Décidément, les signes d’apaisement sont moindres. L’Iran menace désormais de s’en prendre aux infrastructures Stargate d’OpenAI, faisant de l’intelligence artificielle (IA) américaine une nouvelle cible dans un conflit qui s’intensifie.

Donald Trump menace de frapper les infrastructures civiles iraniennes, notamment les centrales électriques et les usines de dessalement, si le pays ne rouvre pas le détroit d’Ormuz. L’enjeu est colossal, ce bras de mer long de quelques dizaines de kilomètres étant l’un des points de passage les plus stratégiques de la planète.
Ainsi, sa fermeture paralyse les chaînes d’approvisionnement mondiales, fait grimper les prix du carburant et menace les économies qui dépendent de ces flux énergétiques. Mais de son côté, l’Iran ne semble pas prêt à céder.
Stargate dans la ligne de mire
Dans une vidéo publiée sur un média d’État, les Gardiens de la révolution (IRGC), bras armé idéologique du régime iranien, ciblent explicitement le data center Stargate d’Abu Dhabi, avec un message annonçant sa « destruction totale et absolue » si Washington met ses menaces à exécution. On y voit une image du globe zoomant sur le site des Émirats, accompagnée de la mise en garde : « rien ne nous échappe, même si Google le cache ».
Pour rappel, Stargate est un projet colossal d’infrastructure IA annoncé en janvier 2025, sous la forme d’une collaboration entre OpenAI, SoftBank et Oracle. D’autres partenaires comme NVIDIA et Cisco y participent également, avec une enveloppe totale à hauteur de 500 milliards de dollars. Il s’agit, concrètement, de l’un des chantiers technologiques les plus ambitieux de l’histoire récente. D’où la portée symbolique et stratégique d'une telle menace : s’attaquer à cette initiative revient à viser le cœur de l’ambition américaine dans l’IA.
Ce n’est pas la première fois que Téhéran formule de telles menaces. La semaine dernière, plus d’une dizaine de géants de la tech américains ont été visés par les Gardiens de la révolution, à l’instar des GAFAM ou encore de NVIDIA.

Inédit dans les conflits modernes
Et ces menaces ne sont pas rhétoriques. Des frappes ont déjà visé des infrastructures numériques majeures dans la région : des data centers d’Amazon Web Services (AWS), ainsi qu’un site Oracle à Dubaï. Les conséquences sont concrètes : interruptions de services cloud, ralentissements pour les entreprises qui dépendent de ces infrastructures, et une pression supplémentaire sur des chaînes numériques déjà fragilisées par le contexte géopolitique.
Ce qui se joue ici est inédit. Pour la première fois dans l’histoire des conflits ARMés modernes, des infrastructures d’intelligence artificielle et de cloud computing figurent explicitement parmi les objectifs militaires. Ce n’est pas un hasard, les centres de données étant devenus des actifs stratégiques au même titre qu’une centrale électrique ou un port. Reste à voir si l’Iran passera à nouveau à l’action.
Sources : The Verge, TechCrunch