Une start-up bretonne, SUBLIME Energie vient de réussir une première mondiale, à savoir liquéfier l'intégralité du biogaz directement à la ferme. Une innovation qui ouvre une nouvelle voie pour la méthanisation agricole et la production de bioGNL renouvelable hors réseau.

Voici le démonstrateur Charlie, premier système au monde de liquéfaction du biogaz. © SUBLIME Energie
Voici le démonstrateur Charlie, premier système au monde de liquéfaction du biogaz. © SUBLIME Energie

À Plélo, dans les Côtes-d'Armor, la start-up deeptech SUBLIME Energie a inauguré « Charlie », un démonstrateur inédit qui liquéfie le biogaz sur site, sans passer par les réseaux gaziers. Grâce à cela, le bioGNL ainsi produit peut alimenter les transports lourds, tandis que le bioCO₂ liquide coproduit remplace le CO₂ fossile dans l'industrie. Une rupture qui pourrait transformer en profondeur le modèle économique de milliers d'agriculteurs français.

AirseekersAirseekers

Offre partenaire

Airseekers Tron : libérez le futur des tondeuses

Puissant, intelligent, irrésistible. L'Airseekers Tron réinvente le nettoyage de votre jardin. Zéro effort, juste un résultat impeccable, chaque jour.

Offre partenaire

Comment le Français Charlie, premier démonstrateur mondial, liquéfie le biogaz directement à la ferme

En France, une large partie des exploitations agricoles restent aujourd'hui sur la touche de la méthanisation. Trop petites, trop éloignées des réseaux de distribution ou incapables d'absorber les investissements nécessaires, elles représentent un gisement énergétique qui ne demande qu'à être exploité mais qui, faute de solution adaptée, part en fumée.

C'est ce verrou que SUBLIME Energie, fondée en 2019 par Bruno Adhémar, a décidé de faire sauter. Son idée ? Aller chercher le gaz là où il est, plutôt que d'attendre qu'il rejoigne un réseau. Le biogaz est liquéfié directement à la ferme grâce à un procédé breveté, puis collecté sur site avant d'être acheminé vers une unité mutualisée pour y être épuré et conditionné, selon une logique calquée sur celle de la tournée du laitier.

Le démonstrateur « Charlie », inauguré sur l'exploitation Gazéa (pionnière de la méthanisation en Bretagne), est le premier site au monde à réunir toute la chaîne en un seul endroit : le biogaz y est d'abord liquéfié sur place, puis purifié par distillation cryogénique, un procédé qui sépare le méthane du CO₂ par le froid pour obtenir deux produits distincts et valorisables. Le résultat est concret, avec une capacité de production estimée à environ 180 tonnes de bioGNL et 330 tonnes de bioCO₂ liquide par an, et les premières livraisons attendues avant la fin 2026.

L'intégration de Charlie dans une ferme agricole. © SUBLIME Energie

BioGNL, bioCO₂ liquide et revenus agricoles, les trois atouts du modèle SUBLIME Energie

Une fois le biogaz liquéfié puis traité, deux produits en sortent. Le premier, le bioGNL, est un carburant renouvelable directement utilisable par les poids lourds ou les navires. Par rapport au diesel classique, il réduit les émissions de gaz à effet de serre jusqu'à 85 %. Le second, le bioCO₂ liquide, est le gaz carbonique naturellement séparé du méthane lors du traitement, récupéré et valorisé, qui remplace le CO₂ d'origine fossile utilisé dans l'industrie et l'agriculture. Ici, rien ne se perd.

Pour les agriculteurs, le modèle semble particulièrement bien pensé. SUBLIME Energie rachète leur biogaz brut directement à la ferme, sans qu'ils aient à investir dans de nouveaux équipements. Cela leur assure un revenu complémentaire stable, et s'ils le souhaitent, ils peuvent même entrer au capital de la start-up. Le potentiel est immense en France, où le gisement de biométhane agricole encore inexploité est estimé à 26 TWh d'ici 2050, soit l'équivalent de la consommation annuelle en gaz de plusieurs millions de foyers.

« Charlie » n'est qu'une première étape. Car fort de ce démonstrateur validé, SUBLIME Energie prépare déjà le passage à l'échelle industrielle avec le projet « Delta », dans le détail une dizaine de fermes des Côtes-d'Armor connectées à un site de traitement commun, une sorte de hub central où le biogaz collecté sera transformé en masse. La mise en service prévue en 2028. Après la Bretagne, la start-up vise un déploiement national puis européen, avec l'ambition de faire du biogaz liquide une filière énergétique renouvelable à part entière.