelles des criminels exigeaient des actifs numériques. Les équipes du GIGN ont donc accumulé une expérience récente de ces situations, alors que les sections de recherches ont affiné de leur côté leurs réflexes d’enquête. C'est ce qui a permis cette intervention rapide et sans victimes.
Les gendarmes qui ont préparé l’assaut de Boissy‑Saint‑Léger ont travaillé dans ces conditions. Une action coordonnées entre deux autorités avec d'une part les négociateurs qui géraient les contacts avec les ravisseurs, d'autre part les groupes d’intervention qui préparaient l'assaut dans l’hôtel.
Après la libération, la mère et l'enfant ont été pris en charge par des spécialistes des victimes.
Source : franceinfo
