Le port de Marseille Fos est devenu samedi le premier en Méditerranée à connecter trois navires de croisière en même temps à l'électricité, faisant de la France un vrai pionnier de la transition maritime.

À Marseille, trois navires de croisière peuvent désormais se brancher simultanément à l'électricité à quai. Inauguré ce 11 avril 2026 en présence du ministre des Transports Philippe Tabarot, le dispositif « CENAQ – Escale zéro fumée » permet aux grands paquebots de se brancher sur le réseau électrique dès leur arrivée à quai, et donc d'éteindre leurs moteurs thermiques, qui tournaient jusqu'ici en continu pendant toute la durée de l'escale. Une électricité renouvelable, pour une puissance totale de 108 MW. Avec cette infrastructure, Marseille Fos se retrouve quatre ans en avance sur la réglementation européenne et offre aux riverains un air sensiblement moins pollué.
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Le port de Marseille a électrifié ses quais pour que les navires de croisière éteignent enfin leurs moteurs
Brancher trois géants des mers à l'électricité en même temps, ça ne se fait pas avec une simple rallonge. Sur le port de Marseille Fos, le chantier a duré plus de deux ans et a exigé notamment la création d'un poste électrique Enedis de 40 MW, une sorte de sous-station dédiée située entre les trois emplacements, ainsi que l'installation de convertisseurs de fréquence, des équipements qui traduisent le courant européen (50 Hz) dans le standard utilisé par les navires (60 Hz), comme un adaptateur secteur, mais à l'échelle industrielle.
Pour se rendre compte de l'ampleur du chantier, il faut savoir que chaque navire de croisière consomme jusqu'à 16 MW d'électricité à quai, soit l'équivalent d'une ville de 13 000 habitants. Alimenter trois bateaux en simultané a nécessité une infrastructure colossale, et un investissement de près de 200 millions d'euros engagés dans les Bassins Est, financés à plus de 50 % par les collectivités territoriales et partenaires institutionnels du territoire.
Autre motif de satisfaction, 90 % des équipements électriques mobilisés pour le projet ont été fabriqués en France. Enedis a renforcé le réseau, Bouygues Énergie a piloté les travaux d'installation, et le bureau d'études Artélia a assuré la conception technique. Les trois acteurs français ont relevé ensemble un défi industriel inédit dans l'Hexagone, aux côtés du Grand Port Maritime de Marseille.
Moins de soufre et moins de particules, ce que l'électrification va changer pour les Marseillais
Dès 2017, Marseille Fos avait été le premier port français à proposer le branchement électrique haute tension pour les ferries corses, avant d'étendre le dispositif vers les liaisons du Maghreb. La connexion des navires de croisière est la troisième étape d'une stratégie assez cohérente, qui place le port quatre ans en avance sur l'obligation européenne d'électrifier 90 % des escales passagers d'ici 2030.
Une étude conduite en 2024 par le Pôle Mer Méditerranée et le Citepa projette, entre 2022 et 2035, une chute des émissions de dioxyde de soufre de 80 %, des particules fines de 75 % et des oxydes d'azote de 60 % sur Marseille et Fos-sur-Mer. Du concret, donc, et le souhait d'une partie de la population – qui a à de nombreuses reprises pesté contre la pollution générée par les paquebots – exaucé.
Quant à l'électricité fournie aux navires, elle est dite « 100 % renouvelable » par le port. Elle est en fait issue de centrales photovoltaïques installées sur des hangars portuaires et du réseau Enedis. « Le port, c'est notre histoire et notre avenir ! Pour la santé des Marseillais, un port sans fumée et un tourisme plus durable, nous connectons les navires de croisière à quai. Une première en Méditerranée », s'est félicité samedi Renaud Muselier, président de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.