Bill Ackman veut racheter Universal Music Group pour près de 56 milliards d'euros. Une offre qui pourrait déplacer le géant de la musique de la Bourse d'Amsterdam vers Wall Street.

Le fonds d'investissement américain Pershing Square Capital Management a transmis aujourd'hui une proposition au conseil d'administration d'Universal Music Group (UMG) pour en prendre le contrôle total. L'offre est valorisée à 55,75 milliards d'euros et propose aux actionnaires d'UMG de racheter leurs actions à 30,40 euros pièce, soit 78% de plus que le dernier cours de clôture de 17,10 euros.
Pourquoi Ackman veut déplacer UMG de l'Europe vers New York
Le plan est le suivant : chaque actionnaire recevrait 5,05 euros en cash par action, plus des parts d'une nouvelle société baptisée "New UMG", qui serait cotée à la Bourse de New York. Ce changement permettrait à UMG d'intégrer le S&P 500, l'indice qui regroupe les 500 plus grandes entreprises américaines en bourse - une vitrine qui attire davantage d'investisseurs institutionnels et peut faire monter la valeur d'un titre. Pershing Square s'engage à financer l'opération en totalité, avec une clôture prévue avant fin 2026.
Selon Reuters, dans sa lettre au conseil, Ackman ne remet pas en cause la qualité de la direction d'UMG, conduite par Sir Lucian Grainge. Il pointe en revanche quatre raisons qui expliqueraient, selon lui, la faible valorisation boursière du groupe. À commencer par la présence au capital du Groupe Bolloré, lequel détient 18% d'UMG et dont les intentions restent floues pour les marchés. Il mentionne aussi le report d'un projet de cotation américaine annoncé mais jamais concrétisé, une sous-utilisation des ressources financières du groupe, et un manque de visibilité sur la stratégie de long terme. Pour Ackman, ce sont ces facteurs, et non les résultats de l'activité musicale du groupe, qui pèsent sur le cours de l'action.
Il faut dire que Pershing Square connaît bien le dossier. Le fonds avait acquis 10% d'UMG en 2021 lors de sa séparation avec Vivendi, avant son introduction en bourse sur Euronext Amsterdam. Depuis, les relations entre Ackman et la direction d'UMG ont parfois été tendues. Si le rachat se concrétisait, environ 17% des actions existantes seraient annulées. À ce jour, le conseil d'UMG n'a formulé aucune réponse publique à la proposition.